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    France

    Attentats: le monde avec Paris

    media Le célèbre opéra de Sydney paré des couleurs de la France, comme nombre de monuments à travers le monde, le 14 novembre 2015. REUTERS/Jason Reed

    Les attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis vendredi 13 novembre ont suscité de très nombreuses manifestations de soutien à travers le monde, ce samedi. De Berlin à Sydney.

    Les messages de soutien affluent du monde entier. Le monde exprime sa solidarité en bleu, blanc, rouge. L’opéra de Sidney, la porte de Brandenburg à Berlin, le One World Trade Center de Manhattan ou encore l’Oriental Pearl Tower de Shanghai, étaient illuminés aux couleurs de la France samedi 14 novembre. On a chanté La Marseillaise à Londres et à Dublin.

    A l’opéra de New York, la chanteuse Madonna a interprêté seule à la guitare La vie en rose lors d’un concert à Stockholm. En football, les équipes engagées dans les barrages de l’Euro 2016 porteront des brassards noirs. Le groupe U2, qui a annulé deux concerts dans la capitale, est venu se recueillir devant la salle du Bataclan samedi.

    Les candidats à la primaire du Parti démocrate aux Etats-unis ont observé une minute de silence à l’entame de leur débat télévisé. Des dirigeants et personalités du monde entier - le pape, la reine d’Angleterre, Barack Obama - ont transmis à la France des messages de soutien. Ils sont choqués, attristés et dénoncent des attaques lâches et haineuses.

    Les dirigeants africains ne sont pas en reste, en premier lieu ceux qui affrontent sur leurs sols des groupes terroristes. C’est le cas du Mali, du Niger, du Nigeria - qui peine à venir à bout du groupe Etat islamiste en Afrique de l’Ouest - et du Kenya, qui a essuyé une prise d’otages sanglante des islamistes shebabs à Westgate et l’attaque meurtrière à l’université de Garissa en avril dernier.

    Le président tunisien, dont le pays a été touché à deux reprises au musée du Bardo et à Sousse, est venu en personne présenter ses condoléances à François Hollande à l’Elysée. Et les manifestations de solidarité avec la France se sont multipliées partout dans le monde au lendemain des attentats du vendredi 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Tour d'horizons ci-dessous avec nos correspondants.

    La porte de Brandebourg aux couleurs de la France

    La place de Paris au pied de la porte de Brandebourg mérite tristement son nom ce samedi. Devant l’ambassade de France dont les drapeaux sont en berne, et devant laquelle des barrières de sécurité ont été disposées, la foule se recueille, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. Comme il y dix mois après les attentats contre Charlie Hebdo, des Berlinois et des Français déposent des fleurs, allument des bougies, retiennent leurs larmes et leur émotion.

    Certains préfèrent ne pas parler. Arne Krasting doit prendre sur lui pour expliquer son geste. « Je suis tellement choqué, j’ai vécu à Paris pendant quelque temps et je connais les endroits, je connais beaucoup de personnes, confie-t-il. C’est tellement horrible que j’ai besoin de parler avec des gens, de partager mes émotions. Jusqu’à maintenant, nous avons eu de la chance, mais il n’y a pas de raison pour que cela n’arrive pas à Berlin. »

    Le président de la République Joachim Gauck, la chancelière Angela Merkel et de nombreux ministres se sont rendus à l’ambassade de France et ont rempli le registre de condoléances. « Nous sommes solidaires de nos amis français. Ne laissons pas notre vie libre et ouverte être remise en cause », a affirmé le maire de Berlin, Michael Müller. Signe de cette solidarité, la porte de Brandebourg, symbole de liberté, sera samedi soir illuminée aux couleurs de la France.

    ■ Des centaines de Moscovites devant l'ambassade de France

    La tragédie qui a bouleversé Paris et la France a également suscité de l'émotion à Moscou. Le président russe Vladimir Poutine a condamné des « assassinats inhumains » et lui aussi a exprimé ses condoléances ainsi que la solidarité de la Russie au peuple français. Le Kremlin s’est dit prêt à apporter « toute son aide dans l'enquête sur ces crimes terroristes » et appelle la communauté internationale à « unir ses efforts » contre le terrorisme.

    « Qu'est-ce qu'on peut bien dire ? Ce qui est arrivé est épouvantable », réagit Irina au micro de notre correspondant, Etienne Bouche. Comme de nombreux Moscovites, elle est venue poser un billet rouge devant l'ambasse de France à Moscou. Le regard hébété, Alexandre se livre : « Je n'ai pas dormi de la nuit, j'ai regardé les infos. Je suis bouleversé par ce qu'il s'est passé. Les événements se sont enchaînés de telle manière qu'il était impossible de penser à autre chose ».

    Depuis tôt ce matin, des centaines de Moscovites se sont succédés devant l'ambassade de France, déposant des fleurs et des bougies. « Depuis Charlie, nous nous inquiétons beaucoup pour la France et on se sent un lien particulier avec elle. Nous ne pouvons rien faire pour aider mais nous sommes là aujourd'hui, avec vous », exprime Svetlana.

    C'est au nom de cette solidarité que s'est déplacée Daria. « Nous considérons que c'est notre problème à tous, cela ne concerne pas seulement les Parisiens et la France, c'est le problème du monde entier, soutient-elle. Il faut se serrer les coudes car cela peut arriver n'importe où, personne n'est protégé. » L'ambassadeur de France en Russie s'est exprimé en fin de matinée après s'être recueilli devant les messages de solidarité.

    « Pleurer tous ensemble » en Israël

    A Tel Aviv, des milliers de personnes étaient réunies en un lieu fortement symbolique : la place Rabin en plein cœur de la ville. Elles se sont retrouvées face à la mairie éclairée aux couleurs du drapeau français, relate notre correspondant sur place, Michel Paul.

    C'est à l'appel de l'ambassade de France que s'est tenu ce rassemblement silencieux. « La France a vécu une nuit de cauchemar et les mots nous manquent pour exprimer notre compassion et notre solidarité à l’égard de l’ensemble des victimes, a déclaré l'ambassadeur de France Patrick Maisonnave. La France paie un lourd tribut à sa lutte déterminée contre le terrorisme. Mais comme le président de la République l’a rappelé cette nuit même, la France ne cèdera pas. »

    L'ancien président israélien Shimon Peres a pris la parole. « Nous sommes tous français », a-t-il notamment affirmé. Le ministre de l'Intérieur Silvan Shalom et le chef de l'opposition Yitzhak Herzog ont également exprimé leur soutien à la France.

    Pour la plupart, ce sont des Franco-Israéliens arborant des drapeaux tricolores et des bougies qui sont venus manifester leur solidarité, comme l'explique l'une des participantes à ce rassemblement, Arielle Sibony. « Je suis vraiment venue là parce que je me sens impuissante et que même si je suis loin, même si je ne peux rien faire, je pense que quand on est désespéré, qu’on n’a plus d’autre choix que de pleurer, il vaut mieux pleurer tous ensemble. Et c’est en tant que citoyenne française et israélienne que je fais cette démarche. Ma douleur est très grande, je sens que c’est partagé et ça fait du bien. »

    De nombreux messages de condoléances sont parvenus à l'ambassade et aux consulats de France. Le ministère israélien des Affaires étrangères à Jérusalem a mis son drapeau en berne. Une messe devait avoir lieu ce dimanche à Jérusalem avec le consul de France et le patriarche de Jérusalem.

    ■ En Palestine, condamnation unanime

    Côté palestinien, tous les partis, du Hamas au Fatah en passant par le Jihad islamique, ont condamné les attaques qui ont frappé Paris et Saint-Denis. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a présenté ses condoléances aux victimes et à leurs familles. Une cérémonie d'hommage a été organisée ce samedi soir à Ramallah, a constaté notre correspondant dans les Territoires palestiniens, Nicolas Ropert.

    Dans le hall de l'Institut français de Ramallah, des bougies sont posées sur le sol, raconte-t-il. Elles forment le mot Paris. Des responsables politiques comme de simples citoyens se sont succédés. A l’instar de Miran Arafat, une avocate palestinienne francophone. « Outrée, stupéfaite, dégoutée… Tout ce que vous voulez, s'indigne-t-elle très émue. J’étais affolée parce qu’ayant vécu pendant sept ans en France pendant mes études, je connais beaucoup de monde. J’ai des amis qui vivent à Paris, d’autres qui ont de la famille à Paris. Donc j’étais comme tous les Français, inquiète. »

    Plusieurs membres des forces palestiniennes ont fait le déplacement. Husam Zomlot, haut responsable du Fatah, le parti de Mahmoud Abbas, condamne lui aussi ces attaques. « Ce qui s'est passé en France est la pire abomination possible. Nous le rejetons le plus profondément d'un point de vue politique et d'un point de vue humain. Les Palestiniens qui sont venus ici viennent délivrer un message : nous sommes avec vous, nous partageons votre douleur. »

    Le consul de France, venu pour l'occasion de Jérusalem, a remercié les Palestiniens pour cet hommage. Les manifestations culturelles prévues jusqu'à lundi ont été annulées.

    ■ A New York, le silence et les larmes

    Environ un millier de personnes, majoritairement des Français mais aussi quelques Américains, se sont retrouvés à Washington Square pour un moment de recueillement. Timidement, quelques voix entonnent l’hymne national mais le cœur n’y est pas. Et c’est le silence, impressionnant sur cette place habituellement très animée, qui raconte le mieux l’état d’hébétude des Français de New York.

    Un silence qui dit le mépris face à ces attaques sanglantes mais aussi la stupéfaction et la culpabilité de se sentir si loin, à l’image de Charlotte. « J’habite très loin de ma famille et mes amis, dont certains ont été dans cette salle de concert. Et c’était vraiment important pour moi d’être avec des gens qui comprennent ce qui se passe », confie-t-elle à notre correspondante, Marie Bourreau.

    Dans la foule, ce dessin qui représente le signe « peace and love » barré d’une tour Eiffel, beaucoup de drapeaux français et Bill de Blasio qui vient adresser un message de sympathie, lui, le maire d’une ville toujours profondément choquée par les attaques terroristes de 2001. « Mon conseil, c’est de rester fort et de continuer de vivre le plus normalement possible pour envoyer aux terroristes le message qu’ils ne gagneront pas », dit-il.

    Derrière Bill de Blasio se dessine la silhouette massive du nouveau World Trade Center, symbole de la résilience des New Yorkais. Mais les yeux rougis des Français de New York restaient tournés vers Paris aujourd'hui.

    Les Québécois aux côtés des Français

    Comme en janvier dernier lors des attentats de Charlie Hebdo, des centaines de Québécois se sont rassemblés en silence devant le consulat de France avant d’entonner la Marseillaise. Cette fois-ci cependant, l’ambiance était encore plus lourde et l’émotion à fleur de peau, comme celle de cette jeune française arrivée au Québec il y a tout juste trois mois et qu'a interrogé notre correspondante Pascale Guéricolas.

    « On se sentait un peu seul malgré tout, on avait envie de faire notre deuil avec tout le monde et de pas être enfermé chez nous. Ça fait du bien de venir ici et de se rendre compte qu’il y a du soutien, qu’on est tous unis face à des menaces pareilles. »

    En plus des Français, de nombreux Québécois ont exprimé leur solidarité avec un peuple dont ils se sentent si proches. « On partage un grand passé ensemble, une grande culture ensemble. C’est important pour nous de montrer aux Français qu’on est avec eux, qu’ils ne sont pas seuls. C’est un jour de recueillement, c’est ça le plus important. »

    Déjà plusieurs Québécois expriment leurs craintes face aux possibles dérives sécuriaitres à venir. « J’ai peur qu’avec le discours de François Hollande, la France soit impitoyable, qu’on voit une escalade de la violence. C’est une solution qui ne fonctionne pas. »

    ■ En Argentine, « je suis là par humanité »

    Comme après les attentats de Charlie Hebdo, environ 300 personnes se sont retrouvées devant les grilles de l'ambassade de France de Buenos Aires, rapporte notre correspondante sur place, Marine de La Moissonnière.

    Un rassemblement spontané, né sur les réseaux sociaux, que Pierre Alexis, 26 ans, ne voulait surtout pas manquer. « Ça fait du bien de se retrouver là après avoir pris des nouvelles de ceux qui sont à Paris, même si effectivement on est là, on fait rien mais on est là. Ça me parait important de se rassembler, dans un endroit qui nous rappelle notre pays, on est assez loin. »

    Roselyne Mayet, 70 ans, elle, est venue avec son drapeau autour du cou. « On est ici mais on est français, on est avec eux et on est fâchés, on est tristes. On est un peu perdus. On se demande pourquoi on arrive pas à en finir avec cette peste qui nous tue et qui nous blesse. »

    Dans la foule, des Français donc, mais aussi des Argentins, comme Laura Doutchaski, au bord des larmes. « Je suis venue témoigner de mon soutien face à cette horreur. Je partage la douleur des Français. Je n'ai pas de liens particuliers avec ce pays. Je suis juste là par humanité. Je ne sais pas ce qu'on peut faire d'autre. »

    Dès l'annonce des attentats, la présidente Cristina Kirchner a présenté ses condoléances à la France, via Twitter. Les mesures de sécurité ont été renforcées dans le pays, dans les aéroports et aux alentours des ambassades.

    ■ Marseillaise à Madrid, roses à Oslo

    A Madrid, plusieurs centaines de personnes ont observé une minute de silence, avant que la maire et d'autres Madrilènes entonnent La Marseillaise. Au même moment, une minute de silence était respectée à Barcelone devant l'hôtel de ville de la deuxième ville d'Espagne.

    Après l'antenne de la tour du World Trade Center à New York, construite sur le site du 11-Septembre et l'immense tour CN au cœur de Toronto, l'emblématique Opéra de Sydney a été illuminé aux couleurs françaises.

    A Oslo, un fleuriste norvégien a distribué gratuitement des dizaines de roses pour que les gens puissent les déposer devant l'ambassade de France toute proche. Et à Kiev, le président ukrainien Petro Porochenko et ses ministres ont en personne porté des fleurs devant l'ambassade de France.

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