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    France

    Réforme des retraites: de quoi parle-t-on?

    media Les cheminots font partie des régimes spéciaux de retraites visés par la future réforme des retraites. (Image d'illustration) REUTERS/Philippe Wojazer

    En France, la réforme des retraites était une promesse de campagne du président Macron. L’objectif était de simplifier le système actuel et de gommer les inégalités qu’il génère.

    Créé en 1945, le régime des salariés du privé se compose d'un régime de base, géré par la CNAV, la Caisse nationale d'assurance vieillesse, et d'un régime complémentaire, géré depuis 2019 par l'Agirc-Arrco. Tous les salariés des entreprises privées y sont affiliés, ainsi que les non-titulaires de la fonction publique pour leur régime de base. Ce régime des salariés du privé porte le nom de « régime général ».

    ► À écouter aussi : Réforme des retraites en France: paroles de futurs retraités

    Il est compliqué de parler de la retraite en France car, en réalité, il y a plusieurs régimes de retraite. En plus du régime général qui regroupe 68% des actifs, il y a celui des fonctionnaires, et enfin celui des régimes spéciaux. Ces derniers correspondent à des corporations qui ont signé des accords souvent avantageux, permettant entre autres des départs plus tôt ou dans de meilleures conditions.

    Parmi les régimes spéciaux, il y a ceux de la RATP, de la SNCF ou d'EDF qui représentent plus de 300 000 personnes et d'autres plus confidentiels comme ceux de la Comédie française, de l'opéra de Paris ou encore de la Banque de France. Des régimes qui coûtent cher à l'État. Selon Gerald Darmanin, le ministre des Comptes publics, chaque année, l'État remet au pot 8 milliards d'euros pour les maintenir à l'équilibre. Et c'est pour mettre fin à ces régimes spéciaux que l'exécutif veut les fusionner, en un système « universel » par points.

    Vers un régime universel

    Jusqu'à présent, la retraite du régime de base se calcule par le nombre de trimestres travaillés. En fonction de l'année de naissance, il faut engranger un certain nombre de trimestres pour déclencher sa retraite. On peut toujours le faire avant, mais dans ce cas elle est incomplète, donc plus faible.

    Avec la réforme, Emmanuel Macron souhaite un régime par points où un euro cotisé ouvre les mêmes droits à tout le monde. Il n'y a plus de régime de base, ni de régime complémentaire, mais un compte virtuel où l'actif qui cotise accumule des points tout au long de sa carrière. À la sortie, son nombre de points sera converti en pension via le calcul de la valeur du point qui sera la même pour tous. Le gouvernement veut donc créer un système unique avec les mêmes règles pour tous les travailleurs, quel que soit leur statut. On parle d'un « régime universel ».

    Les carrières à trous moins pénalisées

    Cette réforme ne touche pas au socle de notre système de solidarité inter-générationnelle. Les cotisations restent obligatoires et le principe de retraite par répartition est inchangé : les actifs continuent à verser des cotisations pour financer les pensions des actuels retraités. Pour le gouvernement, le régime universel donnerait une plus grande visibilité aux actifs dans la gestion de leur carrière, et faciliterait les changements de statut.

    Les carrières à trous seraient moins pénalisées, car le nouveau système ne tiendra plus compte de la durée de cotisation, seul le montant des points accumulés comptera pour le montant de la retraite. Ainsi, à chacun de « choisir » entre travailler plus longtemps et avoir une meilleure pension, ou partir plus tôt avec une pension plus basse. Auquel cas le gouvernement n'aura plus à déterminer un âge légal de départ à la retraite.

    Repousser l’âge légal ?

    Pour le moment, l’âge de départ à la retraite est fixé à 62 ans et Emmanuel Macron s'est engagé à ne pas le changer. Mais il pourrait ne pas tenir sa promesse, car les dernières prévisions du Conseil d’orientation des retraites (COR) montrent qu'il manquera 10 milliards d’euros en 2022. Le rapport ne prévoit pas un retour à l’équilibre avant 2042. Or, l'exécutif veut qu'en 2025, date de la mise en place de la réforme des retraites, les comptes soient à l'équilibre.

    Pour y parvenir, il pourrait, durant les cinq prochaines années, modifier certains paramètres comme repousser l’âge légal de départ à la retraite ou augmenter la durée de cotisation, ce qui contraindrait les actifs à travailler plus longtemps. D'où la colère de la rue et de nombreux syndicats, qui refusent la suppression des régimes spéciaux et le passage à un système de retraite à points… Seule la CFDT ne s’y oppose pas. En revanche, elle refuse catégoriquement une réforme paramétrique qui changerait les règles du jeu avant la réforme systémique de 2025 et critique vivement la méthode employée par le gouvernement.

    Baisse des pensions, pour les syndicats

    Globalement, les syndicats doutent des bienfaits de la future réforme, des doutes renforcés par une récente étude de l’Institut de la protection sociale qui pointe des faiblesses, notamment pour les parents de familles nombreuses, mais aussi pour les mères de famille ayant eu des carrières à trous ; pour eux, la réforme serait moins-disante.

    Selon les syndicats, le nouveau mode de calcul va faire baisser les pensions, car elles ne seront plus calculées sur les 25 meilleures années mais sur l’ensemble de la carrière, les mauvaises années risquant de faire baisser la moyenne. Enfin, ils estiment que les carrières longues et la pénibilité ne sont pas assez considérées.

    ► À écouter aussi : La réforme des retraites va-t-elle être vidée de sa substance?


    Le Premier ministre Édouard Philippe à Matignon lors d'une rencontre avec les syndicats sur la réforme des retraites le 26 novembre 2019. Bertrand Guay/Pool via REUTERS

    ■ Les femmes vraiment mieux protégées par le futur système ?

    Le futur système de retraites « protègera beaucoup mieux les femmes ». C'est le Premier ministre, Édouard Philippe, qui l'assure. Côté gouvernemental, on estime en effet que la réforme va réduire les inégalités : en revalorisant le minimum retraite, notamment, qui passera de 900 euros en 2020 à 1 000 euros après la réforme. Or, 70% des bénéficiaires sont des femmes.

    Mais du côté de la CGT, on considère au contraire que « le calcul des droits dans un système à points, par nature moins redistributif, entraînerait une forte baisse des pensions des femmes ». Et cela, en raison de leur temps de travail inférieur à celui des hommes et de leur plus grande précarité. Aujourd'hui, 80% des emplois à temps partiel sont assurés par des femmes, et ce sont elles qui connaissent, et de loin, le plus d'interruptions de carrière, pour s'occuper des enfants.

    Leur retraite est donc déjà inférieure à celle des hommes : près de 40% de différence. Un écart que le nouveau système « aggraverait », selon la plupart des syndicats et associations familiales. Sans compter d'autres reculs : sur les pensions de réversion, en cas de décès du conjoint, ou sur le calcul des droits familiaux.

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