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    Général

    Objectif n°7 : un développement durable bien incertain

    media Seulement 60% de la population en Afrique Subsaharienne a accès à un point d’eau potable. C.Morin-Gibourg

    L’Objectif 7, bénéficiant d’une forte médiatisation ces dernières années, est certainement l’objectif le plus « tendance ». Le développement durable et les changements climatiques sont régulièrement au cœur de l’actualité. Malgré un consensus général sur la dégradation environnementale mondiale, la mise en application de règles et lois permettant de limiter ses méfaits reste très aléatoire. De plus, les Nations unies ont aussi inclus dans l’OMD 7 l’accès à l’eau potable, à des services d’assainissement de base et à une diminution des taudis, des priorités peu mises en place dans les régions les plus pauvres.

    Un environnement mondial dégradé

    Tous les indicateurs de l’Objectif 7 sont au rouge. La déforestation, en Amérique du Sud mais aussi en Afrique, est trop rapide pour permettre un renouvellement des parcs forestiers. La Chine, l’Inde et le Vietnam ont réussi à inverser la situation grâce à d’ambitieux programmes de reboisement mais la situation reste fragile. Les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) ont augmenté de 35% depuis 1990, et celles des régions en développement ont doublé, même si elles restent bien inférieures à celles des pays du Nord. La situation de la biodiversité est également très préoccupante, 17 000 espèces végétales et animales à la base de différents écosystèmes sont menacées d’extinction. Aujourd’hui seulement un tiers des zones vitales pour protéger la biodiversité sont protégées.

    Notre dossier spécial

    L’accès à une eau potable, un enjeu majeur

    Près de 884 millions de personnes n'ont toujours pas accès à une eau potable et salubre et plus de 2,6 milliards vivent sans aucun assainissement. Pourtant, notamment grâce aux progrès de l’Asie mais aussi de l’Afrique du Nord et de l’Amérique Latine, la cible de l’accès à l’eau potable sera atteinte au niveau mondial en 2015. La couverture d’eau potable reste très insuffisante en Afrique subsaharienne, et aucun progrès n’a été fait en Océanie où 50% de la population en est toujours démunie. Sophie Tolachidès, d’Eau-Vive, une ONG d’accompagnement à la mise en place de politiques d’assainissement au Sahel, rappelle combien cet accès à l’eau est capital : « C’est la porte d’entrée pour le développement d’un territoire avec de multiples impacts sur l’économie locale et l’agriculture mais aussi sur la santé et l’éducation. Ca réenclenche la scolarisation car il n’y a plus de corvée d’eau pour les enfants. » L’implication et la volonté politiques sont primordiales : « Le Sénégal a obtenu de très bons résultats en lançant son PEPAM (Programme Eau Potable et Assainissement du Millénaire) en collaboration avec le secteur privé, les ONG et les collectivités locales. Aujourd’hui pour faire évoluer les choses, chacun a un rôle à jouer. »

    La rénovation des favelas accroit le poids du foncier

    Conséquences de l’expansion des grandes agglomérations et de l’exode rural, les bidonvilles se sont développés depuis plus de 30 ans. Même si le pourcentage de la population urbaine vivant dans des taudis a fortement diminué dans les pays en voie de développement –près de 40% en 2000 contre 33% en 2010- la pression démographique est telle que le nombre de personnes vivant dans un habitat sans assainissement continue d’augmenter. « Au Pérou, les personnes que nous suivons ont quitté leur région d’origine à cause de conflits, de catastrophe naturelle ou de pression économique. Généralement ils n’arrivent pas à s’installer en ville et sont repoussés dans des zones sans aucune infrastructure ou service sociaux de base et totalement éloignés du centre économique, donc des emplois » explique Marie Chuberre, du Samu Social International. Un défi énorme pour les municipalités face à ces afflux de population, leurs installations sauvages, souvent en zones non-constructibles. « Les efforts du gouvernement brésilien dans les favelas a été exemplaire mais à double tranchant. Aujourd’hui les zones rénovées font l’objet d’une telle pression immobilière que les populations les plus démunies sont rejetées encore un peu plus loin en périphérie ».
     



    Clément Chenost DR

    « Il ne s’agit pas seulement de replanter des arbres ! »


    Clément Chenost, de l’ONF International

    « Nous sommes spécialisés dans la gestion durable des écosystèmes, et plus spécifiquement des forêts. Les raisons de la déforestation ne sont évidemment pas les mêmes en Afrique, en Amazonie ou en Asie du Sud-Est et notre travail consiste à trouver des stratégies qui s’adaptent le mieux aux réalités du terrain. En République Démocratique du Congo par exemple, l’élaboration du projet Ibi-bateke a été assez complexe. Les habitants des banlieues de Kinshasa ont besoin de bois de feu pour leur vie quotidienne, et, les années passant et les espaces boisés diminuant, les distances s’allongent. Outre une politique de gestion du parc forestier, ce programme que nous soutenons a mis en place 4000 hectares de reboisement avec des acacias à croissance rapide. Cela n’étant absolument pas suffisant, nous avons travaillé sur les économies d’énergie : la transformation en charbon vert qui permet une consommation moindre de bois pour la même quantité de chaleur. Et nous avons même joué sur les fours, plutôt qu’un brasier entre trois pierres, nous avons privilégié l’utilisation de petites tôles qui limitent eux aussi la consommation d’énergie. »

     

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