par Danielle Birck
Article publié le 16/10/2007 Dernière mise à jour le 16/10/2007 à 17:46 TU
Le chocolat déferle au parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris pour la 13ème édition du Salon qui lui est consacré, du 18 au 22 octobre. Un chocolat dans tous ses états - du défilé de robes (en chocolat) aux recettes des grands chefs – pour n’en susciter qu’un : le plaisir. Et ça tombe bien, puisque la Semaine du Goût qui se déroule en même temps est elle aussi placée, cette année, sous le signe du plaisir.
Un plaisir qui vient de loin et des lointains, puisque bien avant qu’elle n’arrive en Europe au début du XVIe siècle, la fève du cacaoyer faisait les délices des Aztèques et Mayas d’Amérique centrale qui la consommaient en breuvage.
La France et le chocolat
La France découvre le cacao, en 1615, lors du mariage d’Anne d’Autriche, fille de Philippe II d’Espagne, avec Louis XIII, bien après l’Espagne, donc, et l’Italie. Mais elle s’est rattrapée depuis, avec une consommation de 6,1 kilos par personne et par an (ce qui ne la place pourtant qu’en 9ème position, loin derrière la Suisse, premier pays consommateur, avec 9,7 kilos). Une consommation qui a augmenté d’un tiers au cours des 20 dernières années. Pour la production, avec 269 000 tonnes annuelles, la France arrive au 4ème rang, après les Etats-Unis, l’Allemagne et l’Angleterre.
Côté chiffres la 13ème édition du salon du Chocolat n’est pas en reste. avec 12 000 m2 d’exposition, près de 150 chocolatiers venus du monde entier, d’Europe mais aussi d’Asie (Japon) ou du Moyen-Orient (Syrie), des industriels et des artisans, des représentants des pays producteurs en augmentation. Plus de 400 participants au total pour mettre en valeur « le chocolat pour tous », comme le veut le Salon.
Le chocolat dans tous ses états
Si la tendance est à associer créateurs et stylistes pour l’élaboration de desserts (bûche de Noêl par Philippe Starck, les pâtisseries Fashion, « designed by men », au café de la Paix à Paris), au Salon du chocolat, celui-ci devient la matière même des modèles qui défilent, robes réalisées par des couturiers et chocolatiers.
Cette année, la journée d'ouverture sera consacrée aux chefs étoilés, avec dix d’entre eux qui viendront réaliser en direct, devant les visiteurs, des mets au chocolat inédits, sucrés ou salés. Côté sucré, on retiendra le « Macaron banana-split » de Christophe Michalak, le célèbre chef pâtissier du Plaza Athénée à Paris. Côté salé, on testera avec curiosité le mélange crème de mascarpone et huile d’olive avec copeaux de chocolat amer à la fleur de sel, ou encore le gigot d’agneau mitonné aux fèves de cacao torréfiées…Le lendemain ce sera au tour des femmes chefs de montrer leur audace et leur personnalité, avec des réalisations aussi étonnantes qu’un foie gras confit au cacao épicé ou une « pastilla » au chocolat.
A noter encore un « atelier sensoriel » créé par Thierry Mugler pour découvrir le monde du chocolat par l’odorat, une épilation au chocolat, des conférences sur des sujets aussi divers que « Couvent et chocolat », « la traçabilité du chocolat », « Le cacao péruvien et la filière équitable » ou encore des portraits de jeunes chocolatiers. Bref, la déclinaison de tous les aspects du chocolat, de sa production à sa consommation.
Sans oublier, une exposition de photographies, Cacao, sur les traces de Jorge Amado, avec les cliches réalisés au Brésil par les Italiens Luca Rinaldini et Catia Zucchetti, partis sur les traces du célèbre romancier brésilien, mort en 2001, auteur entre autres de Cacau, qui relate les dures conditions des travailleurs dans les champs de cacao de l’Etat de Bahia, au début du XXe siècle.
Enfin pour terminer sur une note plus frivole : l’élection d’une « Miss cacao" est également au programme.