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Evenements

Dix jours en ballon

par Claire Vuillemin

Article publié le 30/07/2007 Dernière mise à jour le 30/07/2007 à 16:50 TU

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Les montgolfières sont à l’honneur pendant dix jours en Lorraine ! Du 27 juillet au 05 août, la manifestation aéronautique « Lorraine Mondial Air Ballons » accueille des ballons et des équipages qui viennent des cinq continents et d’une soixantaine de pays. Une grande manifestation sportive mais aussi un spectacle exceptionnel où se retrouvent toutes sortes de machines volantes : montgolfières, ballons à gaz …

Depuis 1989, chaque année impaire, des centaines de montgolfières prennent leur envol depuis la base de Chambley, en Meurthe et Moselle, au cœur du Parc Naturel Régional de Lorraine.

(Photo : A.Even)

(Photo : A.Even)

Cette année, la manifestation fête sa 10ème édition Les montgolfières sont à l’honneur pendant dix jours en Lorraine ! Du 27 juillet au 05 août, la manifestation aéronautique « Lorraine Mondial Air Ballons » accueille des ballons et des équipages qui viennent des cinq continents et d’une soixantaine de pays. Une grande manifestation sportive mais aussi un spectacle exceptionnel où se retrouvent toutes sortes de machines volantes : montgolfières, ballons à gaz … Contrairement au ballon gonflé à l’hélium (qui n’a donc pas de brûleur), une montgolfière est composée de trois éléments : la nacelle, le brûleur et l’enveloppe.

 L’entreprise « Llopis Ballons » fait partie des gros pôles de fabrications de montgolfières. Dans l’atelier de l’usine, située à Delme près de Metz, l’enveloppe d’une montgolfière est étalée sur le sol; elle fait 26 mètres de long. Elle est en cours de fabrication ; d’autres sont en inspection. Jacques Llopis, Directeur de l’usine, explique : « tous les ans, les montgolfières passent devant un expert de l’aviation civile pour vérifier qu’elles soient aux normes aéronautiques. Fuseau par fuseau, on vérifie si le tissu ne s’est pas fragilisé, on fait des tests de déchirure, c’est pour cela qu’il faut les étaler… on a besoin de place ! » Le hangar est effectivement très spacieux.

 La nacelle, le brûleur et l’enveloppe.

 La nacelle est un élément important de la montgolfière. C’est la base qui est reliée par des câbles à la grosse enveloppe.

(Photo : A.Aven)

(Photo : A.Aven)

La base est toujours en osier et rotin, ce qui permet un atterrissage en douceur. « On n’a jamais trouvé mieux que l’osier pour se poser car le matériau a un pouvoir d’absorption des chocs, il peut se déformer et reprendre sa forme initiale ce qui n’existe pas avec du plastique ou du caoutchouc. Le brûleur quant à lui permet aujourd’hui de réchauffer en permanence l’intérieur du ballon. Il faut constamment doser la température à l’intérieur de l’enveloppe pour faire des paliers, car si on chauffe trop, on monte, si on arrête de chauffer, on descend ; il faut trouver le juste milieu pour voler en ligne droite »

Sur la table de découpe de l’atelier, des rouleaux de tissus de différents coloris sont empilés. « Pas question de se tromper dans le sens du tissu » poursuit Jacques Llopis. Les rouleaux font 1,50 mètres de large. « L’enveloppe représente 1500m2 de tissu, ce n’est pas rien. Là, les tissus sont à plat, mais il faut imaginer le ballon quand il sera gonflé ; il faut que les dessins et le logo, s’il y en a un, soient restitués en 3D et suffisamment gros pour être visibles à 300 ou 400 mètres d’altitude ». L’informatique apporte alors une aide précieuse pour la confection du ballon.

(Photo : A.Aven)

(Photo : A.Aven)

Etienne et Joseph Montgolfier

Les montgolfières d’aujourd’hui sont semblables à celles imaginées par les frères Montgolfier, Etienne et Joseph, nés au milieu du 18ème siècle à Annonay en Ardèche. Ce sont eux qui ont donné leur nom au célèbre ballon. Etienne a mis un jour sa chemise au dessus des flammes de sa cheminée. L’air chaud étant plus léger que l’air froid, il s’est rendu compte que sa chemise se gonflait et se soulevait. Les deux frères allaient pouvoir réaliser le rêve d’Icare : voler. Jean-François Pilâtre de Rozier, tout à la fois physicien, chimiste et aéronaute, est le premier homme à oser s’élever dans les airs à bord d’une montgolfière, ouvrant la voie aux aventures aéronautiques les plus incroyables. A Paris, l’homme dépasse donc les flèches des cathédrales ce 21 novembre 1783. Etait-il un peu fou ? « Sans doute » raconte son arrière-petit-neveu, Philippe Buron Pilâtre qui rend hommage à son ancêtre à travers un livre intitulé « Pilâtre de Rozier, un Lorrain d’exception ». « Fou au point de braver la cour du Roi Louis XVI. Fou de soutenir les Frères Montgolfier, concepteur de l’engin. En ce siècle des Lumières, ce génie traverse tous les bouleversements scientifique, social et philosophique de la France, cœur de l’Europe et du monde à l’époque » poursuit Philippe Buron Pilâtre. Mais le génie se tue le 15 juin 1785 en tentant de traverser la Manche dans un ballon dont le modèle sera repris quelque deux cents ans plus tard par deux Européens pour réaliser le premier tour du monde en ballon en moins de vingt jours.

(Photo : P.Maille)

(Photo : P.Maille)

Ce que je retiens quant à moi de mon expérience en montgolfière, c’est déjà le gonflement de ces immenses enveloppes aux multiples couleurs. Puis, une fois dans la nacelle, ce sont les mains crispées sur les câbles pour échapper à la flamme du brûleur. Quand la montgolfière se soulève, c’est tout de suite l’agréable impression d’être sur un balcon volant… avec le rythme du brûleur d’où jaillit régulièrement un énorme bruit de soufflerie. Le voyage en ballon est lourd sur le plan de la logistique. Mais il est sans doute le plus inattendu car vous ne savez jamais où vous allez. Ce sont les vents qui décident de votre direction…