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    France

    Fusillade au sud de Paris, le tireur en fuite

    media Les secours et les forces de l'ordre sur le lieu de la fusillade à Montrouge (sud de Paris) ce jeudi 8 janvier 2015. AFP/Thomas Samson

    Une fusillade a eu lieu ce jeudi 8 janvier dans la matinée, à proximité de la porte de Châtillon (sud de la capitale), à la limite entre Malakoff et Montrouge. Un homme portant un gilet pare-balles et un fusil mitrailleur a tiré sur des agents municipaux. Une policière est morte, et un agent de voirie est toujours dans un état sérieux. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a quitté la réunion de l'Elysée pour se rendre sur place. Il a affirmé ce soir qu'il n'y avait pas de lien « à ce stade » entre l'attentat contre Charlie Hebdo et la fusillade précisant que deux personnes étaient gardées à vue dans cette affaire. Le parquet antiterroriste s'est saisi du dossier, la fusillade ayant été classée comme un « acte terroriste ».

    Arrivée très tôt sur les lieux, notre journaliste Carrie Nooten a pu recueillir plusieurs témoignages qui lui ont relaté les évènements. Selon elle, « tout a commencé par un accident sur une grande avenue qui mène à l'entrée de Paris. Des agents municipaux sont intervenus [...] et à ce moment-là aurait déboulé d’une petite perpendiculaire en face de l’accident, un homme avec un sac à dos qui aurait tiré deux coups sur place, des tirs de kalachnikov, selon ce qu’on a entendu de policiers qui échangeaient entre eux. Le tireur aurait ensuite remonté l’avenue et selon un deuxième témoin, aurait tiré de nouveau trois coups. »

    Une policière municipale stagiaire, célibataire sans enfant âgée d'une vingtaine d'années et un agent de la voirie ont été grièvement blessés. La policière municipale, qui était dans un état critique, est décédée peu après. Une quinzaine de pompiers ont essayé de la réanimer au sol pendant plus d’une demi-heure, avant de l'emporter dans une ambulance. Plusieurs camions du Samu et de pompiers, ainsi que des fourgons, sont venus porter assistance aux témoins. Certains d'entre eux auraient été amenés dans un autre lieu, loin de celui de la fusillade.

    La Brigade de recherche et d'information (BRI) est ensuite arrivée et a agrandi le périmètre de sécurité pour éviter qu'il y ait des blessés en cas de nouvelle fusillade et ses agents ont procédé à une fouille systématique, évacué tous les bâtiments, et notamment un hôtel, pour chercher des indices ou d'éventuels suspects. Une équipe d'intervention scientifique est également entrée dans les immeubles et dans un garage. 

    Un homme de 52 ans interpellé

    Selon l'AFP, un homme de 52 ans a été interpellé peu après les faits, mais le ministre de l'Intérieur a annoncé que l'auteur présumé - un homme porteur d'un gilet pare-balles, d'une arme de poing et d'un fusil mitrailleur - était toujours en fuite. « Visiblement ce n'était pas le bon, a annoncé Bernard Cazeneuve. L'homme que l'on recherche s'est enfui à bord d'une Clio qui vient d'être retrouvée à Arcueil (Val-de-Marne) [...]. Le procureur de la République [...] va enclencher l'action publique de manière à ce que l'auteur de ce crime soit immédiatement identifié et puisse être arrêté ». Le ministre a appelé à la « maîtrise » et au « sang-froid », pour permettre « le dénouement des enquêtes en cours dans les meilleurs conditions ». Ce jeudi soir, deux personnes sont gardées à vue dans cette affaire, a précisé le ministre.

    Le parquet antiterroriste s'est saisi en début d'après-midi de l'affaire, désormais considérée comme un « acte terroriste » pour la justice. Le premier ministre Manuel Valls a rendu hommage à la policière qui « fait l'honneur de la Nation ».

    Aucun lien ne peut être établi pour l'heure avec l'événement survenu dans les locaux de Charlie Hebdo la veille, selon une source proche du dossier. Deux frères soupçonnés d'avoir participé à cet attentat sont toujours recherchés.

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