par Claire Vuillemin
Article publié le 03/07/2007 Dernière mise à jour le 03/07/2007 à 15:29 TU
Le concept de parc naturel régional est le produit d’une politique contractuelle entre les collectivités locales et l’Etat. A l’origine d’un parc, il y a le désir, partagé par plusieurs communes, de protéger un territoire rural et habité. Puis c’est aux régions de défendre le dossier, qui doit ensuite être entériné par l’Etat. Un parc naturel régional, contrairement à un parc national, est géré à l’échelle locale et c’est peut-être ce qui fait sa force : les habitants sont acteurs, ce sont eux qui donnent naissance à un projet. Un projet qui se concrétise dans une charte établie pour douze ans et sur laquelle s’engagent les collectivités locales et l’Etat. Cette charte, adoptée par décret ministériel, est notamment opposable aux documents d’urbanisme.
Innovation et long terme
Les 45 parcs s’efforcent, chacun, de construire un projet de développement durable sur leur territoire. «La tâche est difficile tant elle est ambitieuse, note Jean Louis Joseph, Président de la Fédération des parcs naturels régionaux de France, mais les PNR comptent cependant de belles réussites, fondées sur des pratiques innovantes et adaptées à des contextes sans cesse en évolution. Il y a de nouveaux défis à relever comme la conservation de la biodiversité et l’impact du changement climatique sur la vie et nos ressources naturelles. Mais on ne raisonne pas en terme de rentabilité ni de compétitivité. Il s’agit de préserver le territoire à long terme».
Les parcs naturels régionaux sont donc confrontés à la nécessité d’adopter une démarche innovante et d’évoluer en permanence. C’est le cas, entre autres, du Parc naturel de la forêt d’Orient dans l’Aube. Créé en 1970, comme celui du Vercors ou du Lubéron, ce parc regroupe 50 communes du département, soit quelque 20 000 habitants, et occupe 70 000 hectares d'étendues boisées et de lacs. Son responsable, Peter Van Bussel, affiche une forte volonté de valoriser l’environnement: «Nous avons une richesse ornithologique importante avec 265 espèces d’oiseaux dont la grue cendrée et le martin-pêcheur et nous faisons régulièrement des inventaires sur la nombreuse faune qui habite notre territoire». Des actions concrètes sont engagées, «par exemple, le parc a soutenu la création de la vélovoie, un ruban de 42 Kilomètres qui relie la ville de Troyes au centre du parc: c’est une façon de favoriser le tourisme sur notre territoire tout en respectant la nature. Notre charte actuelle va jusqu’en 2008. Une nouvelle charte, avec d’autres idées de valorisation du territoire, a été élaborée. Approuvée par la Fédération des parcs, elle est en cours de validation au sein du Ministère de l’écologie et du développement durable».
Il est déjà arrivé qu’un parc ne remplisse pas les missions inscrites dans sa charte : le Marais Poitevin a ainsi perdu son label de Parc naturel régional.
Une dynamique impulsée à l’échelle mondiale
L’idée est donc de protéger le patrimoine naturel et culturel de certains territoires. Les protéger de la désertification, de la pression urbaine ou touristique et des grands aménagements. Des territoires habités qui se différencient des territoires réglementairement protégés. «La formule PNR (parc naturel régional) est très demandée en dehors des frontières françaises, constate Jean-Louis Joseph. Nous avons d’innombrables demandes d’assistance à la création de PNR, en Amérique latine par exemple. C’est le cas, au Brésil, avec la création du plus grand parc naturel régional au monde, le Pantanal, également en Argentine et au Chili. En Afrique du Nord, nous aidons à la création du premier parc naturel régional du Maroc. Nous avons des contacts au Bénin, mais aussi au Vietnam, en Chine, au Kamtchatka en Russie. Nous avons un projet: créer le premier réseau des parcs naturels régionaux de Méditerranée».
Quant aux parcs naturels régionaux français, «innovation et expérimentation restent les moteurs de leur action», rappelle le président de la fédération des parcs naturels. Pour preuve, le nouveau cadre stratégique, intitulé «Parcs Horizon 2020», adopté à l’occasion de ce quarantième anniversaire, qui se traduit aussi par des animations tout au long de l’année 2007.