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    France

    «Gilets jaunes»: polémique autour du premier procès de policier pour violences

    media Maître Laurent Boguet, l'avocat du policier français accusé d'avoir lancé un pavé contre des manifestants, d'adresse à la presse, au Palais de justice de Paris, le 21 novembre 2019. ERIC FEFERBERG / AFP

    En France, le parquet a requis jeudi 21 novembre trois mois de prison avec sursis à l’encontre d’un CRS qui avait été filmé jetant un pavé en direction des manifestants lors d’une mobilisation des « gilets jaunes » le 1er mai. Ce procès était très attendu étant la première fois qu'un représentant des forces de l’ordre était jugé pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ».

    C’était un procès symbolique, car c'était le premier, mais paradoxalement pas si emblématique que ça puisque c'était un procès sans partie civile : le pavé lancé par le policier n'a touché personne.

    Un procès sans victime donc, alors que près de 2 500 manifestants ont été blessés et plus de 370 plaintes dénonçant des violences policières déposées depuis le début du mouvement.

    Si la procureure a bien demandé la condamnation du policier, estimant que ce jet de pavé était une « violence illégitime », elle a souligné « comprendre la difficulté de la situation dans laquelle se trouvait le policier », confronté depuis des heures à la violence de certains manifestants et venant d'assister à la grave blessure de son supérieur.

    La magistrate a requis trois mois avec sursis contre le CRS, sur une peine maximale encourue de trois ans de prison. Bien qu’ayant plaidé la relaxe, l’avocat du policier Maître Boguet s'est dit satisfait de ce réquisitoire, qu'il a jugé « mesuré et adapté ».

    « Deux poids, deux mesures », s’indignent des « gilets jaunes »

    Ces réquisitions ont en revanche fait bondir quelques « gilets jaunes » présents dans la salle. Pour eux, il y a clairement « deux poids, deux mesures », selon qu'on soit « gilet jaune » ou force de l'ordre. Ils mettent en avant le grand écart entre les chiffres : si plus de 1 960 policiers et quelque 2 500 contestataires ont été blessés depuis un an, 3 200 manifestants ont déjà été condamnés pour violences, souvent lors de comparutions immédiates, tandis que seulement trois membres des forces de l'ordre sont pour le moment sous le coup de poursuites judiciaires, d'après la Chancellerie. Outre le CRS jugé jeudi 21 novembre, un policier doit comparaître le 5 décembre pour des violences légères à Strasbourg et un troisième vers la mi-décembre pour avoir donné une gifle à un manifestant à Paris, le 1er mai.

    Des affaires, dénoncent les « gilets jaunes », sans commune mesure avec les graves blessures subies par certains manifestants, victimes, pointent-ils, de matraquages abusifs ou d'éborgnement par des tirs de lanceur de balles de défense (LBD). Au total, 372 procédures ont été enregistrées après des plaintes contre des forces de l'ordre et confiées en majorité à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), la police des polices, dont 109 déjà classées sans suite. Les autres sont toujours en cours d'analyse.

    « Ces affaires ne sont jamais prises à la légère », selon l’IGPN

    Souvent accusé de partialité par les manifestants, l'IGPN réfute ces accusations : « Ces affaires ne sont jamais prises à la légère », assure le chef de l'unité de coordination des enquêtes de l'IGPN. Interrogé par Le Parisien, David Chantreux indique que la comparaison entre le nombre de « gilets jaunes » et celui de policiers déjà poursuivis n'a pas lieu d'être : « L'usage de la force par un manifestant est par nature, sauf légitime défense, un acte violent. Le policier, lui, peut agir en faisant usage de la force dans des conditions strictes prévues par la loi », souligne-t-il.

    Enquêter sur un policier prend donc « plus de temps » selon lui, puisqu'il est parfois « difficile d'identifier les agents incriminés » et surtout de nombreux recoupements sont nécessaires pour pouvoir « déterminer si le fonctionnaire a employé la force de façon légitime ». L'IGPN précise aussi qu'après enquête, c'est au parquet de décider de poursuivre ou classer sans suite.

    L’indépendance de la justice mise en cause

    Comme l’a illustré la réaction de « gilets jaunes » au procès du CRS lanceur de pavé, certains manifestants mettent en doute l'indépendance de la justice. Mathias, 22 ans, fait ainsi part au Parisien de son incompréhension. Le 30 mars à Besançon, il avait été frappé d'un violent coup de matraque derrière la tête par un policier qui croyait à tort qu'il allait ramasser une grenade.

    L’incident avait été filmé, le policier identifié. Pourtant le parquet a classé l’affaire pour « absence d'infraction », le procureur arguant que certes Mathias « n'avait pas l'intention de ramasser l'objet, mais d'un autre côté, il n'y avait pas d'intention coupable du policier ». Une argumentation qualifiée de « ridicule » par Mathias : « L'image de l'institution judiciaire s'est dégradée à mes yeux », confie-t-il au quotidien.

    Des déclarations qui alimentent le doute

    Ce doute sur l’indépendance de la justice vis-à-vis des forces de l’ordre, comme des autorités politiques qui ont récusé plusieurs fois le terme même de « violences policières », a pu être alimenté par certaines déclarations, comme celle du procureur de Nice. Jean-Michel Prêtre a reconnu publiquement avoir exclu la responsabilité de la police dans l'affaire Geneviève Legay, du nom de cette militante de 73 ans gravement blessée dans une charge le 23 mars. Cela pour ne pas contredire Emmanuel Macron, qui avait affirmé à tort que la victime n'avait eu « aucun contact avec les forces de l'ordre ».

    Un mois de délibéré, pour le « recul nécessaire »

    Jeudi 21 novembre, le président du tribunal a clairement évoqué la complexité à juger ce genre d’affaires. « Rendre cette décision sera difficile, nous le savons, elle est déjà critiquée, alors qu’elle n’est pas encore rendue », a-t-il pointé. Avant d'expliquer : « Si nous condamnons, certains nous accuseront de dire que les CRS doivent se faire caillasser sans réagir ; et sinon, que la justice couvre nécessairement les actions des policiers ».

    Il a d'ailleurs prévu un mois de délibéré, jusqu’au 19 décembre, « le temps de prendre le recul nécessaire », a-t-il insisté.

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