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    France

    France: des questions en suspens après le débat sur les déchets nucléaires

    media La France peine à trouver une solution pour gérer ses déchets nucléaires. JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

    La commission nationale du débat public (CNDP) a rendu son rapport concernant le 5e débat sur le plan national de gestion des déchets radioactifs le 25 novembre. Un bilan mitigé qui montre que les citoyens et les associations attendent une réponse forte des pouvoirs publics.

    « Nous sommes satisfaits d’avoir pu tenir (le débat) jusqu’au bout », relativise Isabelle Harel-Dutirou, la présidente de la commission particulière du débat public (CPDP), en référence au débat de 2013 concernant le projet d'enfouissement des déchets nucléaires en profondeur (Cigéo) de Bure (Meuse). Ce dernier avait été bloqué par les opposants au projet et n’avait pas pu arriver à terme. Mais cette année, « après de nombreux entretiens préalables », les gens ont accepté « de se rencontrer et d’échanger ».

    Au programme de ce débat : cinq thèmes censés orienter le ministère de la Transition écologique et l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) dans leur décision sur le plan national de gestion des matières et des déchets radioactives (PNGMDR). La capacité d'entreposage des combustibles usés, le statut de certaines matières et la phase industrielle du projet d'enfouissement Cigéo ont notamment été abordés.

    Mais malgré la satisfaction d’avoir mené le débat jusqu’au bout, le bilan reste mitigé. Avec seulement 3 400 participants lors des 23 rencontres organisées dans 24 villes de France et 28 820 visites du site internet pour 3 043 messages publiés sur la plateforme participative, Mme Harel-Dutirou, admet que la participation était mesurée et « aurait pu être plus importante ». Mais elle insiste sur le côté inédit de cet exercice « c’était un résultat satisfaisant pour un premier débat ».

    Défiance de la population

    Mais si une chose est ressortie du bilan de ce débat, c’est la défiance dont ont fait preuve les citoyens par rapport aux déchets nucléaires, notamment sur les aspects concernant leur vie quotidienne. « Incontestablement, la gestion des déchets ultimes constitue la principale préoccupation. Il y a aussi la question de savoir ce qui va advenir de ces déchets qui vont rester radioactifs pendant des milliers d’années et comment on va s’en protéger aujourd’hui, demain et dans les centaines d’années à venir », raconte la présidente qui a constaté ce phénomène à presque toutes les réunions.

    Les mandataires du débat, le ministère et l’ASN, devront donc répondre « aux interrogations fortes qui se manifestent » des citoyens d’ici trois mois. « Il est très important que le ministère de l’Écologie fasse une analyse des conséquences sur la santé et l’environnement et qu’il y ait des expertises indépendantes qui permettent au citoyen de savoir précisément quels sont les risques encourus », selon Isabelle Harel-Dutirou.

    « Empreinte locale très forte »

    En effet, il ressort du rapport que les riverains, avant de débattre de la manière dont les déchets peuvent être traités, souhaitent des réponses sur la dangerosité pour la santé, l’environnement et les nappes phréatiques. Il faut que les citoyens n’aient plus « l’impression que les choix qui se font sur le nucléaire sont des choix qui se font loin d’eux » car c’est un plan national « qui a une empreinte locale très forte ».

    Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire, a salué la qualité du travail effectué pour mener à bien ce débat et s’est félicitée « de la large mobilisation des parties prenantes ». Dans un communiqué, elle a assuré qu’elle « engagera, conjointement avec l’Autorité de sûreté du nucléaire, l’élaboration des suites données par le gouvernement à ce débat, qui seront rendues publiques d’ici la fin du mois de février ». Les associations et les parlementaires « seront consultés lors de l’élaboration de ces propositions, qui seront ensuite pleinement intégrées dans la prochaine édition du PNGMDR » en 2020.

    Boycott ou pas ? La question a divisé les associations. Les grandes organisations, comme Greenpeace ou France Nature Environnement ont accepté de participer au débat tout en menant des actions en parallèle. De leur côté, certains groupes locaux, comme le réseau Sortir du nucléaire, ont boycotté l’opération. Il dénonce « un dispositif de pure forme (…) destiné à canaliser les oppositions ».

    « Avant même de parler du traitement des déchets il faut acter qu’on arrête d’en produire »

    « Le débat a permis de valider définitivement l’horizon 2030 de saturation prévisible des capacités d’entreposage des combustibles nucléaires usés », cette précision, issue du rapport de la CNDP, a fait réagir les associations. Sans uniformité dans la manière de participer à ce débat, il y a toutefois un consensus dans leur position idéologique : « Nous considérons qu’avant même de parler du traitement des déchets il faut acter qu’on arrête d’en produire », explique Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire. « C’est un débat important car il arrive dans un moment clé qui est de savoir comment on va faire pour gérer les déchets existants. Ne faudrait-il pas arrêter d’en produire alors qu’on ne sait toujours pas gérer ceux qui existent déjà ? » renchérit Alix Mazounie, chargée de campagne énergie pour Greenpeace.

    L’hypothèse d’une sortie du nucléaire est pourtant loin. Le gouvernement ayant décidé de reporter à 2035, plutôt qu’à 2025, l’objectif de réduire de 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité française, comme l’a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe en septembre 2018. De plus, il a demandé à EDF (Électricité de France) une évaluation de la filière nucléaire française, la plus grande du monde proportionnellement à sa population, afin de prendre une décision sur la possible construction de six nouveaux réacteurs de type EPR. Une « preuve que le gouvernement ne tient pas compte » des débats publics, estime le réseau Sortir du nucléaire.

    Le Cigéo, un projet toujours autant contesté

    Même si les discussions autour du projet d’enfouissement des déchets radioactifs à 500 mètres sous terre (Cigéo) ont déjà eu lieu, le sujet est sur toutes les lèvres. Il a donc été abordé ces derniers mois en parlant des « alternatives au projet » explique la présidente de la CPDP. Sur le cas du site de Bure, deux points de vue s’affrontent. Entre « le stockage géologique profond » et « l’entreposage en subsurface pendant une période assez longue pour permettre l’avancement des recherches », les avis sont « tranchées » relève le rapport.

    Ce projet d’enfouissement géologique concerne principalement les déchets de haute activité qui peuvent être radioactifs jusqu'à des centaines de milliers d'années. Ils représentent 0,2% du total des déchets radioactifs, soit l'équivalent du volume d'une piscine olympique, mais 94,9% du niveau de radioactivité.

    Toutefois le Cigéo reste vivement contesté car il n’offre « aucune garantie sérieuse », « n’est pas abouti », estime Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et directeur du laboratoire de la Criirad (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité). « L’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) n’est pas allé au bout de toutes les questions qui se posent en terme de sureté du concept », estime l’ingénieur qui alerte sur « l’impasse » dans laquelle se trouve tous les pays utilisant le nucléaire et qui n’ont « aucune solution technique réelle qui permettent de garantir le confinement des déchets nucléaires ».

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