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    L’Iran et la guerre très complexe contre l’organisation EI

    media Des peshmergas sur la ligne de front face aux jihadistes du groupe Etat islamique. 18 août 2014. Reuters/Youssef Boudlal

    Les ennemis de mes ennemis ne sont pas nécessairement mes amis. C'est la raison pour laquelle la guerre contre le groupe Etat islamique s'annonce très complexe. A cela plusieurs facteurs, notamment le fait que les pays de la coalition sont en même temps en conflit avec les Etats qui vont profiter de l’affaiblissement, voire de la disparition, du groupe jihadiste de l'EI qu’ils combattent.

    Après de longues hésitations dont les causes restent toujours inexpliquées et à propos desquelles il vaut mieux, faute d’indices fiables, ne pas trop spéculer, les Occidentaux ont décidé non seulement d’endiguer immédiatement l’avancée du groupe Etat islamique (EI), mais aussi de l’éradiquer à terme. Ce groupe jihadiste dont les crimes atroces contre les populations civiles ont révolté le monde entier, a pris le contrôle d’un immense territoire entre la Syrie et l’Irak. Il s’est sans doute épanoui sur les ruines de ces deux pays. Il contrôlait, jusqu’à ces derniers jours, des raffineries en Irak et en Syrie et réussissait à vendre du pétrole en contrebande, en tirant des bénéfices allant de 1 à 3 millions de dollars par jour, selon les experts.

    Pour combattre ce mouvement jihadiste, une mobilisation internationale impliquant les Etats-Unis, plusieurs grands pays européens et asiatiques et certains Etats de la région dont l’Iran se sont mis en marche. Mais l’Iran n’a pas été officiellement invité à rejoindre la coalition internationale bien qu’il ait été tenu au courant du début des opérations aériennes en Irak. Il a pour sa part prévenu qu'il n'hésiterait pas à combattre le mouvement EI sur le territoire irakien si celui-ci s'approchait d’aventure de ses frontières étant donné que les combattants de ce groupe contrôlent actuellement de larges secteurs de Diyala, une province frontalière avec l'Iran.

    Bachar el-Assad est toujours indésirable

    L’exclusion de toute participation de Damas à la coalition par les États-Unis et les pays européens comme la France et la Grande-Bretagne n’est pas difficile à comprendre. La guerre contre l’organisation EI ne doit surtout pas contribuer au maintien au pouvoir du président Bachar el-Assad contre lequel les Occidentaux soutiennent des factions rebelles syriennes considérées comme modérées.

    Le premier objectif de la coalition est de tarir la source principale de financement du groupe Etat islamique. C’est pourquoi les frappes aériennes ont obstinément visé les raffineries contrôlées par l’EI. Ainsi, de nombreuses raffineries dans l’est de la Syrie ont été frappées le 24 septembre par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis. Les raffineries modulaires sont des installations préfabriquées qui fournissent du carburant pour les opérations de l’EI et des fonds pour financer la poursuite de leurs attaques en Irak et en Syrie (Le Monde 26 sept).

    La Russie, quant à elle, considère ces raids de la coalition illégaux puisque non effectués en coordination avec Damas, son allié dans la région. L’Iran, autre allié de Damas, a aussi dénoncé par la voix de son président, Hassan Rohani, « les ingérences inappropriées en Syrie » qui relèvent selon lui d’une « approche stratégique erronée » des Occidentaux au Moyen-Orient.

    Qui vient grossir les rangs des jihadistes en Irak et en Syrie ?

    La menace jihadiste ayant dominé les débats à la récente Assemblée générale de l’ONU à New York, le Conseil de sécurité réuni le mercredi 24 septembre a adopté à l’unanimité une résolution qui impose aux Etats, sous peine de sanction, d’empêcher leurs citoyens de s’enrôler dans des groupes extrémistes. Selon les renseignements américains, plus de 15 000 combattants étrangers venus de plus de 80 pays auraient rejoint ces dernières années les jihadistes en Irak et en Syrie.

    Outre les pays européens comme les Pays-Bas et la Belgique qui ont annoncé une grande participation à la coalition, l’Australie et le Japon soutiennent d’une façon ou d'une autre ces opérations militaires.

    Le revirement spectaculaire du pouvoir islamo-conservateur turc qui, outre à son inaction face aux extrémistes voulant rejoindre les rangs du groupe EI à travers les frontières turques, avait refusé jusqu’à ces derniers jours d’intégrer la coalition, est aussi un fait d’importance qui change la donne. Dès son retour de l’Assemblée générale de l’ONU, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé sa participation prochaine à des opérations militaires. Il est même allé plus loin en jugeant les frappes aériennes insuffisantes. Dans un entretien accordé fin septembre au quotidien Hürriyet, il a déclaré que son pays pourrait envoyer des militaires en Syrie afin de mettre en place une zone de sécurité pour secourir les réfugiés fuyant les jihadistes de l’EI. D’après lui, des forces terrestres sont complémentaires. Les opérations aériennes sont logistiques, s’il n’y a pas de troupes terrestres, il n’y aura pas de règlement permanent (Hürriyet, 27 Eylül 2014 Cumartasi).

    En Irak, les forces armées irakiennes continuent leur combat contre les jihadistes sur plusieurs fronts, surtout dans la province occidentale d’Al-Anbar. Ceux-ci assiégeaient sur le territoire syrien la ville d’Aïn al-Arab (Kobane en kurde) située à la frontière turque qu’ils tentaient de prendre après avoir conquis plus de 60 villages dans cette région du Nord syrien. Cette offensive a poussé plus de 160 000 civils kurdes à fuir en Turquie. Près de 24 heures après les premières frappes lancées par la coalition, des avions venus de Turquie ont mené dans cette région plusieurs raids contre des positions et des routes d’approvisionnement du groupe EI. Selon une ONG, ces frappes étaient beaucoup plus puissantes que celles menées par le régime Bachar el-Assad dans cette zone.

    A qui profitent ces opérations ?

    Des dommages collatéraux des frappes pour les civils irakiens et syriens vont sûrement permettre aux Russes et aux Iraniens de hausser le ton contre la manière dont la coalition mène ses opérations. Il est pourtant difficile d'admettre qu'un accord tacite entre les Russes et la coalition sur la question du maintien au pouvoir de Bachar el-Assad n'ait pas été conclu. Mais ce qui est intéressant est que la mise à l'écart de l'Iran a déjà irrité les responsables iraniens. Dans une interview exclusive avec Al-Alam, le général adjoint des Forces armées iraniennes, Massoud Jazayeri, a qualifié la coalition d' « alliance de terroristes » et a affirmé que « nous assistons aujourd'hui à l'une des plus hypocrites et fausses alliances de l'histoire contemporaine de l'Asie de l'Ouest ». Il a décrit l'alliance comme « une farce historique » mettant en garde contre le fait que « les Etats-Unis sous prétexte de la lutte contre le terrorisme tentent de former une coalition avec les perdants dans la région afin de justifier sa présence dans cette région ». Et il a poursuivi : « Nous avons des informations selon lesquelles les Américains et les sionistes ont affirmé qu'à travers cette coalition l'objectif est de frapper la Résistance [terme employé par le pouvoir iranien pour désigner le régime de Téhéran et ses alliés dans la région, ndlr] ».

    Ces propos attestent l'amertume ressentie par la République islamique après sa mise à l'écart humiliante de la coalition. Le général adjoint des Forces armées iraniennes ne veut évidemment pas évoquer la lourde responsabilité du gouvernement Nouri al-Maleki en Irak dans la naissance et le développement du groupe jihadiste EI. C'est avant tout en raison de la politique d'exclusion des sunnites de l'appareil d'Etat et des instances de décision par ce gouvernement chiite soutenu par l’Iran que ce groupe a pu s'épanouir sur le sol irakien.

    Pourtant, les propos rancuniers de ce général iranien comportent une parcelle de vérité. Où doit-on la chercher ? Peut-être dans ce principe qu’aucun pays ne risque la vie de ses soldats pour rien ! La complexité de cette guerre est telle qu’il est aujourd’hui difficile de discerner avec précision les visées à long terme de la coalition. Endiguer l’avancée des jihadistes dont les crimes abominables contre les populations civiles ont heurté la conscience du monde est d’ores et déjà un objectif grandiose que l’on ne peut pas s’empêcher de saluer.

    La Turquie a bien compris qu’une attitude complaisante envers ces jihadistes détruirait à long terme l’équilibre de la région et mettrait en danger sa propre sécurité. Quant aux Kurdes, bien qu’ils aient subi, comme d’autres communautés, des pertes, ils ont pourtant réussi à tisser et à renforcer des liens avec la communauté internationale. Ils n’ont certes pas abandonné l’idée de l’indépendance du Kurdistan irakien en vue de créer avec leurs frères dans d’autres pays moyen-orientaux une entité politique indépendante, mais ils ont compris que le moment n’est pas propice pour ce genre d’aventure.

    Pour ce qui est de l’Iran, tant que les pourparlers sur son programme nucléaire n'ont pas abouti, la voie pour son entrée dans le concert des nations restera nébuleuse pour ne pas dire fermée.

    Après tout, dans l’état actuel des choses, quel que soit notre angle d’approche, il faut bien admettre que cette guerre arrange plutôt l’Iran et ses alliés dans la région et en premier lieu le pouvoir de Bachar el-Assad qui se débarrasse ainsi d’un ennemi redoutable.

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