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    Culture

    Journalistes et crise des migrants : comment raconter autrement ?

    media Princesse Lorita Simbou Kombila, Habib Faye, Grace Mougnala Leckaba à Thiaroye-sur-Mer, dans la banlieue de Dakar. Patricia Blettery/RFI

    Tout a déjà été dit des espoirs, des échecs, des peurs, des agitations politiques autour de la crise des migrants. Les étudiants en journalisme de l'école E-jicom de Dakar, formés par l'équipe d'Ecouter le monde de RFI, ont choisi une autre écriture, faite uniquement de sons, témoignages parlés ou ambiances pures comme ces chants de pêcheurs qui disent à la fois la difficulté de rester, la difficulté de partir, l'effroi, la pression sociale et les blessures, mais aussi la dignité.

    Ils quittent le Sénégal par la mer ou par voie terrestre. Certains choisissent la voie clandestine, d'autres attendent une opportunité plus réglementaire. Ces passages vers un eldorado européen sont devenus un gros business. Les journalistes de l'E-jicom sont partis à la rencontre des candidats au départ, sur le terrain en se rendant à la gare routière des Baux-Maraichers de Pikine, dans la banlieue dakaroise. A Thiaroye-sur-mer, les volontaires choisissent la clandestinité. Ils partent sur des pirogues. La commune a perdu 374 jeunes, âgés de 14 à 34 ans, en 11 ans. Un chiffre qui sonne comme un raz-de-marée et qui a laissé des blessures énormes...

    Les questions soulevées par les étudiants sénégalais sont nombreuses. Pourquoi choisir de partir ? Les retombées économiques sont-elles réelles ? Comment financer un tel voyage ? Comment la famille perçoit-elle celui qui échoue ? Celui qui ne veut pas tenter le voyage ? Quelle vie après tous ces morts ? Munis d'enregistreurs, les oreilles grandes ouvertes, les journalistes de l'E-jicom ont tenté de comprendre en tendant le micro.

    Laisser parler les sons

    Pape Ibou Diagne veut témoigner. Il est comédien dans une compagnie théâtrale Arcots/Banlieue, et aussi pêcheur. Il a tenté trois fois la traversée. Il a échoué. A l'écart, sur une pirogue, comme pour mieux convoquer les images qui ne le quittent plus, il raconte. Il dit la peur, les morts, les corps jetés à la mer, l'échec, l'envie irraisonnée de retenter, si « Dieu le veut », le périlleux voyage, puis la résignation... ou la sagesse, selon le point de vue. Les mots viennent en wolof. Mais il a conscience que son témoignage est de ceux qui comptent vraiment. Alors, à tâtons, il s'exprime en français. Sa voix est éraillée, abîmée, tout comme lui. 

    Dans le village de pêcheurs de Pape, les sons se bousculent comme autant de couleurs pour comprendre ce Géricault d'un autre temps : les chants des pêcheurs entonnés pour se donner du courage et relever les filets de pêche, les cris des enfants qui jouent sur la plage et donnent déjà un coup de main au travail des hommes, les discussions des mamans face à la mer, inquiètes mais tentées par cet ailleurs dont elles ont tant entendu parler. Qui sait, leurs fils auront peut-être un destin là-bas ?

    Antoine Sarra, Charlie Kouagou et Cheick Omar Bandaogo, élèves de l'E-Jicom. Patricia Blettery/RFI

    A la gare routière des Baux-maraîchers de Dakar, c'est un tout autre univers que les étudiants doivent appréhender. Bruits des cars qui partent pour le Mali, la Guinée, ou tout autre pays d'Afrique de l'Ouest ; klaxons, voyageurs pressés, mendiants qui tapent sur des boîtes de conserve, cris des rabatteurs... Le son doit être signifiant et éclairer le sujet.

    Le son comme source d’information

    Travailler la matière sonore brute, expérimenter une autre façon de transmettre l'information, aborder des questions de société en dehors des formes classiques du journalisme, telle est l'expérience proposée par Monica Fantini et son projet Ecouter le monde. L’école E-Jicom de Dakar a tout de suite répondu présente. Elle porte un intérêt particulier aux démarches expérimentales et souhaite développer l’apprentissage de l’écriture sonore dans l’enseignement du journalisme. Hamadou Tidiane Si, son directeur, est convaincu du pouvoir des sons, convaincu qu’ils sont insuffisamment utilisés dans le traitement de l’actualité. Certes, la parole est très fréquemment donnée aux experts, aux hommes politiques, aux témoins. Le monde, comme il va, a une incidence sonore. Parfois ces sons nous charment, nous heurtent, nous captivent ou nous déplaisent. Dans tous les cas, ils sont là et n'attendent qu'une oreille attentive.

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