GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 22 Septembre
Vendredi 23 Septembre
Samedi 24 Septembre
Dimanche 25 Septembre
Aujourd'hui
Mardi 27 Septembre
Mercredi 28 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    France

    Charlie Hebdo: ce qu’on sait de l’attentat et de l’enquête

    media Des enquêteurs de la police examinent un impact de balle sur un véhicule près du siège de «Charlie Hebdo», le 7 janvier 2015. REUTERS/Christian Hartmann

    Une fusillade a éclaté au siège de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, au cœur de Paris, mercredi 7 janvier à la mi-journée. Le bilan officiel fait état de douze morts et onze blessés, dont quatre graves. Un appel à témoins a été lancé au sujet de deux frères, principaux suspects. Une troisième personne recherchée, plus jeune, s'est rendue à la police.

    Cet article relate les informations disponibles jusqu'à la matinée du 8 janvier

    Le point sur les recherches

    Le plus jeune des suspects, âgé de 18 ans, s'est rendu au commissariat de Charleville-Mézières dans la nuit de mercredi à jeudi. Deux autres hommes sont toujours recherchés, deux frères de 32 et 34 ans nés à Paris et de nationalité française. Ils s'appellent Saïd et Chérif Kouachi. L'un des deux frères est un jihadiste connu des services antiterroristes. Il avait été condamné en 2008 pour avoir participé à une filière d'envoi de combattants en Irak. La police a diffusé un appel à témoins avec leur photo. Lire notre article.

    Dans la soirée mercredi, des opérations d'envergure ont été menées à Reims et Charleville-Mézières, dans l'est de la France, notamment par des policiers du Raid, l'unité d'élite de la police française. Dans la journée, des perquisitions avaient déjà été menées à Reims, Strasbourg et en région parisienne, à Pantin et Gennevilliers. Le Premier ministre Manuel Valls a confirmé, jeudi matin sur la radio RTL, que « plusieurs interpellations » ont eu lieu cette nuit. « Il y a des gardes à vue », ajoutait le chef du gouvernement. Au total, sept personnes sont en garde à vue.

    Un appel à témoins avec les photos des deux individus a été diffusé dans la nuit par la police. « Toute personne détenant des informations » sur les suspects est invitée à joindre le numéro vert mis en place : 08 05 02 17 17.

    L'arsenal utilisé

    La tenue portée par le commando terroriste est un premier élément d'information : le trio était tout de noir vêtu, cagoulé, vêtu de gilets pare-balles. Cette tenue rappelle celle des groupes d'intervention, comme le GIGN, ou encore celles des combattants jihadistes, de plus en plus adeptes de ces tenues « tactiques ». En tout cas, c'est le signe d'un certain professionnalisme.

    Concernant les armes, on reconnait aisément la silhouette de l'AK47, le fusil d'assaut le plus répandu au monde, de l'Afrique au Proche-Orient, en passant par les milieux du grand bandistime en France. Par ailleurs, les douilles retrouvées dans les locaux de Charlie Hebdo, et dont des photos ont été publiées sur Twitter par des journalistes de l'hebdomadaire satirique, sont de calibre 7,62. Des munitions de guerre.

    Généralement, les chargeurs de kalachnikov permettent de loger 30 cartouches pouvant être tirées en rafale ou au « coup par coup ». Sur les vidéos qui ont été publiées, on entend surtout des détonations séparées, signe là encore d'une certaine maîtrise dans l'utilisation de l'arme. Leurs tirs étaient maîtrisés et précis : pas de moins de 15 impacts dans la voiture de police qui s'était retrouvée face à eux, ainsi que des tirs assez groupés.

    Dans une scène filmée, mais difficilement soutenable, on voit l'un des membres des commandos abattre d'une balle dans la tête, à bout portant, un policier dans la rue. Aucune hésitation, le geste est à l'épaule, précis, sans empressement. Pas un regard pour la victime. Sur cette image, on a l'impression d'avoir affaire à des gens aguerris, qui tuent de manière presque habituelle.

    Pas de revendication

    Aucune revendication n’a encore été faite suite à l'attaque, mais deux organisations jihadistes pourraient être à l’origine de l’attentat. Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa), branche yéménite de l'organisation d'Oussama Ben Laden, avait officiellement appelé à tuer le dessinateur Charb. Dans la 10e édition de son magazine Inspire, diffusé en anglais sur Internet, Aqpa avait reproduit la photo de Stéphane Charbonnier apparaissant sur une affiche de western avec la mention « Wanted », « recherché », mort ou vif, pour « crime contre l'islam ».

    Tous les regards se tournent aussi vers l'organisation Etat islamique, qui a fait de la France une cible depuis septembre dernier, appelant à tuer les Français partout où c'est possible et par tous les moyens possibles, en représailles aux frappes françaises en Irak.

    Depuis ce matin, sur les réseaux sociaux, tous les sympathisants et les combattants du groupe Etat islamique, notamment les Français, se réjouissent et se félicitent de cet attentat. Certains ont déjà repris en photo de profil les images tirées de la vidéo amateur des deux terroristes en train d'achever le policier français à terre. Sur Twitter, on peut aussi voir ce hashtag en arabe, « l'Etat islamique frappe au cœur de Paris ». Des messages postés par des sympathisants jihadistes mais qui ne valent pas revendication.

    Le rappel des faits

    Le mercredi matin, c’est le jour de parution de Charlie Hebdo. C’est aussi le jour de la conférence de la rédaction du journal. Mais mercredi 7 janvier était un jour particulier, puisqu'il s'agissait du moment choisi pour la conférence de rédaction de rentrée de l'hebdomadaire après les fêtes.

    A 11h30, au moment de cette conférence, deux hommes cagoulés et lourdement armés ont abattu les deux policiers en faction au 10, rue Nicolas-Appert, siège du journal, dans le XIe arrondissement de Paris. Les assaillants sont ensuite montés dans la salle de rédaction et ont ouvert ouvrent le feu sur les journalistes, nombreux pour l'occasion. L’une des journalistes, Sigolène Vinson, a échappé aux balles, c’est l’une des rares rescapés.

    Quelques instants après le drame, RFI a pu la joindre. Elle dit avoit été braquée par l’un des deux hommes qui lui a dit : « Je ne te tue pas, car tu es une femme et on ne tue pas les femmes, mais tu dois lire le coran et te voiler ». Ensuite, il est parti en criant « Allahou Akbar, Allahou Akbar ».

    Plan vigipirate en « alerte attentat »

    Le gouvernement a annoncé avoir renforcé le plan vigipirate au niveau « alerte attentat » à la suite de l’attaque sanglante contre Charlie Hebdo. La mesure est en vigueur dans toute l'Ile-de-France. Il s'agit du plus haut niveau du dispositif. Cette procédure prévoit l’interdiction des grands rassemblements, ou de stationner près des écoles. Les contrôles et les patrouilles à proximité des lieux sensibles deviennent systématiques. Ce sont les édifices publics, les organes de presses, les lieux de cultes, les transports et les grands magasins.

    Des cellules de crises sont également mises en place et tous les services d'intervention d'urgence de la police et des secouristes sont en alerte. C'est la première fois depuis la réforme du système vigipirate l'an dernier que le niveau « alerte attentat » est activé.

    Depuis juillet 2005 et les attentats de Londres, il a toujours été au niveau rouge au minimum passant très souvent au niveau « rouge renforcé » durant les périodes sensibles comme les fêtes de fin d'année. En mars 2012, pour la première fois, le plan vigipirate était passé en « alerte écarlate ». C'était au moment des tueries perpétrées par Mohamed Merah à Toulouse et Montauban, dans lesquelles sept personnes, dont quatre enfants, étaient mortes.

    → À (RE)LIRE : Le déroulé des événements de la journée de mercredi

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.