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    A l’ONU, plus de paroles que d’actes en faveur des migrants et des réfugiés

    media Les restes carbonisés des tentes et srtuctures du camp de rétention de Moria, sur l'île de Lesbos en Grèce. Le site a brûlé dans la nuit, peut-être en raison des tensions régnant dans le camp surpeuplé. REUTERS/Giorgos Moutafis

    Ban Ki-moon a réuni lundi 19 septembre le premier sommet consacré à la situation des migrants et des réfugiés dans le monde. Sans grand résultat. Le secrétaire général des Nations unies espérait que les pays s’engagent d’accueillir 10% des réfugiés chaque année, mais les participants ont repoussé toute décision à 2018. Aujourd’hui le président américain se saisit à son tour du dossier : Barack Obama invite une quarantaine de pays donateurs à faire davantage pour l’accueil des réfugiés. Les Etats-Unis se sont eux-mêmes engagés à recevoir 110.000 personnes l’an prochain. Mais les organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme constatent que les Etats organisent davantage le refus et le rejet que l’accueil.

    Les chiffres sont éloquents : il y a 65 millions de déplacés dans le monde, parmi eux 21 millions de personnes ont le statut de réfugiés. Sur ces 21 millions de réfugiés, dont la moitié sont des enfants, les pays du nord accueillent 3 millions de personnes. A l’Onu, les Etats promettent de d’améliorer le sort des exilés, mais dans les actes il en va autrement explique Jean-François Dubost, responsable du programme « personnes déracinées » à Amnesty International. « Là où il faudrait dire nous accueillons, les politiques disent nous repoussons, nous dissuadons, se désole Jean-François Dubost. Pour cela il existe de nombreux moyens, parfois violents tel des barrières érigées, des tirs à balles réelles sur des réfugiés, des tirs à gaz lacrymogènes sur des personnes qui nagent difficilement en Espagne, les systèmes inhumains mis en place par l’Australie, etc ».

    En Europe, l’accord très décrié conclu entre Bruxelles et Ankara a bloqué les migrants - principalement syriens et afghans – en Turquie, de l’autre côté de la mer Egée, mais il a également pour conséquence une sorte de « délocalisation » au sein même de l’Europe, poursuit Jean-François Dubost, et notamment en Grèce : « Amnesty considère que le pays est devenu une sorte de camp de réfugiés européen. Les autres Etats s’abstiennent leur de venir en aide aux réfugiés, qui y sont hébergés parfois dans des conditions indignes, qui s’apparentent à de la détention. Le principe aujourd’hui qui est appliqué par les Etats, que ce soit au niveau mondial ou au niveau européen, c’est : pas de solidarité, pas de coordination ».

    Des réfugiés et des migrants traversent la mer Égée entre la Turquie et l’île grecque de Lesbos. 28 septembre 2015. © Aris Messinis / AFP

    Les structures d’accueil temporaires du pays abritent en effet 49 000 migrants et demandeurs d’asile. En 2015 l’Union européenne s’était engagée à relocaliser 160 000 personnes depuis la Grèce et l’Italie. En juin dernier, selon la Commission, seules 2 280 avaient pu quitter ces pays pour une autre destination au sein de l’UE. Le peu d’empressement des Etats à ouvrir leurs portes conduit-il à une externalisation de l’accueil ? Le secrétaire général de la Fédération de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, El Hadj As Sy, dénonce les blocages et réfute le terme lui-même. « C’est un discours qu’il faut contrer, il ne s’agit pas 'd’externaliser' quelque accueil que ce soit. Et la plupart des pays qui aujourd’hui parlent de limitation ou d’externalisation ont connu dans leur passé une situation où ils ont eux-mêmes eu besoin de cet accueil. Donc c’est un grand paradoxe de voir un pays comme la Hongrie à la tête des durs dans ce domaine, alors que le pays a bénéficié du soutien des organisations humanitaires il n’y a pas si longtemps, quand des réfugiés hongrois ont été accueillis un peu partout dans le monde ». Entre 1956 et 1957, près de 200.000 Hongrois avait fui la répression après l’échec d’une révolte contre le gouvernement communiste.

    Aider les pays limitrophes

    Des migrants traversent la frontière entre la Hongrie et la Serbie en passant sous des barbelés. (photo d'archive) REUTERS/Bernadett Szabo/File photo

    Beaucoup de Hongrois s’étaient retrouvés dans des camps installés en Autriche, avant d’être accueillis par de nombreux pays. En Europe, ce sont l’Allemagne et le Royaume Uni qui avaient ouvert leurs portes le plus largement. Les pays limitrophes des zones de crise et de conflit sont en toujours en première ligne pour faire face à l’afflux de réfugiés. Aujourd’hui, huit Etats seulement accueillent plus de la moitié des réfugiés de la planète : le Liban, la Jordanie, la Turquie, l’Iran, le Kenya, l’Ethiopie, le Pakistan et l’Ouganda.

    « Ces pays ont besoin d’aide financière, mais ce n’est pas suffisant, souligne Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l'OCDE. Il faut une gestion coordonnée du problème et en particulier, sur une meilleure utilisation des routes migratoires légales existantes – visas de travail, pour raisons familiales, pour études. Cela permet de compléter les programmes de réinstallations du HCR, qui s’adressent aux personnes vulnérables. Et c’est une autre façon d’aider ces pays ».

    Coopération et accueil : ces mots reviennent sans cesse chez les humanitaires et chez les spécialistes. Le besoin d’une aide coordonnée est d’autant plus urgent que les mouvements de population, dans toute leur diversité, vont durer.

    « Tout d’abord, il n’y a pas que les mouvements sud-nord, explique Jean-Christophe Dumont. Nous-mêmes, on le voit au sein de l'Union européenne, nous sommes beaucoup plus mobiles qu'avant. La migration est là, elle fait partie de nos sociétés, il faut la voir comme un des éléments de notre réalité économique et sociale qui est amené à perdurer. Ensuite, il y a les flux qui sont le fait de conflits, de désastres écologiques. Si nous améliorons la prévention – et c’est une nécessité – il faut espérer qu’ils diminuent, mais nous devons nous préparer à ce que d’autres crises surgissent. L’un des enjeux des discussions actuelles c'est donc d'être mieux préparés à ces chocs qui entraînent des mouvements de populations. Cette question-là se pose à nous pour plusieurs décennies, et plus encore ».

    Il était donc temps que les Nations unies placent le sujet en tête d’agenda. Lundi, Zeid Ra’ad al-Hussein, haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, dénonçait les « sectaires et les escrocs » qui refusent « de partager les responsabilités ». Le Premier ministre grec lançait lui un autre cri d’alarme : ne pas résoudre cette crise migratoire « encouragerait les forces nationalistes et xénophobes à relever la tête pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale ».

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