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Objectif n°2, presque atteint : une éducation primaire pour tous

L’objectif n°2 est sans conteste l’un des OMD (Objectifs du Millénaire pour le développement) des Nations unies qui affichent le plus fort taux de réussite globale avec des résultats déjà atteints dans certains pays, bien avant l’échéance de 2015. Des initiatives nationales ont permis ces succès même si certains groupes de population restent encore marginalisés.
L’OMD2 est simple et précis, il s’agit « d’ici à 2015, (de) donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires ». En 2008, le taux de scolarisation primaire des pays en développement a avoisiné les 89%, avec des progrès remarquables dans beaucoup de régions. Même si le taux de l’Afrique subsaharienne reste le plus bas au monde, il est passé de 56% en 1999 à 76% en 2008 ! L’Asie du Sud et l’Afrique du Nord ont connus également une nette amélioration. Selon l’Unesco, on dénombrait 100 millions d’enfants non scolarisés en 2000 et 72 millions en 2007. Les estimations tablent sur 56 millions en 2015, un chiffre encourageant alors que le nombre d’enfants en âge d’être scolarisés ne cesse d’augmenter.
Un engagement politique fort
Tous les pays affichant des taux de scolarisation nettement supérieurs à la moyenne possèdent un point commun : un engagement politique fort dans le secteur éducatif. Certains pays, comme l’Inde, ont modifié leur Constitution pour rendre l’école gratuite et obligatoire pour les filles comme pour les garçons et sans distinction de leur origine sociale. Au Burundi, depuis que des subventions gouvernementales ont remplacé les frais scolaires, le nombre d’enfants scolarisés a été multiplié par trois. La suppression de ces frais de scolarité a permis des progrès au Kenya, en Tanzanie, au Mozambique. En Ethiopie également qui, pour atteindre les populations les plus éloignées, a également construit 85% de ses nouvelles écoles en zones rurales.
Malgré ces progrès, un grand nombre de défis restent d’actualité. Jean-Louis Saux, directeur de la programmation et spécialiste des OMD pour l’UNESCO, le souligne : « malgré ces points positifs, nous restons extrêmement attentifs à la scolarisation des filles, des enfants dans les pays en conflit ou post-conflit, et des marginalisés. Nous réfléchissons à des programmes novateurs pour les milieux d’extrême pauvreté. » Ainsi au Népal, ce sont 384 000 enfants dhalit (soit 73% d’entre eux) qui, étant d’une caste inferieure, ont bénéficié d’une bourse leur permettant d’étudier. La scolarisation de plusieurs dizaines de millions d’enfants supplémentaires dénote un changement des mentalités et une évolution des sociétés extrêmement positive.
Un certain nombre de défis reste à relever avant d’atteindre une véritable éducation universelle et notamment en Afrique subsaharienne. Un quart des enfants en âge scolaire n’y était toujours pas scolarisé en 2008 ; plus de 30% ne finissent pas leur cycle primaire et il faudra doubler le nombre de professeurs d’ici à 2015 pour atteindre les objectifs fixés. Ces efforts sont indispensables, tant aujourd’hui l’éducation est un véritable accélérateur de croissance pour les pays en développement.
Un manque de critères qualitatifs
L’OMD2 vu par Roland Biache, délégué de Solidarité Laïque*
« En tant qu’acteur sur le terrain, les OMD nous ont un peu déçus, ils ne doivent pas être une fin en soi mais un véritable levier pour de nouveaux engagements. N’oublions pas que l’engagement sur la parité remonte au sommet de Jomtien (Thaïlande) en 1990. L’objectif était alors fixé à 2005, il a été repoussé en 2015. Les indicateurs sont insuffisants, ce ne sont que des statistiques qui n’intègrent pas de niveaux de qualité. Certes un peu plus de jeunes se rendent à l’école mais dans des conditions déplorables, parfois assis sur des pierres, sans papier, ni crayon, devant un maitre pas forcément bien formé. Sans parler de l’inadéquation d’un enseignement trop classique vis-à-vis l’environnement local, même les calendriers scolaires ne tiennent pas toujours compte des températures excessives !
En Afrique francophone par exemple, les professeurs ne parlent pas forcement le dialecte local tandis que les enfants ne pratiquent pas ou très mal le français à la maison. Il est impératif de rester extrêmement vigilant sur ces problématiques de qualité. Malheureusement la part de l’aide publique au développement consacrée à l’éducation n’est pas en hausse, et, pour des raisons historiques, ne bénéficie pas aux pays les plus pauvres. »
* Solidarité Laïque est un collectif d’associations, syndicats, mutuelles et coopératives issus du monde de l’enseignement, des milieux culturels et de la santé. Ils mènent des actions de solidarité essentiellement à l’international.
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