par Claire Vuillemin
Article publié le 27/09/2007 Dernière mise à jour le 27/09/2007 à 17:45 TU
R.F.I. : Qu’est ce que l’Ina aujourd’hui ?
Jean-Emmanuel Casalta : Aujourd’hui, l’Ina est le conservateur des archives audiovisuelles publiques françaises et est en charge du dépôt légal de la radio et de la télévision depuis 1995, c'est-à-dire l’équivalent pour la radio et la télévision de la Bibliothèque Nationale de France pour l’édition. L’Ina gère la principale collection d’archives audiovisuelles mondiale.
L’Ina est également producteur dans le domaine du documentaire, avec une soixantaine de documentaires par an environ. L’Institut a aussi une Direction de la recherche très présente dans toutes les problématiques liées à l’ingénierie patrimoniale qui est le cœur de métier de l’Ina et qui développe des projets européens. Citons par exemple « Prestospace », qui permet de lire de vieux disques vinyles sans utiliser d’aiguilles, avec une lecture par faisceaux laser. Un savoir-faire toujours lié à la problématique des archives et à l’amélioration des conditions de la conservation des archives audiovisuelles.
Le troisième secteur, c’est la formation. L’Ina est le centre de formation de tous les acteurs du secteur audiovisuel, traitant plus particulièrement de l’image et du son. Depuis 1974, date de sa création, l’Ina n’a eu de cesse de développer ces trois métiers.
R.F.I. : Pourquoi la création de cette nouvelle « grande école » au sein de l’Ina ?
J.E.C. : Ina Sup découle de ce savoir-faire. C’est l’aboutissement de plusieurs années de réflexion sur les besoins du secteur de la communication et des médias suite aux nombreuses évolutions technologiques, comme la numérisation, les problématiques de diffusion multi-supports, Internet, le téléphone mobile, etc. Il y a une révolution en cours. Il faut des professionnels qui s’adaptent aux nouvelles conditions technologiques, financières, d’organisation, de management et aussi de gestion de la complexité des contenus car il y a une profusion de productions et en même temps une multiplicité de diffusions.
Il faut donc un nouveau type de professionnels. On en ressent la nécessité à au niveau de la production de ces nouveaux contenus, et au niveau de la valorisation de ces contenus après leur premier usage. Et ça, c’est toute la problématique de la gestion du patrimoine pris au sens non culturel. Car le patrimoine peut être industriel, économique, politique… Il y a un volume produit dont il faut assurer la conservation et la réutilisation. C’est cette réflexion qui nous a amené à créer ces deux spécificités : « patrimoine » et « production et édition ». On a situé ce cycle d’études avec une entrée Bac + 3 et une sortie Bac + 5.
| Contenu des enseignements et débouchés |
La formation sur deux ans est répartie en trois semestres de cours et un semestre de stage en entreprise. Les diplômés de la spécialité « gestion et conservation des patrimoines audiovisuels et numériques » ont vocation à occuper des fonctions telles que responsable de collections audiovisuelles ou numériques, chef de projet dans le domaine de la valorisation de patrimoines audiovisuels, consultant dans le domaine de la valorisation d’archives. Ils pourront également répondre aux besoins grandissants de gestion et de valorisation des patrimoines numériques d’industries telles que l’automobile, l’aéronautique, le médical. Les diplômés de la spécialité « production-édition audiovisuelle et numérique ». se destinent à des métiers de directeur de production, producteur d’œuvres de fiction, de documentaires, d’émissions de flux, de formats et de contenus pour les médias numériques, responsable du développement de projets, responsable des coproductions, programmateur de chaînes de télévision généraliste ou thématique, de sites Internet, chef de projet vidéo/DVD, responsable éditorial, responsable des acquisitions, conseiller des programmes… |
R.F.I. : Quelles comparaisons peut-on établir entre Ina Sup et la Femis (l’Ecole nationale supérieure de l’image et du son) ?
J.E.C. : Comme la Fémis, l’Ina est un acteur de la formation placé sous la tutelle du ministère de la Culture et de la Communication. Comme la Fémis, l’Ina a une spécificité : le cinéma pour la Fémis, la télévision pour l’Ina. Le diplôme sera techniquement équivalent : l’Ina comme la Fémis délivrent un diplôme Bac + 5. Mais les comparaisons s’arrêtent là.
La Fémis a une longue histoire dans le domaine de la formation initiale que nous n’avons pas. C’est une innovation pour l’Ina et une continuité pour la Femis. Autre point : nous sommes sur des secteurs complètement différents puisque la Femis est très impliquée dans tout ce qui concerne l’artistique cinématographique. Les diplômes de l’Ina seront quant à eux délivrés aux étudiants qui auront suivi l’une ou l’autre de ces deux spécialités : le cursus « production et édition audiovisuelles et numériques » ou le cursus « gestion et conservation du patrimoine audiovisuel et numérique ». On voit bien là que nous sommes beaucoup plus dans le domaine du management, de la gestion de projet que dans le domaine de l’artistique en tant que tel.
R.F.I. : Y a-t-il un profil type de l’étudiant qui postule à l’Ina Sup ?
J.E.C. : Dans l’idéal, il n’y a pas de profil type. La seule exigence est celle d’un niveau Licence, indépendamment du parcours académique suivi. On va former les futurs producteurs et conservateurs de patrimoine dans le domaine de l’audiovisuel et ce qui nous intéresse c’est d’avoir la plus grande diversité possible dans le panel des étudiants. Cette diversité est également présente dans le corps enseignant où on a une mixité entre professionnels et universitaires. Par ailleurs, Ina Sup facilitera l’accès de ses étudiants à des stages à l’étranger grâce au réseau d’institutions et d’universités partenaires. Plusieurs accords de collaboration ont été signés avec l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), l’Université de Communication de Chine à Pékin, entre autres.
| la promotion 2007 de l’Ina Sup |
Les 300 postulants à cette première promotion d’Ina Sup venaient d’horizons divers : technique, droit, histoire, information et communication, sciences humaines, comme de cursus. Diversité des filières également (universités, Institut des Science Politiques, filières techniques...), avec une proportion identique de candidats féminins et masculins également répartis entre l’Ile de France et la province. Par ailleurs, 20% des dossiers reçus émanaient de ressortissants étrangers. Au final, 40 étudiants ont été retenus : 20 pour chaque cursus. Le coût de la formation s'élève à 1 520 € pour la totalité du cursus. |
label france
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