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    France

    Les «gilets jaunes» tentent un retour aux sources dans un climat tendu

    media Le week-end du 16 et 17 novembre marque le premier anniversaire du début de la contestation des «gilets jaunes». REUTERS/Charles Platiau

    Les « gilets jaunes » ont tenté ce samedi pour leur anniversaire un retour aux sources de cette lutte sociale inédite, avec de multiples appels à manifester partout en France. À Paris, suite à des violences place d'Italie, la préfecture de police a annulé la manifestation préalablement autorisée.

    ► L'ESSENTIEL

    - Les manifestations ont rassemblé 28 000 personnes dans toute la France, dont 4 700 à Paris, selon un décompte du ministère de l'Intérieur. Ces chiffres sont régulièrement contestés par le mouvement, qui a estimé la participation de samedi à 39 530 personnes en France, selon le décompte du « Nombre jaune ».

    - Après de nombreux heurts, les forces de l'ordre prennent possession de la place d'Italie et évacuent les manifestants.

    - « Au vu des violences et des exactions », la préfecture de police a annulé la manifestation qui devait s'élancer de cette place.

    - 147 interpellations effectuées dans la capitale.

    ► LE DÉROULÉ DE LA JOURNÉE

    Avant même le départ des premières marches, les forces de l'ordre sont intervenues à Paris à coup de lacrymogènes pour disperser de petits groupes de manifestants. Quelques dizaines de « gilets jaunes » ont investi à pied dans la matinée le périphérique parisien à la porte de Champerret, entraînant immédiatement une intervention policière. Toujours dans la capitale, mais rive gauche, place d'Italie, la police a délogé à coups de grenades lacrymogènes un petit groupe qui avait incendié des palettes en bois.

    Heurts place d'Italie

    En début d'après-midi, la place d'Italie était le théâtre de flambées de violence sporadiques. Des petits groupes très mobiles se sont plus ou moins mêlés aux dizaines de « gilets jaunes » rassemblés sur la place, point de départ prévu d'une des marches autorisées. Le centre commercial d'Italie 2, sur la place, a fermé ses portes dès les premiers signes de violence. Vers 13h, ses portes d'entrée et les vitrines d'une résidence hôtelière voisine ont été attaquées à coup de pavés par plusieurs dizaines de personnes cagoulées et vêtues de noir.

    Place d'Italie, à Paris, un policier fait usage d'un lance-grenades pour envoyer des grenades lacrymogènes. REUTERS/Charles Platiau

    D'autres éléments violents ont tenté sans succès de briser les vitres d'une agence bancaire. Des poubelles ont été incendiées, du mobilier urbain dégradé, des fast-food situés sur la place ont également fait l'objet de caillassages. Deux voitures ont été retournées sur la chaussée, des pavés lancés en direction des forces de l'ordre qui ont immédiatement riposté par des tirs très nourris de gaz lacrymogène.

    Marche annulée

    Les pompiers sont intervenus à plusieurs reprises pour éteindre des feux de palettes ou de poubelles et d'un engin de chantier sur le rond-point central de la place d'Italie. « Un certain nombre de policiers ont été blessés », selon le préfet de police Didier Lallement.

    Sur une baraque de chantier a été tagué : « Macron notre premier anniversaire, ton dernier ». Suite à tout cela, la préfecture a demandé « l'annulation » de la manifestation de « gilets jaunes » prévue au départ de la place d'Italie, en raison « des exactions et des violences commises ». La marche devait partir à 14h en direction de la place Franz-Liszt, non loin de la Gare du Nord.

    La préfecture de police a fait état à 20h de 147 interpellations à Paris au total. Place d'Italie, les forces de l'ordre ont progressivement pris possession des lieux en vidant la place de ses occupants. 

    Les points névralgiques de la capitale, des Champs-Élysées à la Concorde ou aux abords des ministères étaient quadrillés par les forces de l'ordre. Plusieurs stations de métros ou de RER étaient fermées « jusqu'à nouvel ordre » selon la préfecture.

    «Macron je te déteste de tout mon coeur» peut-on lire sur un coussin en forme de coeur tenu par un manifestant place d'Italie, le 16 novembre. RFI/Rosie Collier

    À ÉCOUTER: «Gilets jaunes»: «La colère du mouvement continue d'exister»

    Tirs de lacrymogène à Lyon

    En province, des rassemblements étaient programmés dans plusieurs grandes villes dont Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Toulouse. Des appels à réinvestir les ronds-points, avec ou sans blocages, avaient également été lancés à Besançon, Calais, Colmar, Dole, Dunkerque ou Montpellier, par exemple.

    À Lyon, la situation s'est rapidement tendue. Malgré l'interdiction de manifester dans le centre-ville, plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées depuis 13h00 place Bellecour, la plupart ne revêtant pas l'emblématique « gilet jaune ». La situation s'est détériorée près du pont menant au quartier de la Guillotière, entraînant des tirs de lacrymogène dans cette zone très fréquentée le samedi. Les forces de l'ordre ont souhaité disperser des manifestants qui tiraient des projectiles sur eux, indique la préfecture du Rhône.

    À Saint-Etienne, ils étaient environ 500 à manifester dans le calme, sans pouvoir accéder au centre-ville, verrouillé par les forces de l'ordre. À Nantes, « du mobilier urbain a été saccagé après le passage du cortège » de « gilets jaunes », selon France Bleu Loire Océan.

    À Montpellier, la permanence du député La République en Marche Patrick Vignal a été la cible des manifestants avec une vitre cassée et plusieurs inscriptions anarchistes taguées sur le bâtiment. Environ 1 500 manifestants tentaient de rejoindre le centre commercial Odysseum quand ils ont été détournés par les forces de l'ordre. C'est alors que certains s'en sont pris à la permanence du député LREM de l'Hérault.

    L'ambiance s'est également peu à peu tendue à Marseille, où un millier de manifestants sont venus de l'ensemble du département des Bouches-du-Rhône. Partis du Vieux-Port le long de la corniche, les manifestants ont ensuite tenté de forcer un barrage des forces de l'ordre, pour rentrer au coeur de la ville. C'est alors qu'ils ont rencontré la résistance des policiers et gendarmes qui ont réagi avec des grenades lacrymogènes pour disperser la foule et interpellé un trentenaire cagoulé et habillé de noir. Le cortège initial s'est ensuite scindé en plusieurs groupes.

    Des manifestants marquent le premier anniversaire du mouvement des «gilets jaunes», le 16 novembre à Paris. REUTERS/Charles Platiau

    À LIRE AUSSI: L’assemblée des «gilets jaunes» appelle à rejoindre la grève du 5 décembre

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