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    Général

    Objectif n°5 : mobilisation tardive autour de la santé maternelle

    media Une maternité en RDC © Frederic Sautereau

    La santé maternelle, cœur de cible du cinquième objectif du millénaire du développement (OMD), se porte mal. Des centaines de milliers de femmes meurent encore de leur grossesse ou pendant leur accouchement dans une relative indifférence. Mobilisation des ONG, création d’une nouvelle agence onusienne, le droit et l’accès des femmes à la santé a souffert d’un manque de visibilité et de volonté politique. Les changements structurels s’accélèrent mais les défis à relever restent encore significatifs.

    Des grossesses à haut risque

    L’objectif fixé par les Nations unies est de réduire de 75% le taux de mortalité maternelle entre 1990 et 2015, c'est-à-dire de réduire le nombre de décès liés à la grossesse, pendant l’accouchement ou dans un délai de 42 jours après la fin de la grossesse. Contrairement aux idées reçues, le VIH/Sida ou le paludisme ne sont à l’origine que de 18% des décès, tandis que de simples hémorragies, septicémies ou hypertensions causent plus de 61% des décès.
     

    Notre dossier spécial

    Julien Potet d’Oxfam France est catégorique : « Ce sont des décès qui pourraient être évités ! Même s’il y a des zones de vrais progrès comme en Egypte, en Chine et en Inde, c’est l’OMD le plus négligé ! » Des progrès qui sont difficilement quantifiables car on assiste à de véritables batailles d’experts : d’abord estimés à 540 000 par an, les décès maternels ont été revus à la baisse par les instances onusiennes pour atteindre 340.000 cas tandis que certaines ONG comme Survival parlent eux de 872 000 décès. « Les enquêtes de terrain sont très difficiles, rappelle Julien Potet, il est très compliqué d’avoir des statistiques fiables notamment dans les régions rurales les plus reculées. Là précisément où les décès sont les plus nombreux. » Ce qui est certain, c’est que 99% de ces décès ont lieu dans des pays du Sud, et dans les zones rurales en majorité. Les femmes meurent tout simplement car elles n’ont pas eu d’accès aux soins.

    Le déficit des systèmes de santé

    Ce taux de mortalité reflète les déficits structurels et la faiblesse des systèmes de santé. « Le financement est la clé, analyse Annick Jeantet d’Action For Global Health. La santé maternelle ne représente que 4% de l’Aide publique au développement (APD) Santé alors que les besoins sont estimés à 25% pour mettre en place une politique réfléchie de ressources humaines. Il faut accroitre le personnel de santé, doubler au minimum le nombre de sages-femmes mais aussi mettre en place des programmes de formation et des salaires mieux adaptés ».

    La proportion de femmes ayant accouché en présence de personnel qualifié dans les pays en développement est passée de 53% en 1990 à 63% en 2008, avec de très significatives améliorations en Afrique du Nord -80% en 2008- et en Asie. En Afrique Subsaharienne, 54% des femmes accouchent sans personnel médical, en dehors de toute structure hospitalière.

    Ces mauvais résultats éclipsent quelques spectaculaires réussites nationales. Au Burundi ou en Sierra Leone, la mise en place de la gratuité des soins pour les femmes enceintes ou qui allaitent, a considérablement amélioré la situation. Pour éviter que l’afflux de patients déstabilise le système de santé (+61% de consultations au Burundi) des programmes complets ont été mis en place : recrutement et formation en amont de personnel de santé ; campagne d’information à destination des femmes etc. Des solutions qu’il serait urgent de dupliquer.

    Pour en savoir plus
    • Santé pour toutes, mobilisation commune d’ONG militant pour l’accès aux soins des femmes

     

    Catherine Giboin, de Médecins du Monde DR

    3 questions à Catherine Giboin, spécialiste de la santé reproductive à Médecins du Monde

    Les problématiques de la sante maternelle se rapprochent de celles du VIH/Sida : manque de personnel médical, déficit des structures de santé, zones rurales éloignées… Comment expliquez-vous la différence de résultats ?
    La prise en charge des femmes enceintes est bien plus simple et plus maitrisée que celle des malades du Sida mais les femmes des pays en développement ont moins de visibilité politique. Le VIH/Sida est une maladie qui a touché les pays du nord comme du sud, les lobbys sont puissants et le financement a été bien plus important.

    L’amélioration de la santé maternelle passe par un accès à la médecine procréative, un enjeu majeur qui n’a été rajouté aux OMD qu’en 2006. Cela vous étonne ?
    C’est éminemment plus politique ! Le contrôle de la natalité est évidemment une question clé qui a été complètement occultée pendant les années Bush. Cette période a été un véritable retour en arrière pour le droit des femmes.

    Ne peut-on tirer qu’un bilan négatif ?
    Certainement pas ! On constate une véritable montée en puissance de l’intérêt suscité par l’OMD 5 : en juin dernier, lors de la conférence Women Deliver à Washington, les grands patrons de l’OMS, du Fonds Mondial, de l’Onusida étaient présents au côté de Ban-Ki Moon. Melinda Gates a fait la 2eme plus grosse promesse de don de la Fondation Gates, soit plus d’1.5 milliard de dollars ! Et la création d’une nouvelle agence dédiée, ONU Femmes, est un signe fort.

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