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    Hebdo

    Le pharaonique projet d'aéroport de Mexico en images

    media Une photo de la maquette du projet retenu pour le nouvel aéroport international de Mexico. Fosters and Partners

    Le 3 septembre, en présence de ministres, du gouverneur de l'Etat et du maire de Mexico, le président Enrique Pena Nieto a annoncé que le projet des architectes Norman Foster et Fernando Romero avait été retenu pour la construction du futur aéroport international de la capitale. Il sera l'un des plus grands du monde. Le président espère le voir achevé avant 2018, un record de temps pour une telle réalisation. Mais voilà, il y a urgence.

    Ce sera certainement l’œuvre emblématique du gouvernement d’Enrique Pena Nieto. Elle se justifie par une situation d'urgence. L'actuel aéroport de Mexico, qui accueille 32 millions de passagers par an, est en effet totalement saturé ; un avion en décolle ou y atterrit toutes les 50 secondes, ce qui en fait un aéroport à très haut risque pour la sécurité. Le nouvel aéroport aura une capacité deux fois supérieure. Dans un premier temps, il pourra accueillir 60 millions de passagers.

    Cette décision va permettre de développer les échanges, le tourisme et le commerce. Mais il s’agit aussi d’un moteur du développement économique et social. Le coût est estimé à 120 milliards de pesos (environ 8 milliards d’euros). Sa construction et son fonctionnement devraient fournir, à moyen terme, environ 100 000 emplois.

    Les paysans de Texcoco, un obstacle

    Le projet n’est pas nouveau. Va-t-il vraiment se réaliser ? On avait déjà parlé de cette création sous les gouvernements de Vincente Fox puis de Felipe Calderon. Ils avaient finalement renoncé pour des problèmes sociaux et financiers. Comment ces derniers ont-ils été résolus ? En fait, cela fait cinquante ans que l'on parle d'éloigner l’aéroport de Mexico, actuellement situé au cœur de la ville.

    Un temps, un autre emplacement avait été envisagé à Tizayuca, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Il aurait offert une véritable décentralisation de tout le transport aérien de la capitale. Il aurait par ailleurs libéré les espaces de l’actuel aéroport pour créer de nouveaux quartiers et fournir une réserve foncière à la ville.

    Finalement, Enrique Pena Nieto a privilégié les 12 000 hectares de l’ancien lac de Texcoco, qui jouxte l’actuel aéroport. Ce n’est donc pas une bonne nouvelle pour les habitants de Mexico, qui vont avoir plus d'avions au-dessus de leur tête, subir une augmentation de la pollution atmosphérique, et plus de bruit. Et puis, il y aura certainement des problèmes sociaux, avec le refus des paysans de Texcoco de céder leurs terres. Ce sont eux qui avaient déjà fait capoter le projet d’aéroport du gouvernement de Vicente Fox.

    L'ombre de Carlos Slim sur le projet

    Enfin, il y a l'aspect financier ; 8 milliards d’euros, c’est une dépense colossale. Le gouvernement va-t-il la prendre en charge lui-même, à travers des prêts internationaux ? Non, il y aura une grande participation financière du secteur privé. La puissance publique va faire appel à de nombreuses entreprises, et ce nouvel aéroport va surtout surgir avec la contribution du milliardaire Carlos Slim. Car le projet retenu par le ministère des Transports n'est autre que celui de son gendre, Fernando Romero, associé à l’Anglais Norman Foster, prix Pritzker 1999, qui a construit l’aéroport de Hong Kong.

    Il est à parier que Carlos Slim, qui possède la plus grande compagnie de travaux publics du pays, aura une marge de manœuvre considérable à travers son gendre. Peu de groupes peuvent financer de tel projet. Or Carlos Slim a les moyens. C'est donc lui qui devrait être le grand gagnant de l'opération, puisque celui qui construit, c'est celui qui gagne le plus.

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