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    Facebook, plus assez cool?

    media Le créateur et PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a vu l'image de son site se dégrader depuis son entrée en bourse. Reuters

    Malgré des chiffres de fréquentation toujours en hausse, de nombreux experts s’interrogent : Facebook deviendrait-il ringard ? L’image du site de Mark Zuckerberg s’est récemment dégradée, au point d’entraîner une certaine désaffection chez les jeunes et les « branchés » qui avaient fait son succès. Signes avant-coureurs d’un exode vers la concurrence ?

    Un article publié dans le New York Times ce matin revient sur le succès de l’application web Unbaby.me, qui permet de remplacer toutes les photos de bébés sur sa timeline Facebook par des clichés de chats, de paysages ou même de bacon, selon ses préférences. Les créateurs de ce gadget ont voulu « libérer » les utilisateurs du réseau social, excédés par les dizaines de photos de nourrisson qui envahissent chaque jour leur espace Facebook. Une pratique devenue commune chez les jeunes parents, fiers d’exposer à leur cercle d’amis la moindre étape dans l’éveil de leur progéniture. Un signe comme un autre du changement de public de Facebook – toujours plus familial et de moins en moins « cool », et qui n’est pas sans conséquence pour le site de Mark Zuckerberg.

    Le rachat d’Instagram : une tentative de rester dans le coup ?

    L’acquisition d’Instagram, un site qui permet de partager des photos prises avec son téléphone portable dans un style rétro, par Facebook en avril dernier pour la somme d’un milliard de dollars a été perçu comme un aveu de « ringardise » par de nombreux spécialistes en nouvelles technologies. A l’époque, Instagram était la toute dernière mode chez les jeunes urbains avides de nouvelles technologies.

    Premier site de partage de photos sur le Web, Facebook a préféré casser sa tirelire que de se faire dépasser sur ce terrain par la start-up fondée en 2010, avant que le site ne devienne grand public. Ce qu’il est désormais : l’esthétique Instagram est partout et le site comptait 80 millions d’utilisateurs au 1er août 2012, soit deux fois plus que lors de son rachat.

    Conséquence de ce rattachement à Facebook, de nombreux fans d’Instagram ont préféré se désinscrire et supprimer leurs photos que de les voir récupérées par Facebook. Selon John D. Sutter, spécialiste en nouvelle technologie pour CNN, cette réaction témoigne d’un changement de la perception de Facebook, de plus en plus vue comme une grosse machine à collecter les données personnelles pour les revendre aux plus offrants.

    Près d’un quart des utilisateurs de Facebook aux Etats-Unis ont entre 50 et 64 ans

    Ce rejet de Facebook par les « branchés » appelés « early adopters » par les experts en marketing, s’est accru ces dernières années. Problématique pour le site, car ce type d’utilisateurs anticipe bien souvent les tendances à venir.

    Dès 2009, le magazine professionnel AdWeek, destiné aux publicitaires, se demandait déjà « Est-ce que Facebook est devenu le contraire du cool pour les 18-24 ans ? » Un an plus tard, aux Etats-Unis, de nombreux articles étaient consacrés aux jeunes fuyant le site de Mark Zuckerberg avec l’arrivée de leurs parents et grands-parents sur Facebook. Aujourd’hui, 17% de ses utilisateurs ont plus de 45 ans en France, et aux Etats-Unis, presque un quart des utilisateurs a entre 50 et 64 ans.

    Les pionniers de Facebook, qui étaient lors de son lancement en 2004 exclusivement des étudiants des plus grandes universités américaines, sont aujourd’hui devenus de jeunes parents, beaucoup moins dans le coup que ce qu’ils étaient alors. Pour preuve, c’est souvent eux qui postent ces photos de bébés qui énervent tant…

    La fuite des ados

    Avec quelques années de décalage, le phénomène arrive en France. Il y a quelques semaines, Le Figaro titrait : « Les adolescents français migrent vers Twitter  ». Selon le quotidien, chez les 15-24 ans, près d'un jeune sur cinq préfère aujourd’hui Twitter à Facebook.

    Raisons invoquées par les ados pour déserter le site : la présence des parents dans un espace qu’ils pensaient leur être réservé (aux Etats-Unis, une étude de l’institut Nielsen a révélé que trois mères sur quatre consultent régulièrement Facebook) mais aussi la pression du regard des autres, l’obligation de maintenir une image attrayante à tout moment sur un site où il est impossible de se cacher derrière un pseudonyme et très difficile de supprimer son profil. De plus, les jeunes sont aujourd’hui plus sensibilisés aux effets néfastes que peut avoir leur comportement en ligne sur leur vie réelle. « Il semble que Facebook se soit ringardisé », conclut le psychanalyste Boris Guimpel, spécialiste des réseaux sociaux, dans l’article du Figaro.

    Une image écornée par son entrée en bourse

    L’entrée en bourse désastreuse de Facebook en mai 2012 n’a rien fait pour améliorer ce déficit d’image. Comme les nombreuses controverses au sujet de la monétisation des données personnelles des utilisateurs pour rentabiliser la création de Mark Zuckerberg. Le créateur du site est passé dans l’imaginaire collectif du statut de gentil « geek », cherchant à nous connecter à nos amis, à celui de milliardaire aux dents longues exploitant notre vie privée.

    Dans les pays occidentaux, le site frise la saturation du nombre d’abonnés âgés de 15 à 35 ans. La plus forte croissance de Facebook se fait dans les pays émergents comme le Brésil ou l’Inde, pays moins intéressants pour les annonceurs. C’est en ce sens que les prémices d’un désamour entre le site et les jeunes Occidentaux pourraient être extrêmement néfastes au site de Mark Zuckerberg. Comme le rappelle le Los Angeles Times à ce sujet, les ados sont des consommateurs très volatils, qui ont le pouvoir de faire et défaire le succès des sites web comme ce fut le cas pour le chat MSN ou l’ancêtre de Facebook, Myspace, aujourd’hui exsangue faute d’utilisateurs.

    Pour l’heure, le groupe se refuse de commenter une quelconque tendance négative, préférant mettre en avant des statistiques toujours aussi impressionnantes : 955  millions d’utilisateurs actifs (c'est-à-dire qui se connectent au moins une fois par mois), 26 millions en France et 300 millions de photos téléchargées par jour. Cependant, Twitter comble son retard à vitesse grand V, atteignant le cap du demi-milliard d’inscrit à la mi-2012 ( + 35% en six mois et quasiment le double de l’année dernière). Pour un jour dépasser Facebook ?

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