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    Général

    La deuxième vie du Mouvement des non-alignés

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    Le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du Mouvement des non-alignés (MNA) s’est ouvert à Téhéran, en Iran, ce jeudi 30 août. L'idée du non-alignement remonte à la fameuse conférence de Bandung, en Indonésie, en 1955. Elle réunissait les nouveaux pays indépendants d’Asie et d’Afrique, avec des figures comme l'Egyptien Nasser et l'Indien Nehru. Et ce message: lutter contre le colonialisme et faire en sorte que les nouveaux pays indépendants du tiers-monde se tiennent à égale distance des acteurs de la Guerre froide qu’étaient les Etats-Unis et l’Union soviétique. Avec la chute de l’URSS, le mouvement a perdu l’une de ses raisons d’être, mais il suscite actuellement un regain d’intérêt.
     

    Le Mouvement des non-alignés exprime la volonté d’un grand nombre de pays de garder ses distance vis-à-vis de l’Ouest.
    Zaki Laidi, enseignant à l’Institut d’études politiques de Paris

    Avec la disparition de l'Union soviétique, et donc la fin de la Guerre froide, le Mouvement des non-alignés (MNA) a perdu de sa pertinence. Mais les grandes heures du mouvement étaient en fait déjà révolues.

    Ces grandes heures, c'était les années 60 et 70, avec la création du groupe des 77 aux Nations unies ou la revendication, en 1973, lors du sommet d’Alger, d'un nouvel ordre économique international, portée aux Nations unies l’année suivante. Autant de combats pour faire entendre la voix du tiers-monde sur la scène internationale.

    Mais le mouvement était aussi profondément divisé, en grande partie du fait de l'allégeance de beaucoup de ses membres à l'une ou l'autre des deux grandes puissances. Au reste, ses revendications pour un nouvel ordre économique sont largement restées lettre morte, tandis que la crise s'amplifiait dans les années 80. Et puis donc est venue la chute de l'URSS.

    Pourtant, le Mouvement des non-alliés -en tous cas certaines de ses idées- suscite un regain d'intérêt. Les années 90 et le début des années 2000 ont vu le renouveau de concepts que ces fondateurs défendaient. L'altermondialisme, par exemple, qui prône un rééquilibrage des relations économiques entre pays riches et pauvres, est l'enfant du tiers-mondisme.

    En outre, les pays émergents pèsent de plus en plus sur la scène mondiale. La Chine bien sûr, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud et beaucoup d’autres ébranlent sérieusement les Etats-Unis et les autres Etats occidentaux. Ces nations du sud réussissent petit à petit, là où les dirigeants du tiers-monde avaient échoué dans les années 60 et 70.

    « Le Mouvement des non-alignés conserve une signification politique en ce qu’il exprime la volonté d’un grand nombre de pays de garder ses distance vis-à-vis de l’Ouest, analyse Zaki Laidi, enseignant à l’Institut d’études politiques de Paris. Prenez le cas de l’Inde qui a de bons rapports avec les Etats-Unis mais qui, en même temps, veut montrer qu’elle garde sa marge de manœuvre et d’appréciation. C’est un élément fondamental que vous trouvez aussi chez les Brésiliens [NDRL : qui ont un statut d’observateur au sein du Mouvement des non-alignés]. Le non-alignement aujourd’hui, c’est ne pas s’aligner complètement sur l’Occident, au moment où, d’ailleurs, on s’intègre de plus en plus dans l’économie mondiale. Plus vous vous intégrez dans la mondialisation, à l’économie capitaliste, plus vous vous dites : dans ce monde quelle marge de manœuvre et d’appréciation personnelle je garde. »

    Les pays émergents font entendre leur voix

    Il reste à savoir si c’est au sein du Mouvement des non-alignés qu'ils peuvent faire entendre leur voix. Il existe aujourd’hui d’autres instances à travers lesquelles ils peuvent s’imposer. A commencer par le G20 qui regroupe les vieilles nations riches et les pays émergents comme l'Inde, la Chine, la Corée du Sud, le Brésil, le Mexique ou l'Afrique du Sud. Un forum aujourd’hui incontournable.

    Il y a également le groupe informel des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), ou encore le Groupe de Shanghai, qui réunit la Chine, la Russie et les pays d'Asie centrale producteurs de pétrole ou de gaz.

    Pour autant, certains pays, comme l’Iran ou le Venezuela d’Hugo Chavez, veulent voir dans le Mouvement des non-alignés une organisation destinée à contrer la domination occidentale, sous-entendue américaine… « Ce qui est important c’est la proclamation du respect de la souveraineté nationale économique et politique. Et la non-reconnaissance du droit de certains pays à s’autoproclamer communauté internationale, je parle de l’ambassadeur des Etats-Unis suivi dans les minutes qui suivent par les ambassadeurs des pays européens et avec deux ou trois acolytes comme les ‘grandes démocraties’ l’Arabie Saoudite et le Qatar », martèle l’Egyptien Samir Amin, figure de la mouvance tiers-mondiste et anticapitaliste depuis les années 60.

    En réalité, la composition du Mouvement des non-alignés est très diverse. Des pays comme l'Inde ou l'Afrique du Sud, acteurs clé du mouvement, y voient une manière de montrer leur indépendance, mais tout en entretenant de bonnes relations avec Washington. En sont membres aussi des Etats arabes, notamment des monarchies du golfe, qui sont clairement des alliés des Etats-Unis, en particulier dans la crise syrienne. Sans oublier les pays asiatiques, dont beaucoup font les yeux doux à Washington car il cherchent à prendre leurs distances avec la Chine.

    Le géopolitologue Yves Lacoste pense même que c'est plutôt Pékin qui devrait être la cible des non-alignés : « C’est la Chine qui apparaît maintenant comme la prochaine ‘super-super puissance’. Si vous regardez le sud de l’Asie –lndonésie, l’Inde, le Vietnam et si vous remontez un peu avec les Philippines et le Japon –, l’inquiétude à l’heure actuelle est à l’encontre de cette projection de puissance de la Chine sur ce qui est appelé dans la phraséologie chinoise la mer de Chine du Sud. Et ils entendent bien se projeter jusqu’au sud de cette mer. »

    L’Iran cherche à rompre son isolement

    Cela dit, ce sommet se tient en Iran, pays isolé internationalement en raison de son programme nucléaire, et en pleine guerre civile en Syrie. Sur l'isolement de l'Iran à propos du nucléaire, il est clair que Téhéran veut utiliser ce sommet pour rompre son isolement international. Une centaine de délégations sont présentes, ainsi qu'une trentaine de chefs d'Etats et de gouvernements. Le secrétaire général des Nations unies fait aussi le déplacement. En ce qui concerne Ban Ki-moon, même si les Etats-Unis et Israël ont tenté de le convaincre de ne pas se rendre en Iran, sa venue n'a rien d'exceptionnel. Les secrétaires généraux des Nations unies sont toujours invités à ces sommets. Et son entourage explique qu'il se devait d'être là pour démontrer sa neutralité.

    Pour Zaiki Laidi, il faut relativiser les bénéfices que l’Iran peut tirer ce sommet : « Au lendemain du sommet, nous allons retrouver une même réalité, c'est-à-dire celle d’un pays comme l’Iran, qui, quoi qu’on en dise, est dans une situation très difficile et vit dans une peur panique de perdre la Syrie et de subir une attaque militaire. Il ne faut se faire aucune illusion, ce n’est absolument pas une conférence comme ça qui va modifier la nature du rapport de forces, d’autant qu’il y a quand même la grande majorité des pays arabes qui ne sont pas du côté de l’Iran dans la question syrienne »

    Le dossier ne peut toutefois pas être éludée lors de ce sommet. Le président égyptien Mohamed Morsi qui prône un dialogue incluant l'Iran, l'Arabie Saoudite, l'Egypte et la Turquie, est au nombre des participants. Cette présence est un événement en soi, puisque c’est le premier voyage d’un président égyptien à Téhéran depuis la rupture des relations diplomatiques entre le deux pays en 1979. Le régime de Bachar el Assad est également représenté, de même que les pays du Golfe qui lui sont hostiles.

    Ce sommet des chefs d'Etat et de gouvernement se termine vendredi 31 août. Et après l'Egypte, c'est l'Iran qui a assurera la présidence du mouvement, pendant trois ans, jusqu'au prochain sommet.

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