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    Revivez les cérémonies des 70 ans du débarquement de Provence

    media Le porte-avions Charles-de-Gaulle, à bord duquel le président Hollande a prononcé son discours. AFP PHOTO / FRANCK PENNANT

    Toute la journée, la France rend hommage au débarquement de Provence. Il y a soixante-dix ans, le 15 août 1944, quelque 100 000 hommes ouvraient un second front.

    RFI a consacré une édition spéciale aux cérémonies de commémoration du débarquement de Provence avec nos envoyés spéciaux à Toulon et les invités* de la rédaction : Vincent Groizeleau, rédacteur en chef de Mer et Marine ; Samuel Mbajum, journaliste et écrivain, auteur de Les Combattants africains dits "Tirailleurs sénégalais" au secours de la France ; Pierre Dufour, écrivain et journaliste spécialisé dans l'histoire militaire.

    Anne Bernas, Samuel Mbajum, Laurent Correau, Marie Casadebaig, Vincent Groizeleau et Pierre Dufour. @Thomas Bourdeau

    • 19H20 - Le recrutement

    Ces anciens combattants ont été pour beaucoup des engagés « volontaires ». Grégoire Georges Picot, historien, revient sur la façon dont s'opérait ce recrutement :

    « Ce sont majoritairement les régions les plus pauvres qui vont être des viviers de recrutement. Les militaires qui avaient vu en face d'eux des guerriers valeureux, ceux qui ont donné le plus de fil à retordre à la France, ont voulu les recruter pour en faire des soldats de la France. On voit les crieurs publics qui vont sur les marchés, qui sont vraiment les lieux de rassemblement où les gens descendent des villages pour vendre leurs produits. Ils les appellent à s'engager. Les volontaires signent alors un engagement pour quatre ans. »

    • 18H13 - Discours du président François Hollande

    François Hollande a largement appuyé son discours par des références à l’actualité immédiate. Il a d’ailleurs commencé son intervention en évoquant l’actualité brûlante en Ukraine, avant de reprendre le fil de son discours tel qu’il l’avait prévu en rendant hommage aux soldats qui portaient l’uniforme de l’armée française pendant le débarquement. François Hollande s'est adressé à la jeunesse d’Afrique, en la remerciant : la France sait ce qu’elle doit, même si elle a mis trop de temps à en tirer toutes les conséquences.

    Le président de la République n'a pas non plus oublié la jeunesse de son pays en adressant un message particulier aux Français issus de l'immigration. « Vous pouvez être légitimement fiers de cette histoire », leur a-t-il affirmé. François Hollande a enfin lancé un message plus large de solidarité entre le Nord et le Sud. c’est le Sud qui a libéré le Nord et l’Europe en 1944, a-t-il rappelé. Eh bien aujourd’hui, juge-t-il, le Nord doit être pleinement solidaire avec ce continent africain, notamment. C'est la raison de l’engagement de la France au Mali. « J’honorais la dette de la France », a déclaré François Hollande.

    Vingt-huit pays, dont 20 pays africains, assistent à ces cérémonies. Parmi les 13 chefs d'Etat présents sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, ancré au large de Toulon, le président du Sénégal Macky Sall ou le Camerounais Paul Biya. Il y a aussi des grands absents : le président tchadien Idriss Déby, qui n'a pas pu venir pour des raisons de sécurité au Tchad, ou le chef d'Etat guinéen Alpha Condé. Plus tôt dans l'après-midi sont arrivés des vétérans, dont certains en fauteuils roulants.

    Sur la côte, des milliers de personnes sont rassemblées sur les plages de Toulon pour assister au défilé naval.

    • 17H00 - Simone, 14 ans en 1944, souvenirs des parachutistes

    Simone, se souvient du débarquement. La Motte accueille les premières troupes alors qu'elle n'a que 14 ans. « Il fallait voir cette effervescence, raconte-t-elle. Tout le monde se mélangeait. Les parachutistes, on leur offrait du vin, on leur offrait des tomates. Et il les mangeait avec une joie ! Les pauvres, j'imagine, ca faisait un moment qu'ils n'avaient pas eu une alimentation trop riche... »

    • 16H00 - Lucille, 20 ans en 1944, ambulancière sur les côtes de Provence

    Lucille Vecchiali est arrivée en Provence une semaine après le débarquement. Ambulancière engagée à la Réunion, elle se souvient encore 70 ans plus tard des blessés qu'elle a aidé à soigner : « Des Allemands, des Français, des Marocains et des Algériens. » Alors que les combats font encore rage, Toulon n'étant pas encore libérée, elle se remémore de journées et de nuits chargées.

    Si elle regrette qu'on ne parle plus autant de ces événements historiques, elle, en garde une image indélébile : « Lorsque nous sommes arrivés devant les côtes de France, sans le savoir, nous nous sommes exclamés "oh, terre devant!". L'Italie peut-être? "C'est la France, s'est exclamé quelqu'un. Tous les gars qui étaient autour de nous, des endurcis, qui avaient combattu... ils sont tombés à genou sur le pont en pleurant. »

    Nous ne savions pas où nous allions. Secret défense. On ne savait rien du tout.
    Lucile Vecchiali Ancienne combattante 15/08/2014 - par RFI Écouter

    • 15H00 - Un débarquement aussi politique que stratégique

    L’historien Eric Déroo a répondu aux questions des auditeurs de RFI. Il note que si l’opération était prévue, elle n’était pas considérée comme une priorité par les Anglo-Américains, concentrés sur la Normandie. « C’est un débarquement qui n’apparaît pas dans un premier temps comme une cible tactique et stratégique, explique-t-il. Il fait l’objet de débats entre le président Eisenhower, le général Devers, commandant en second et le Premier ministre Churchill qui rêve depuis longtemps d’un deuxième front ouvert, qui lancerait sur les Balkans. Et également le général de Gaulle qui souhaite voir l’armée de la France combattante participer aux opérations de libération. »

    La libération de ces deux ports en eau profonde prendra un rôle conséquent en matière de logistique. Avec Toulon et Marseille, les Alliés reçoivent un quart de leur ravitaillement pour les opérations en Europe. C'est autant qu'à Anvers au moment de la contre-offensive allemande de décembre 1944.

    Le débarquement de Provence est aussi l'occasion de « fixer » quelques divisions allemandes dans le Sud, les empêchant d'appuyer leurs camarades au Nord. La ligne de défense sur la Méditerranée est moins solide que celle de l'Atlantique. « Ce ne sont pas des vagues de soldats qui se jettent sur les plages, note Eric Déroo. Le relief n'est pas le même. Ce sont des unités très organisées qui sont déposées sur des plages qui ont été repérées et sur lesquelles la marine et l'aviation ont effectué des opérations. »

    En septembre 1944, les Américains avaient perdu 1 600 hommes, tués, blessés ou disparus. Le bilan côté français s'élève à 1 144 tués et 4 364 blessés. Le détail entre Français de la métropole et « indigènes » n'est pas, à l'époque, comptabilisé. Mais les soldats des colonies représentaient alors la moitié des 100 000 soldats déployés.

    • 10H30 - La France, une « nation qui compte »

    Première étape de la journée au Mont Faron, au mémorial consacré au débarquement de Provence. Devant des vétérans, François Hollande a évoqué « l'héritage reçu de ces soldats, de ces libérateurs », commémorés aujourd'hui.

    Le président de la République a profité de cette occasion pour faire un discours d'encouragement, destiné à convaincre les Français. Au lendemain de la publication des chiffres de la croissance, nulle au second trimestre, il a voulu afficher un optimisme ambitieux : « La France est une nation qui compte dans le monde, sur la scène internationale, une nation qui prend ses responsabilités pour assurer la sécurité de l'Europe mais aussi la sécurité dans le monde. »

    Beaucoup d'émotion, tout de même, note notre envoyée spéciale à Toulon. Alors qu'il a révélé la nouvelle plaque commémorative, François Hollande a pu profiter des applaudissements. Les anciens combattants - certains en uniforme -, les résistants ainsi que les porte-drapeaux des unités ayant participé au débarquement se sont présentés au chef de l'Etat.

    « Je tenais à être ici en ce 15 août 2014, a assuré François Hollande. Pour saluer tous ces héros, célèbres ou pour le plus souvent anonymes, qui ont contribué à la résurrection de notre pays. »

    Ils étaient l'armée de toute la France. Ils étaient même une armée du monde. L'armée d'Afrique a été décisive.
    François Hollande Président de la République 15/08/2014 - par RFI Écouter

    • Défilés militaires

    Pour cet anniversaire, l'armée française a décidé de mobiliser 4 600 hommes. 3 600 d'entre eux vont être intégrés aux différentes cérémonies, le dernier millier se consacrant à la sécurisation des événements.

    Un important défilé naval, visible à partir de 12h00 depuis les plages de Cannes, permettra d'observer 13 bâtiments de guerre français ainsi que 7 étrangers. A partir de 19h00, le président François Hollande présidera une revue navale, depuis le pont du porte-avions Charles-de-Gaulle.

    La manifestation se terminera par un défilé aérien d'une vingtaine d'aéronefs, avions et hélicoptères. La patrouille de France passera la dernière, aux alentours de 19h40.

    • Nos articles sur le débarquement de Provence

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    Débarquement de Provence: Hollande de nouveau sur le pont

    Anniversaire du débarquement de juin 1944 avec, ce vendredi du débarquement de Provence. François Hollande commémore à tout va dans un contexte politique et économique morose.

    Témoignages de vétérans africains

    La journée est d'abord l'occasion de rendre hommage à la contribution des soldats des anciennes colonies à la libération du pays. Ces combattants « indigènes » seront représentés par une quarantaine de vétérans.

    Le rôle historique des tirailleurs africains

    La moitié des troupes françaises étaient issues des anciennes colonies : tirailleurs sénégalais et algériens, goumiers et tabors marocains, pieds-noirs, marsouins du Pacifique et des Antilles. Ils ont largement contribué à la réussite de cette opération.

    Infographie : le 15 août 1944

    Les différentes forces ainsi que leurs cibles respectives, illustrées sur une infographie. Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, Américains et Forces françaises libres ont ouvert un nouveau front dans la libération de l'Europe contre l'Allemagne nazie.

    Les tirailleurs, une part de l’histoire du Sénégal

    Le Sénégal a joué un rôle particulier dans le débarquement de Provence du 15 août 1944 : l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française était basée là-bas.

    Débarquement : vivre les commémorations à distance

    Il n’est pas nécessaire d’être dans le sud de la France pour suivre les cérémonies du 70e anniversaire du débarquement de Provence. On peut les suivre à la télévision, mais aussi sur Internet.


    (RE)ECOUTEZ NOTRE EDITION SPECIALE :

    Edition spéciale 70e anniversaire du débarquement en Provence (1ère partie) 15/08/2014 - par RFI Écouter

    Edition spéciale 70e anniversaire du débarquement en Provence (2e partie) 15/08/2014 - par RFI Écouter

    Edition spéciale 70e anniversaire du débarquement en Provence (3e partie) 15/08/2014 - par RFI Écouter

    Edition spéciale 70e anniversaire du débarquement en Provence (4e partie) 15/08/2014 Écouter

    * Samuel Mbajum. Son dernier ouvrage s'intitule « Les combattants africains dits ‘Tirailleurs Sénégalais’ au secours de la France, 1857-1945 » aux éditions Riveneuve à Paris.

    - Pierre Dufour. Auteur de « La campagne d'Alsace - Automne 1944 - Hiver 1945 » éditions Grancher 2014 et « Le débarquement en Provence -15 aout 44 » éditions Pygmalion.

    - Stefan Martens, directeur adjoint de l’Institut historique allemand, directeur du département d’histoire contemporaine et rédacteur de la revue Francia (XIXe et XXe siècles).

    - Vincent Groiseleau, rédacteur en chef de Mer et Marine.

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