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    Culture

    Ramón Chao, ancien journaliste à RFI, nous a quittés

    media Ramón Chao à París en 2009. ©Sebastien Bonijol/RFI

    L’écrivain et journaliste Ramón Chao est décédé à Barcelone à l'âge de 82 ans. Au début des années 1980, Ramón Chao avait dirigé la rédaction Amérique latine à sa création à Radio France internationale. Il est l’auteur de plusieurs romans et essais consacrés à la Galice, sa région natale, à l’histoire de l’Espagne ou encore à la littérature.

    Galicien, Espagnol, citoyen du monde, Ramón Chao était comme beaucoup de ses compatriotes, un voyageur. Si, à la différence de beaucoup de migrants galiciens dans les années 1950, lui avait choisi de poser ses valises à Paris, il avait gardé comme eux un attachement particulier à sa terre natale qui lui avait inspiré plusieurs ouvrages comme Prisciliano de Compostela, consacré aux origines du célèbre pèlerinage de Compostelle ou encore L’Odyssée du Winnipeg qui raconte d’une plume alerte l’épopée de ces exilés qui ont fui, en 1939, l’Espagne franquiste à la recherche de cieux plus cléments au Chili. Un récit inspiré de l’histoire vraie de ce navire qui, armé par l’écrivain Pablo Neruda qui fut consul du Chili, embarqua vers le port de Valparaiso au Chili quelque 2 500 réfugiés espagnols.

    Ramón Chao fut de longues années le rédacteur en chef de la rédaction Amérique latine de RFI. Écrivain et passionné de littérature, même si sa formation originelle était la musique (il le racontait dans Le Lac de Côme), il a créé, en 1984, le prix littéraire Juan Rulfo, en collaboration avec deux vénérables institutions latino-américaines de Paris : la Maison de l’Amérique latine et l’Institut du Mexique. Pour RFI, il a interviewé – parfois avec son ami Ignacio Ramonet – des grandes figures de la culture latino-américaine et espagnole : Miguel Angel Asturias, Jorge Luis Borges, Julio Cortázar, Pablo Neruda, Carlos Saura... Cette série d’entretiens, « Esbozos », était distribuée aux centres culturels français à l’étranger.

    Ce qui est le plus important pour moi, c'est la musique. J'étais pianiste...Et la musique, la composition est restée ancrée et j'écris, un article ou un roman, avec les chemins musicaux de la sonate ou de la fugue...
    Ramón Chao parle de son amour de la musique 21/05/2018 - par Pierre-Edouard Deldique Écouter

    Ramón Chao avait transmis sa passion pour la musique et la radio à ses deux fils, Antoine et Manu, fondateurs du groupe de rock alternatif La Mano Negra, groupe phare des années 1980, début des années 1990. Ramón les avait accompagnés à l’occasion d’une mémorable tournée en Colombie qui nourrira un livre, encore un : Un train de glace et de feu (1994). Ses collègues de RFI se souviennent d’ailleurs avec émotion du sens de la fête de Ramón Chao et des chaleureuses soirées au Balajo, célèbre établissement parisien !

    Manu mélange tout, les genres, les influences...Ma voix apparaît dans tous ses disques...C'est un clin d’œil qu'il me fait !
    Ramon Chao évoque le travail de son fils, Manu Chao dans Une semaine en France, en 2002 22/05/2018 - par Pierre-Edouard Deldique Écouter

     

    Ramón Chao (deuxième en bas à partir de la gauche)et d'autres journalistes de la rédaction Amérique latine, en 1982. RFI

    Ramón Chao, un «grand admirateur du réalisme magique cher à la littérature latino-américaine...»

    C’est avec beaucoup de peine que RFI a appris le décès de Ramón Chao, son collaborateur pendant près de 40 ans. Il s’est éteint à Barcelone dans la nuit de dimanche à lundi 21 mai, à l’âge de 82 ans. Journaliste, mais aussi écrivain et pianiste, il a marqué l’histoire des émissions en espagnol de RFI.

    Jeune exilé galicien, Ramón Chao avait vite délaissé le piano et un destin de séminariste pour s’installer à Paris en 1956. Ses débuts au micro de l’ancêtre de RFI, en l’occurrence RTF 8, remontent à mai 1960. Il côtoie à l’époque un certain Mario Vargas Llosa, qui n’était pas encore le brillant écrivain péruvien prix Nobel de Littérature, et d’autres hommes de lettres comme l’écrivain uruguayen Mario Benedetti ou le Cubain Severo Sarduy. Avec eux, il participe à l’enregistrement d’émissions culturelles ou scientifiques distribuées en Amérique latine par les services culturels des ambassades de France. Mais il travaille également à côté des voix célèbres qui animent la très populaire Radio Paris, dont les émissions cherchent à briser la censure du régime franquiste : Julian Antonio Ramirez, Adelita del Campo, Salvador Bacarisse, Francisco Diaz Roncero…

    C’est sous la direction de Ramón Chao que le service en espagnol s’installe à la toute nouvelle Maison de la Radio, avenue du Président Kennedy, inaugurée par Charles de Gaulle en 1964. Il connaîtra divers soubresauts, entre plans d’économie, aléas politiques, puis la mort de Franco en 1975, et la réduction des productions en langues étrangères…

    Mais en 1982, Ramón Chao se voit confier par Hervé Bourges, directeur d’une renaissante Radio France Internationale, la mise sur pied de programmes en espagnol pour l’Amérique Latine, alors soumise dans la plupart des pays à de terribles dictatures…

    Une mission qu’il accomplit comme toujours avec beaucoup d’audace, recherchant en permanence de jeunes talents et ouvrant le suivi de l’actualité aux voix issues de la culture. Ses interviews des grands écrivains de langue espagnole, sous la rubrique « Esbozos », en témoignent. Il crée également un concours de nouvelles en langues espagnoles sous le nom de prix Juan Rulfo, en hommage au maître absolu (mexicain) de ce genre littéraire. Ce prix restera un formidable tremplin pour de jeunes écrivains jusqu’à sa disparition de 2011.

    Écrivain, il se fit remarquer avec son roman Le Lac de Côme et par des ouvrages d’entretiens avec des écrivains tels que le Cubain Alejo Carpentier ou l’Uruguayen Juan Carlos Onetti. Ses dernières années, après son départ de RFI, ont été particulièrement prolifiques, avec notamment son Guide du Paris rebelle écrit avec son ami journaliste Ignacio Ramón et.

    Avec ses enfants Manu, devenu célèbre avec son groupe Mano Negra, et Antoine, qui suivra comme son père une carrière à la radio, il a également écrit Un train de glace de et de feu, le récit d’un incroyable voyage en Colombie dans un train qui transporte des musiciens, des saltimbanques et toute sorte d’artistes qui se produisent gratuitement dans les villages qu’il traversent dans un pays en proie à la guerre et aux trafics en tous genres.

    Grand admirateur du réalisme magique cher à la littérature latino-américaine, Ramón Chao l’aura incarné à sa manière en vivant intensément son destin dans un Paris carrefour de la culture hispano-américaine…

    Texte d’Alejandro Valente, chef du service Sports de RFI, ancien chef de la rédaction Amérique latine, et proche de Ramón Chao.

    Ramón Chao et ses collègues de RFI. ©Jacqueline Papet/RFI

    Je n'ai jamais fait de la politique directement...Mais je m'arrangeais pour avoir les témoignages culturels de toute la dissidence galicienne...Et ça gênait énormément le gouvernement espagnol...
    Ramón Chao parle des émissions en galicien, au micro de Jacqueline Papet, en 2004 21/05/2018 - par RFI Écouter

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