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    France

    Attentats de Paris: la confirmation d'un neuvième assaillant

    media Le neuvième assaillant ferait parti de l'équipe qui a frappé les bars et restaurants du XIe arrondissement. REUTERS/Pascal Rossignol

    L’enquête sur les attentats du 13 novembre progresse. Un appel à témoins a été diffusé ce mardi par la police pour identifier l'un des trois kamikazes du Stade de France, une voiture suspecte a été retrouvée dans le 18e arrondissement de Paris, la piste d’un second fuyard se confirme et la voix du jihadiste lisant la revendication du groupe Etat islamique a été identifiée.

    L'existence d'un neuvième assaillant lors des attentats de Paris a été accréditée par une vidéo. Celle-ci établit qu’il y avait trois occupants dans la Seat noire utilisée pour attaquer les terrasses de bars et restaurants dans le XIe arrondissement. On sait déjà que le véhicule a servi à transporter Salah Abdeslam et son frère Brahim. Cette voiture avait été retrouvée dimanche à Montreuil. Elle contenait trois kalachnikovs ainsi que des chargeurs. Ce neuvième assaillant pourrait être en fuite, comme Salah Abdeslam. Il pourrait aussi s'agir d'un des deux complices présumés écroués en Belgique.

    A ce jour, cinq des sept kamikazes ont déjà été identifiés. Parmi eux, quatre Français : Samy Amimour, Omar Ismaïl Mostefaï, Bilal Hadfi et Brahim Abdeslam. Un appel à témoins a été diffusé ce mardi par la police pour identifier le cinquième. Selon des sources proches de l'enquête citées par l'AFP, il s'agit de l'homme contrôlé en Grèce et près duquel a été retrouvé un passeport syrien dont l'identité correspond à celle d'un soldat du régime tué il y a plusieurs mois.

    L'appel à témoin concerne l'un des trois kamikazes du Stade de France, dont l'identité n'a pas été confirmée. AFP PHOTO / POLICE NATIONALE

    La voix de la revendication

    Les services de renseignement et les enquêteurs en sont presque sûrs : la voix du jihadiste français que l'on entend dans la vidéo de revendication de l'organisation Etat islamique, à la suite des attentats du 13 novembre, est celle de Fabien Clain. Cet homme de 36 ans fait partie des doyens du jihadisme français.

    L'antiterrorisme s’intéresse à lui depuis 2001. C'est à cette date qu’il fonde, avec son frère et leurs deux épouses converties à l’islam, un groupuscule salafiste. Une cellule très vite surnommée le clan des Belphégor, en raison de la burqa que portent les deux femmes.

    Trois ans plus tard, fin 2004, les Belphégor fusionnent avec un autre groupe mené par Olivier Corel, connu comme « l'émir blanc ». Ils se réunissent dans la ferme de ce dernier, à Artigat, dans la région toulousaine. Les frères Clain y rencontrent Abdelkader Merah et Sabri Essid, le frère et le beau-frère de Mohamed Merah, le tueur au scooter. Tous viennent du quartier du Mirail à Toulouse. La bande de l'Artigat est citée dans plusieurs dossiers : les tueries de Toulouse et Montauban perpétrée par Mohamed Merah en 2012, ou plus récemment l'attentat raté contre une église de Villejuif. Fabien Clain est suspecté d'en être l'instigateur.

    L'homme a rejoint l'organisation Etat islamique en 2009, après avoir purgé une peine de cinq ans de prison pour avoir animé une filière d'acheminement de jihadistes vers l'Irak.

    ■ Une troisième voiture découverte

    Une troisième voiture a été retrouvée, ce mardi matin, dans le 18e arrondissement de Paris. Une Clio noire, immatriculée en Belgique, qui était stationnée au même endroit depuis samedi 14 novembre. Comme pour les deux véhicules utilisés par les terroristes vendredi, celle-ci a été louée par Salah Abdeslam.

    Soupçonné d'être le huitième terroriste des attentats de Paris et peut-être leur organisateur exécutif, l’homme est toujours introuvable. Il fait l’objet d’un mandat d'arrêt international délivré par la Belgique. Les enquêteurs ont pu établir comment il a quitté Paris dans la nuit de vendredi à samedi. Deux de ses proches sont venus de Bruxelles quelques heures après les attentats pour le récupérer.

    Ils roulaient à bord d'une Volkswagen modèle Golf. La voiture a été contrôlée dans le sens Paris-Bruxelles vers 9 heures du matin samedi, au péage de Cambrai, dans le nord de la France. A ce moment-là, Salah Abdeslam se trouvait dedans, mais il n'avait pas encore été identifié comme membre du commando. Il n'a donc pas été arrêté. Ses deux chauffeurs, eux, ont été interpellés à Bruxelles samedi.

    Par ailleurs, la carte bancaire de Salah Abdeslam a servi à louer, la veille des attentats, deux chambres d'hôtel, à Alfortville en banlieue parisienne. Selon une source citée par l'AFP, elles auraient été perquisitionnées dimanche.

    L’un des frères de Salah Abdeslam, Mohamed, lui a « conseillé se rendre à la police », mardi au micro de BFMTV. Ce dernier a été entendu par les enquêteurs avant d’être relâché.

    ■ Pavillon loué à Bobigny

    Une autre avancée de l’enquête concerne un pavillon loué la semaine passée à Bobigny, par le troisième frère de la fratrie Abdeslam, Brahim, identifié comme le kamikaze du boulevard Voltaire. Il s'agissait d'une location d'une semaine, réservée via un site internet. Ce sont les propriétaires de la maison qui ont appelé les policiers lorsque le nom de Brahim Abdeslam a été cité dans le cadre de l'enquête sur les attentats. Selon eux, plusieurs hommes se sont présentés prétendant être des hommes d'affaires belges en voyage. « Très corrects », aux dires de la femme qui leur a remis les clés. Fouillé dimanche soir, le domicile ne contenait pas d'armes, mais les enquêteurs y auraient découvert du matériel téléphonique.

    ■ Sept arrestations en Allemagne

    Sept personnes ont été arrêtées, mardi, en Allemagne à Alsdorf près d'Aix-la-Chapelle à la frontière avec la Belgique, a fait savoir la police locale. Deux femmes et un homme dans un premier temps, puis deux nouvelles arrestations suivies de deux autres. La police allemande se montre prudente sur l'éventuel lien entre ces personnes et les attentats de Paris. « Il est bien sûr trop tôt pour dire quoi que ce soit sur ces différents individus. Nous vérifions si ce lien supposé confirme des indications que nous avons reçues ou s'il s'évapore », a expliqué à la chaîne allemande d'information en continu NTV un porte-parole de la police régionale. Une réserve confirmée ensuite par le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière. « On n'a pas encore terminé d'examiner les choses, mais à ce stade, il ne semble pas qu'ils soient directement liés aux attaques à Paris », a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse à Berlin.  

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