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Sourires

Reims, à 45mn de Paris

par Claire Vuillemin

Article publié le 24/07/2007 Dernière mise à jour le 24/07/2007 à 15:46 TU

Un détail de la cathédrale de Reims.(Photo : OT Reims / Atelier Michel Jolyot)

Un détail de la cathédrale de Reims.
(Photo : OT Reims / Atelier Michel Jolyot)

Avec l’ouverture de la ligne Tgv Est, Reims n’est plus qu’à 45mn de Paris, 1h25mn de Lille et 1h55mn de Strasbourg. La ville du champagne qui accueille environ 2 millions de touristes par an mise sur la valorisation de son patrimoine.

Reims est la seule ville de France qui possède quatre lieux inscrits sur la
Liste du patrimoine mondial de l’Unesco : la cathédrale, chef d’œuvre gothique avec ses 2300 sculptures, lieu des sacres royaux, le musée du Tau, ancien palais de l’archevêché qui a été complètement réaménagé et ouvert en 1972 et qui abrite les statues originelles de la cathédrale, les trésors des sacres et la salle des festins royaux. L’ensemble abbatial comporte également deux monuments classés : l’ancienne église abbatiale devenue la basilique St Remi et, à côté, l’ancienne abbaye devenue le musée St Remi (musée archéologique de la ville).

Cathédrale Notre-Dame, Reims (Marne), XIIIe siècle, le chevet. (Photo : OT Reims / Atelier Michel Jolyot)

Cathédrale Notre-Dame, Reims (Marne), XIIIe siècle, le chevet.
(Photo : OT Reims / Atelier Michel Jolyot)

La ville aux quatre monuments inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco

Basilique Saint-Remi(Photo : OT Reims / Atelier Michel Jolyot)

Basilique Saint-Remi
(Photo : OT Reims / Atelier Michel Jolyot)

La cathédrale Notre Dame de Reims appartient à la deuxième période gothique. Elle se situe dans la continuité de la cathédrale de Chartres : les bâtisseurs copient ce qui a été fait jusqu’alors mais en allant beaucoup plus loin encore. Pour la première fois on ose une nef qui est montée à 38 mètres de hauteur, la longueur intérieure de l’édifice faisant 138 mètres.Ce sont les dimensions de l’édifice qui impressionnent mais aussi son décor considérable. Notre Dame comptait avant la première guerre mondiale plus de 2300 sujets sculptés. Bombardée en septembre 1914, un incendie gigantesque détruit l’édifice. Les statues seront remplacées. Quant à celles qui ne furent pas complètement calcinées, elles sont visibles aujourd’hui au Musée du Tau.

Une cathédrale de lumière grâce au savoir faire des maîtres verriers

Outre ses dimensions et son riche décor, la cathédrale Notre Dame de Reims est également l’édifice de la lumière. Jamais auparavant un édifice
religieux n’avait été aussi ouvert, avec de larges fenêtres. C’est vrai que
l’architecture gothique s’y prête. Les maîtres d’œuvre ont aboli les murs
pour que se déploie le vitrail. Le vitrail créé une ambiance propice au
recueillement. Il a une valeur symbolique. Mais les bombardements de 1914 -1918 font disparaître un grand nombre de vitraux. La pièce maîtresse de l’ensemble reste la Grande Rose de la façade (fin du 13ème) dont les douze pétales livrent toute leur richesse le soir, au soleil couchant. En harmonie avec l’iconographie du portail, la Grande Rose est consacrée à Notre Dame, avec au centre la dormition de la Vierge. La plupart des autres vitraux sont contemporains, depuis la Petite Rose de la façade consacrée au litanies de la Vierge jusqu’au vitrail dédié au champagne dans le transept sud.

C’est Jacques Simon, maître verrier à Reims qui pose la petite rose en 1937 dans le cadre de la restauration de la cathédrale après sa destruction en 1914. La seconde guerre mondiale ralentit l’entreprise et il faut attendre 1954 pour que soit réalisé le Vitrail du champagne. Il y a depuis le 17ème siècle à Reims toute une dynastie de maîtres verriers. L’atelier Simon Marq, créé en 1640, en est un bon exemple. Depuis le milieu du 17ème, chaque génération transmet son savoir-faire à la suivante et ce, jusqu’à nos jours. Les relevés des différents vitraux que chaque génération a notés se sont d'ailleurs révélés extrêmement précieux pour la restauration des pièces anciennes.

La cathédrale donne au champagne ses lettres de noblesse

DR

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C’est ainsi que pour le Vitrail du champagne, Jacques Simon s’inspire des vitraux de corporation du Moyen-Age. Il tire parti du symbolisme du vin pour livrer une méditation sur l’Eucharistie. L’ensemble comprend trois vitraux de dix mètres de hauteur. Dans la fenêtre de gauche les vignerons s’activent dans la vigne sous le regard de Saint Vincent, leur patron. Au centre, ils entreprennent la vendange avant que ne commencent, à droite, les différentes phases de la vinification autour de Dom Pérignon et de Saint Jean Baptiste, patron des cavistes. A travers les vitraux des édifices religieux de la ville, les artistes du Moyen-Age rendent un hommage appuyé à la vocation viticole de la région. Des pampres de vigne décorent chapiteaux et balcons de la cathédrale Notre Dame. L’ange du porche gauche de sa face ouest contemple avec un doux sourire la coupe de vin qu’il s’apprête à consommer. Sans la cathédrale de Reims, l’image du champagne ne serait pas ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Car avant d’être reconnu comme de roi des vins, le champagne se contente longtemps de n’être que le vin des Rois. Depuis la fin du 14ème siècle, il coule à flots à l’occasion des sacres des rois.

33 rois sacrés à Reims

Depuis toujours, les archevêques de Reims ont réussi à se faire reconnaître le privilège de sacrer les rois dans leur cathédrale. Si l’on inclut le baptême de Clovis en 496, baptisé par l’évêque St Remi, trente trois rois ont été sacrés dans les différents édifices religieux de Reims.
D’Henri 1er (en 1027) à Charles X (en 1825), tous les rois sacrés de France le furent dans la cathédrale Notre Dame à l’exception de Louis VI et d’Henri IV (ce dernier fut sacré roi de France à Chartres).
A chaque sacre, il y a un rituel, celui de l’onction royale, que l’on
appelle la Sainte Ampoule. « Au début du 9ème siècle, en ouvrant le tombeau de St Remi, on découvre une fiole de verre remplie d’une sorte de baume solidifié », explique Christiane Corgié, guide conférencière. « On pense tout de suite à la Sainte Ampoule du baptême de Clovis. On allait ainsi pouvoir perpétuer cette tradition des sacres royaux à Reims. La Sainte Ampoule représente la continuité de cette monarchie qui va régner jusqu’à la Révolution Française. Elle a été brisée à la Révolution sur la statue de la place royale de Reims mais a pu être reconstituée. Elle a été à nouveau réutilisée pour la dernière fois lors du sacre du dernier roi de France, Charles X  en 1825. Elle existe toujours, mais invisible aujourd’hui, elle repose sur un petit lit de velours rouge dans un reliquat du Musée du Tau.».

Moins connue que la cathédrale Notre Dame mais tout aussi belle, la
basilique Saint Remi est un haut lieu spirituel. Inscrite sur la Liste du
patrimoine mondial de l’Unesco en 1991, elle fête cette année son millième anniversaire. C’est en effet au début du XIème qu’a été posée la première pierre d’une église romane en l’honneur de celui qui fut l’évêque de Reims de 459 à 533. Harmonieux mélange d’architecture romane et gothique, elle présente une belle collection de vitraux du 12ème siècle. Son cœur sert d’écrin au tombeau de l’évêque Remi qui baptisa Clovis à la fin du Vème siècle. Le point d’orgue des manifestations du millénaire de la basilique St Remi coïncidera avec la fête de St Remi célébrée le premier dimanche d’octobre.