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    Hebdo

    Grace Mugabe : diamants, doctorat et disgrâce

    media Robert et Grace Mugabe assistent à Harare, le 12 août 2014, à un rassemblement à l'occasion de la journée dédiée aux forces armées. Reuters/Philimon Bulawayo

    Alors que la guerre pour sa succession fait rage dans son parti, Robert Mugabe, l’inamovible dirigeant nonagénaire du Zimbabwe, prépare le terrain pour que sa femme Grace puisse lui succéder à la tête du pays.

    La récente obtention d’un doctorat par celle-ci suffira-t-elle à asseoir sa crédibilité face aux poids lourds du parti présidentiel ?

    La première dame du Zimbabwe fait de nouveau parler d’elle. Après ses dispendieuses virées shopping à Londres, Paris ou Hong Kong, ses ventes illégales de diamants et ses acquisitions de fermes agricoles et d’entreprises nationales, elle a surpris son monde, cette fois, en obtenant un doctorat en philosophie. Elle faisait partie des 3 274 étudiants à qui son mari le président Robert Mugabe a remis leurs diplômes ce 12 septembre, en sa qualité de chancelier de l’université de Harare. Selon la presse locale, la thèse doctorale de la première dame portait sur les bouleversements sociaux et leur impact sur la structure familiale.

    La nouvelle de cet exploit a d’autant plus surpris que Grace Mugabe n’avait pas témoigné jusqu'ici de dispositions académiques particulières. Elle avait même dû abandonner il y a quelques années des cours par correspondance pour lesquels elle était inscrite à l’université de Londres, après avoir lamentablement échoué aux examens avec des notes très en dessous de la moyenne. Plus surprenant encore, elle aurait obtenu son doctorat en un temps record, ayant pris son inscription à l’université il n’y a que quelques mois. Pour nombre observateurs, ce doctorat s’inscrit dans le «plan com'» du camp Mugabe qui s’emploie à préparer les esprits pour la candidature de la première dame à la succession de son mari nonagénaire.

    La guerre pour la succession du « vieux lion » a bel et bien commencé au sein de l’Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (la ZANU-PF), parti au pouvoir à Harare. Cette guerre oppose deux factions, dirigées respectivement par la vice-présidente Joice Mujuru et le ministre de la Justice Emmerson Mnangawa. Les nouvelles ambitions politiques de la première dame qui a été nominée au mois d’août au poste de la secrétaire-générale de la puissante Ligue des femmes du parti, sont susceptibles de contrecarrer les projets politiques des prétendants, notamment ceux de la vice-présidente qui est selon l'ordre protocolaire deuxième dans la ligne de succession de Mugabe.

    La position de la vice-présidente s’est d’autant plus fragilisée ces derniers temps que la faction dirigée par son principal rival le ministre de la Justice vient de marquer des points en soutenant l'ascension politique de l'épouse du président. Personne ne doute que sa nomination comme future patronne de la Ligue des femmes soit entérinée par Mugabe lors du prochain congrès annuel du parti qui a traditionnellement lieu en décembre. Sa nomination confirmée, Grace Mugabe pourra siéger alors au politburo (comité central), la principale instance décisionnelle du parti.

    A 49 ans, portant fièrement ses dreadlocks, celle-ci est en train de s’imposer comme une des premières dames les plus influentes du continent noir. Le 15 août dernier, lors de la cérémonie de sa nomination dans sa ferme de Mazowe où 3 000 chefs de district de la Zanu-PF s’étaient donné rendez-vous, la future secrétaire-générale de la Ligue des femmes a expliqué que « le temps était venu pour (elle) de montrer au monde de quelle bois (elle se) chauffe ». « Je n’aurais jamais pu rêver qu’un jour je ferais partie de la vie politique de mon pays. Aujourd’hui, vous êtes tous venus me solliciter, et je suis prête à entrer dans l’arène. »

    « The first shopper »

    Née en Afrique du Sud de parents zimbabwéens, Grace était une jeune divorcée de 20 ans lorsqu’elle s’est fait recruter comme secrétaire à la présidence, à Harare. La jeune femme a tapé dans l’œil du vieux président. Sally, la première épouse de Mugabe, était encore en vie (elle souffrait d’un problème rénal et mourra en 1992) quand elle est devenue sa maîtresse. Elle lui donna deux enfants, avant de se marier avec lui en 1996. Ce fut un somptueux mariage avec 12 000 invités, dont les dirigeants de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC), alors même que le Zimbabwe s’appauvrissait et la population connaissait la pire des difficultés pour joindre les deux bouts.

    A Harare, Grace Mugabe contemple le monde du haut de la vitre arrière d'un bus. Photo du 17 septembre 2014. Reuters/Philimon Bulawayo

    Grace ne se contentera pas de jouer les potiches aux côtés de son mari, mais se servira de sa position privilégiée pour devenir une femme d’affaires richissime, accumulant résidences, propriétés et entreprises achetées pour une bouchée de pain. Selon ses adversaires qui l’ont surnommée « Disgrâce », elle possèderait en son nom 12 fermes dont la vaste « Iron Mask farm » (Ferme Masque de fer) à Mazowe où elle a fait construire une école moderne et un orphelinat.

    La presse locale a souvent pointé du doigt le goût pour le luxe de la première dame. Celle-ci a fait scandale en dépensant $120 000 (environ 93 500 euros) en emplettes lors d’une de ses virées dans les boutiques de luxe à Paris. Cela lui a valu dans les journaux de Harare, décidément créatifs, un autre surnom, celui de « The First shopper » ! A cause des sanctions imposées par les gouvernements occidentaux, Grace tout comme son époux ne peut plus aujourd’hui mettre le pied en Europe ou aux Etats-Unis. Elle est obligée d’aller faire ses courses à Hong Kong, mais là aussi, elle a fait couler beaucoup d'encre en boxant un photojournaliste britannique qui la suivait de trop près !

    Plus grave, les accusations selon lesquelles Grace Mugabe aurait empoché des millions de dollars suite à la vente illégale de diamants extraits de la mine de Marange, dans l’est du Zimbabwe. Cette affaire avait fait l’objet d’une note diplomatique américaine, divulguée par Wikileaks en 2010. L’affaire fera réagir l’accusée qui a poursuivi en diffamation l’hebdomadaire zimbabwéen The Standard pour avoir rapporté les révélations dans ses colonnes. Il faut dire à la décharge de Mme Mugabe que selon la note de l’ambassadeur elle n’était pas la seule à avoir bénéficié de l’extraction de « diamants sales ». Toute l’élite zimbabwéenne avait apparemment les mains sales, y compris la vice-présidente Joice Mujuru !

    Carrure

    C’est essentiellement pour protéger les intérêts financiers de sa famille après sa mort que Robert Mugabe tente aujourd’hui de propulser sa femme dans la vie politique. Après avoir été proches de la vice-présidente Mujuru dont ils ont facilité l’ascension, les Mugabe veulent aujourd’hui l’écarter. Selon des rumeurs, Mugabe voudrait faire nommer son épouse par le politburo à la vice-présidence du parti. Mais, à Harare, personne ne prend très sérieusement les chances de Grace de succéder un jour à son mari. Tant que Robert Mugabe sera en vie, explique Vince Musewe, un commentateur politique interrogé par le quotidien britannique The Guardian, « elle est intouchable. Mais au moment où il meurt, la seconde d'après elle sera finie ».

    Et Musewe d’ajouter : « Pour moi, elle n’est qu’un pion. Il n’y a pas la moindre chance qu’elle puisse préserver une influence quelconque après la disparition de Mugabe. Elle n’est pas particulièrement éduquée et ne comprend pas les complexités de la conduite d'un pays (…). Elle fait partie de l’élite, mais les militaires ne l’accepteront jamais comme présidente. Elle n'a pas la carrure pour diriger le Zimbabwe. »

    A suivre !

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