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    Objectif n°1 : Eradiquer la pauvreté d’ici à 2015, une gageure ?

    media Au Congo Nord Kivu. Frédéric Sautereau

    Le 6 septembre 2000, sous l’égide des Nations unies, 189 chefs d’Etat signaient la Déclaration du Millénaire et s’engageaient pour huit objectifs ambitieux. Un programme sur quinze ans où tous les pays membres de l’ONU promettent de réduire de manière conséquente l’extrême pauvreté, la faim, le Sida et le paludisme, l’analphabétisme, la dégradation de l’environnement et la discrimination à l’encontre des femmes… Dix ans après, c’est l’heure du bilan. Du 20 au 22 septembre 2010, ces mêmes chefs d’Etat se réuniront à New York pour un sommet très attendu. L’occasion, pour RFI, de revenir sur chacun de ces objectifs. Premier volet : l’éradication de la pauvreté.

    L’objectif n°1, soit « réduire l'extrême pauvreté et la faim », a le vent en poupe. Véritable figure de proue de cette campagne des Nations unies, ce premier Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) est le plus cité, le plus renommé. Même le Sommet consacré au bilan des OMD de septembre prochain a été rebaptisé de façon plus concise Sommet contre la pauvreté.

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    L’OMD 1 est l’un des objectifs les plus génériques ; le plus vague aussi, accusent les sceptiques. Avec son noble élan altruiste, c’est celui qui prête le plus à sourire car il s’agit, rien de moins, que de réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim dans les pays en voie de développement d’ici à 2015. Les Nations Unies souhaitent également arriver à « assurer le plein-emploi et la possibilité pour chacun, y compris les femmes et les jeunes, de trouver un travail décent et productif ».

    Difficile de ne pas être perplexe voire incrédule ! Fabrice Ferrier, le coordinateur français de la Campagne du Millénaire, s’en défend : « Eradiquer la faim ? Mais c’est un minimum ! Ce n’est pas seulement possible, c’est indispensable. Oui, ces objectifs sont ambitieux mais certainement pas utopiques. »

    Une situation complexe

    Possible ? En partie seulement, pour le moment. Certaines données chiffrées sont effectivement encourageantes. Car, autant l’énoncé de l’objectif peut être taxé de simpliste, autant les calculs et la lecture des résultats peuvent se révéler assez complexes.

    Pour savoir si l’objectif est atteint, de multiples indicateurs sont utilisés. Par exemple, pour savoir si la population qui souffre de la faim a vraiment été diminuée de moitié, deux statistiques ont été choisies : la prévalence d'enfants de moins de cinq ans en insuffisance pondérale, et la proportion de la population n’atteignant pas le niveau minimal d’apport calorique.

    Et pour mesurer la diminution de l’extrême pauvreté, le système onusien a sélectionné trois indicateurs : la proportion de la population vivant avec moins de 1,25 dollar par jour, la part de la population la plus pauvre dans la consommation nationale et l’indice d’écart de pauvreté des personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour.

    Des données qui restent irrégulières ou pas toujours disponibles dans certains pays. Et qui, pour certains experts comme Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies pour le droit a l’alimentation, restent bien trop sommaires pour rendre compte de la complexité de la situation :

    « Même si les OMD ont le mérite d’exister et de mobiliser, il ne faut pas s’en satisfaire ! Ces objectifs visent les symptômes et non le mécanisme du sous-développement. Misant sur la production alimentaire et non sur les capacités d’un pays à se nourrir par eux-mêmes, nous nous sommes trompés de cible. »

    Un objectif en déroute ?

    Un point de vue partagé par Jean-Denis Crola, responsable du programme Agriculture chez Oxfam France. « La problématique de fond n’est pas abordée. Sous la houlette des bailleurs de fond, les politiques agricoles ont été désastreuses et le libre-échange est devenu une fin en soi. Comment est-il possible que le petit producteur d’oignons du Niger se confronte à une production hollandaise qui arrive moins chère sur le marché de Niamey ? Et je ne parle pas des coûts environnementaux ! Malheureusement l’objectif 1 est en déroute. »

    Maigre consolation pour les experts du secteur, depuis 2008, la faim et la sécurité alimentaire ont enfin une place dans les agendas et autres sommets de la communauté internationale. Néanmoins, ces derniers rendez-vous ont été plutôt décevants avec des déclarations finales pleines de bonnes intentions mais sans calendrier précis. « Les grands de ce monde, au nord comme au sud, doivent prendre leurs responsabilités, affirme Medhi Drissi, représentant de la FAO en France. Les programmes existent, fonctionnent et ont été mis en place partout où nous avons été sollicités. Si les chiffres sont aussi mauvais, c’est en grande partie parce que les chefs d’Etat n’ont pas tenu leurs engagements. »

    Lors du sommet du G8 de l’Aquila en juillet 2009, les pays se sont engagés à investir 22 milliards de dollars pour lutter contre la faim. Aujourd’hui moins de 500 millions auraient été versés. « Il faudrait seulement 44 milliards de dollars pour éradiquer la faim, assure Medhi Drissi, une somme dérisoire comparée aux 365 milliards de soutien à l’agriculture des pays de l’OCDE, ou aux sommes " astronomiques " trouvées pour venir en aide aux banque américaines ».

    Pour en savoir plus :

    Des réussites spectaculaires sur le terrain

    Un point emporte l’unanimité : le succès incroyable de certains pays. Comme par exemple le Vietnam, cité par Jean-Denis Crola, qui a lancé un programme de soutien aux petits agriculteurs : fourniture d’engrais, périmètre d’irrigation, redistribution équitable du foncier, accès à des technologies plus modernes…

    Tout en stabilisant les prix et essayant de maintenir des prix rémunérateurs pour le producteur, sans être trop cher pour le consommateur. Le Vietnam est ainsi devenu le 2eme exportateur de riz au monde et a réduit son taux de pauvreté de 58% en 1993 à 18% en 2006.

    Pour Medhi Drissi, le cas du Malawi est édifiant : d’un pays à l’insécurité alimentaire totale, la part consentie à l’agriculture sur le budget de l’Etat a permis un tel développement que le Malawi peut aujourd’hui exporter dans les pays voisins. Des succès qui ne pourront être dupliqués qu’avec une réelle volonté politique, « de la part des gouvernements locaux comme des pays donateurs qui doivent tenir leurs promesses notamment en consacrant réellement 0,7% du RNB* à l’aide publique au développement », rappelle Fabrice Ferrier.

    Chaque pays devrait se doter d’une stratégie nationale de lutte contre la faim, une priorité pour Olivier de Schutter qui rappelle également que ces gouvernements doivent être soutenus dans leurs efforts par la communauté internationale : « Il faut éviter que ne subsistent des paradis fiscaux permettant aux élites des PVD** de soustraire des fonds et transformer les règles du Commerce International afin qu’elles soient équitables pour les pays du Sud ».

    Sans oublier le « scandale » de la dette extérieure qui est devenue un fardeau plus important que les recettes d’exportation dans certains pays. Les spécialistes du développement sont unanimes, c’est seulement à ces conditions que l’objectif 1 pourrait être réellement atteint.

    * Revenu National Brut
    ** Pays en Voie de Développement

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