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    Hebdo

    Les failles de l’aide au développement, en toute transparence

    media Le Niger est désormais concernés par cet effort de transparence matérialisé par le portail. Oxfam France

    Nouveau-né dans les outils de l’Aide publique au développement, le portail www.transparence-aide.gouv.fr permet à tout un chacun de prendre connaissance des projets de développement suivis par la France: par quel organisme et à quelle hauteur ces derniers sont financés. Un portail interactif qui permet en outre un « contrôle citoyen » sur le terrain. Cet effort de transparence est jugé louable pour les ONG, mais cache paradoxalement mal les manquements de la France dans les objectifs d’aide qu’elle s’était fixés en matière d’APD.

    La transparence est l’un des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) fixé par l’ONU et c’est dans ce cadre que le gouvernement français a voulu agir, en rompant avec l’opacité qui régnait jusqu’alors en matière d’Aide publique au développement (APD). C’est en tout cas comme cela qu’Annick Girardin, la secrétaire d’Etat pour le Développement a présenté, en ouverture du Forum mondial Convergences, le nouveau portail www.transparence-aide.gouv.fr. Certes, ce site ne couvre pas encore tous les projets subventionnés directement ou indirectement par les différents organismes français, mais l’effort est louable, et le résultat intéressant.

    Interactif, le portail permet par exemple d’accéder, en quelques clics, aux détails de financement d’un « point santé » à Tawcick, en Mauritanie - soit un peu plus 50 000 euros provenant du Service de coopération et d'action culturelle - ou d’autres projets, plus conséquents, comme l'aménagement du bassin versant de Badaguichiri, au Niger, financé lui à hauteur de 11 millions d’euros par l’Agence française de développement (AFD). Mais le site va plus loin en matière d'ouverture, avec un système d’interpellation par mail, qui permet de signaler toute anomalie aux responsables des projets. Ce « contrôle citoyen » au niveau local est ainsi destiné à éviter des dérives, des retards dans les projets, ou éventuellement des doublons de projets.

    Version bêta au Mali

    L’expérience a débuté au Mali en février. Pascal Canfin, prédécesseur d’Annick Giradin dans le gouvernement Ayrault, avait déjà présenté une version bêta de ce projet, pour des projets qui ne couvrent alors que le Mali. Là-bas, le système de contrôle citoyen fonctionne également par texto et par téléphone. C’est une « expérience pilote », explique-t-on au cabinet d’Annick Girardin. « Nous y avons mis dans un premier temps les plus gros projets, puis nous l’avons élargi. Géographiquement tout d’abord, et nous essayons de l’élargir également à différents types de projets, en descendant notamment en terme de montants par projet. »

    Trois nouveaux pays sont donc désormais concernés par cet effort de transparence : le Burkina Faso, le Niger, et la Mauritanie (les données concernant le Mali devant être prochainement intégrées). À terme, le portail portera sur les 16 « pays pauvres prioritaires » définis par le secrétariat d’Etat, tous situés sur le continent africain.

    Le portail du secrétariat d'Etat au développement devrait à terme porter sur les projets aidés dans les 16 «pays pauvres prioritaires» http://www.transparence-aide.gouv.fr/

    Open data

    Le portail séduit aussi partiellement les ONG de développement, comme Oxfam. « Le site met à disposition de tout le monde – y compris la société civile -, des informations qui sont réellement financées par le gouvernement français, explique Christian Reboul, chargé des questions d’aide au développement chez Oxfam France. Donc il y a un enjeu d’accessibilité des données, de valorisation de ce qui est fait. » En outre, les informations données sont « conformes au standard international IATI, en open data(données ouvertes), et les données peuvent ainsi être agrégées avec d’autres, provenant de bailleurs, ou de pays tiers ayant adopté le même standard ».

    Pour Christian Reboul, la transparence fait indéniablement partie des efforts demandés à la France en matière d’APD, et la mise en place de ce site va donc plutôt dans le bon sens, mais si « les autorités françaises sont assez promptes à communiquer sur ce nouvel outil, regrette-t-il, c’est aussi un moyen (…) de détourner l’attention sur leurs engagements en terme de crédits budgétaires. »

    L'APD en baisse de 10 %

    Comme la plupart des Etats de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la France s’est en effet engagée à porter l’APD à hauteur de 0,7 % de son Revenu national brut. Or, il n’était, en 2013, qu’à 0, 46 %. Pire, « l’aide française est en baisse de 10 % en 2013 par rapport à l’année précédente », s’alarme Chantal Verger, analyste des politiques de l’aide à l’OCDE. Selon elle, l’initiative du portail est également considérée comme un « mouvement positif qui va dans le sens de la transparence, ce qui fait partie des engagements pris par la France », et l’hexagone a en ce sens rattrapé son retard. « Mais il est clair qu’à l’OCDE, nous sommes très inquiets et très concernés par le fait qu’effectivement, l’aide française est en diminution (alors que) d’autres pays comme le Royaume-Uni, qui ont également traversé des crises, ont eux progressé, et atteint les objectifs qu’ils s’étaient fixés. »

    Le problème pour Chantal Verger est que d’une part « cela affecte la crédibilité de la France à l’international, et deuxièmement, surtout en ce qui concerne la composition de l’APD, la France a très peu de marges de manœuvre pour agir, en particulier dans les pays fragiles », où l’on a surtout besoin de dons directs, et non de prêts. Christian Reboul rejoint d’ailleurs cette position, et s’il attend la publication le 1er octobre du projet de loi de finances pour 2014, « on peut malheureusement s’attendre à ce que la dotation soit une nouvelle fois en baisse. »

    La transparence, « vecteur d’efficacité »

    Le fait que ces objectifs ne soient pas atteints n’est pas nié par le secrétariat d’Etat au développement. « Nous sommes dans un contexte difficile, et nous ne sommes pas exactement à la hauteur des engagements qui ont été pris dans le passé, reconnaît-on ainsi à la direction du cabinet d’Annick Girardin. Mais nous conservons cet objectif, même si on le décale, parce qu’on n’est pas en mesure de l’atteindre à l’instant présent. » L’enjeu du portail procède selon le secrétariat d’Etat d’une tout autre logique. « Vous avez la question du montant et des engagements d’un côté, et le volet de la transparence de l’autre (…) La transparence est aussi un vecteur d’efficacité, à savoir que ce que vous faites, vous êtes sûr que ça sert à quelque chose. Quand vous investissez un euro, là, au moins, vous savez à quoi il sert et de manière très claire. Et il est en outre critiquable. »

    Pour autant, ces gains en efficacité, si estimables soient-ils, ne peuvent pas compenser les pertes budgétaires. Pour Christian Reboul, d’Oxfam, « on en est vraiment au tout début du processus de transparence, et c’est aller trop vite que d’arriver à une telle conclusion. Ça participe à l’efficacité de l’aide, par la connaissance des projets. (…) Le contrôle citoyen, qui est un peu en train de se transformer en plateforme d’échange, peut également améliorer les projets. Maintenant, j’ai un peu l’impression que c’est encore assez marginal. »

    Un puits en Mauritanie. De nombreux projets de développement portent sur l'accès à l'eau et l'irrigation. Oxfam

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