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    Général

    AllOut.org mobilise la Toile pour les droits des homosexuels

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    AllOut.org, un nouveau réseau social qui mobilise le web pour défendre la cause des homosexuels, a déjà de beaux résultats à son actif, notamment au Cameroun, en Ouganda et en Grande-Bretagne. Avec 633 522 membres au 30 octobre 2011, AllOut crée le buzz et incarne la nouvelle mode de l'engagement citoyen sur la Toile.

    « Unissons-nous pour l’égalité des droits » peut-on lire sur la page d’accueil du site AllOut.org, qui revendique déjà plus de 600 000 membres dans 192 pays et se décline en quatre langues : l’anglais, l’espagnol, le français et le portugais. Le programme est simple : « Utilisant les nouvelles technologies des réseaux sociaux, All Out est une communauté en ligne mondiale, capable de se mobiliser dans les moments de crise, et d'opportunités, pour améliorer la vie et les libertés des personnes LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi et Transexuels) - partout dans le monde. » Le champs d'action est vaste : dans 76 pays, le simple fait d’être homosexuel est un crime. Dans 10 pays, c'est même passible de la prison à vie, ou d’une condamnation à mort.

    L’idée n’est pas nouvelle, mais elle s’inscrit dans l’air du temps. Elle se situe dans la lignée des succès politiques de l’organisation américaine MoveOn.org, qui a réussi à générer une vague de soutien en faveur de la candidature de Barack Obama en 2008. L’activisme en ligne a fait des petits depuis. L’un des pionniers, l’Australien Jeremy Heimans, est l'un des co-fondateurs d’AllOut.org. Ce diplômé d’Harvard a transporté sur le terrain de la lutte pour les droits des minorités sexuelles, son expérience dans le développement des mouvements sociaux en ligne. Il est à l’origine d’Avaaz.org, qui revendique 10 millions de membres à travers le monde.

    L’équipe d'AllOut.org est modeste : six salariés à peine. Parmi eux, un Français, Guillaume Bonnet. Il est directeur de campagne et souligne l’importance de la mobilisation des personnes clefs : « les alliés » proches, amis, collègues. Les supports utilisés sont tous ceux présents dans la blogosphère, les réseaux sociaux, les mails. Les compagnes sont multilingues. AllOut.org a été créé à New York en janvier 2011, grâce à la fondation Purpose, qui met en relation les publicitaires et les associations, dans le but de monter du marketing humanitaire.

    AllOut.org peut se prévaloir d’ores et déjà d’une grande efficacité. En moins d’un an, l'organisation a empêché l’expulsion d’une demandeuse d’asile ougandaise lesbienne au Royaume-Uni. Brenda Namigadde risquait la prison dès son retour au pays. Le ministre britannique de l’Immigration a reçu en trois jours 57 000 lettres de soutien, à la suite de quoi il a annulé la procédure de l’expulsion. L’action des internautes a contribué à l’annulation en Ouganda d’un projet de loi rétablissant la peine de mort pour les homosexuels.

    Tous avec Alice

    Alice N'kom, avocate défendant les droits des homosexuels au Cameroun. AllOut.org

    Le cas camerounais reste le porte-étendard du site. AllOut.org a décidé d’épauler l’action d’Alice N’kom, l'une des rares avocates à accepter de défendre les droits des homosexuels, victimes de violentes répressions en Ouganda. Cette femme de 66 ans lance un appel contre le régime de Paul Biya, déjà épinglé par les ONG tels Human Rights Watch et Amnesty International pour l’intolérence envers les minorités sexuelles. En six mois, dix hommes homosexuels ont été arrêtés à leur domicile ou dans des lieux publics et jetés en prison au seul motif de leur orientation sexuelle. L’un d’entre eux a été condamné à trois ans de prison seulement parce qu’il a déclaré son amour à un autre homme au moyen d'un texto. 61 178 personnes s’indignent en ligne contre cette action et réclament leur libération. Alice N’kom leur a répondu le 10 octobre : « Votre soutien a eu des conséquences immédiates. Je sais que ce sujet est maintenant suivi de près au plus haut niveau du gouvernement : le ministère de la Justice sait que le monde entier les regarde et que la réputation du Cameroun est en jeu. »

    Une ombre au tableau : l’échec en France

    AllOut.org, a su tisser des réseaux très performants et arrive à toucher les décisionnaires mais son action essuie parfois des échecs. La loi votée le 28 octobre à l’Assemblée nationale concernant le Plan de financement de la sécurité sociale, et plus particulièrement le droit à la pension de réversion, en est un bon exemple. L’enjeu était d’obtenir le droit de pouvoir toucher une partie de la retraite de son partenaire si celui-ci meurt, mesure qui s’applique uniquement pour l’instant aux couples hétérosexuels. AllOut.org a certes obtenu le soutien du défenseur des droits Dominique Baudis et 17 000 signatures. Mais l’amendement déposé par les socialistes a été rejeté le 29 octobre 2011.

    Pour AllOut.org, ce n’est qu’une bataille de perdue. Le mouvement planche déjà sur d’autres dossiers : les propos homophobes de la sélectionneuse de football au Nigeria et l’utilisation abusive de PayPal, cette forme de paiement en ligne par des groupements homophobes.

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