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    Culture

    Rire et rêver avec les réfugiés pendant «La Ronde de nuit»

    media La Ronde de Nuit, une création collective du Théâtre Aftaab en voyage, mise en scène par Hélène Cinque, sur une proposition d’Ariane Mnouchkine. MIchèle Laurent

    Lors de cette 31e édition des Francophonies en Limousin qui se termine ce samedi 4 octobre au centre de la France, c’est une comédie autour des réfugiés afghans atterris en France qui a été acclamée le plus par le public du Festival à Limoges, et bien au-delà. « La Ronde de nuit », une création collective des comédiens afghans du Théâtre Aftaab en voyage, mise en scène par Hélène Cinque sur une proposition d’Ariane Mnouchkine.

    C’est un père de famille presque tremblant, avec son enfant à côté, qui veut juste dire merci au metteur en scène après le spectacle. C’est un tonnerre d’applaudissements trempés dans un océan d’émotions d’une salle debout qui a salué la troupe. Un public enthousiaste face à une histoire d’hommes et de femmes venus d’Afghanistan recherchant un refuge quelque part en France. Est-ce qu’on est bien dans ce pays en crise, décrié refermé et de plus en plus gourmand à voter pour un parti traditionnellement xénophobe ? « On est dans une France qui va très mal, répond la metteure en scène Hélène Cinque. Quand les gens viennent voir ce spectacle, ils appréhendent ce qu’ils vont voir : ah, cela va être encore des Afghans qui pleurent, on va encore parler de l’exil. Ce que touche les gens profondément, c’est que non seulement ils rêvent et ils pleurent, mais ils rient ! Et pour moi, le théâtre, il est là ! »

    « Les gens ont besoin de rêver ensemble »

    Toute l’histoire est racontée en français et en dari surtitré et se déroule dans un théâtre qui ressemble comme deux gouttes d’eau au Théâtre du Soleil avec sa cuisine, sa garde-robe, des malles remplies de décor, des matelas prêts à accueillir des êtres humains de tous les coins du monde. Dans la pièce, ce théâtre à la charpente fragile et usée se transforme pendant une nuit en refuge pour des réfugiés d’Afghanistan. Et c’est justement dans cette nuit où ils débarquent que Nadher commence son nouveau travail de gardien de nuit au théâtre. Il était lui-même ancien demandeur d’asile, ce qui ne l’empêche pas d’avoir plus peur pour son travail que pour ses compatriotes pris dans une tempête de glace.

    Sur scène, les membres du Théâtre Aftaab dégagent une passion farouche et combative d’un théâtre plus humain que politique : « On parle de la politique, mais pas d’une manière indirecte, remarque la comédienne Shohreh Sabaghy qui fait depuis huit ans partie de la troupe. On entend beaucoup de la politique et souvent on oublie qu’il y a toujours une vie derrière, des gens qui ont besoin de vivre et d’être ensemble, de rêver ensemble. La pièce est politique, mais montrée dans une bulle d’humanité. »

    Ce sont des comédiens extraordinaires. Leur rêve est de jouer en Afghanistan.

    Hélène Cinque, metteure en scène de « La Ronde de Nuit ». 03/10/2014 - par Siegfried Forster Écouter

    Les rondes de nuit

    « J’ai enfin un travail, je serai tranquille », le rêve de Nadher sera rapidement mis en rude épreuve. Pendant ses rondes de nuit, tout va lui tomber sur la tête : son épouse et sa famille restées en Afghanistan et avec qui il entretient des conversations et des malentendus surréalistes par Skype. Son ami lui annonce de quitter la France après avoir quitté la nationalité afghane pour rentrer à Kaboul avec un passeport français. Il y a aussi son frère qui a trouvé l’asile en Allemagne, mais qui n’arrête pas de se plaindre de cette démocratie imparfaite pour rejoindre finalement les salafistes sur place. Parmi les autres habitués de cette Ronde de Nuit : une jeune artiste, un SDF qui a pris l’habitude de prendre sa douche au théâtre, la prostituée qui s’y réchauffe entre deux clients, et le gars de la police nationale qui fait comme Nadher sa ronde de nuit pour observer cette plaque tournante de la drogue qui entoure le lieu.

    On l’aura compris : le théâtre est l’un des derniers refuges dans notre époque. Heureusement, il y aussi l’espoir ressuscité, avec des réfugiés qui dansent sur Joe Dassin et fantasment sur La Liberté guidant le peuple, apparu en chair et en os sur scène : « Je peux vous assurer que quand des gens quittent leur pays, ce n’est pas pour rien, affirme Omid Rawendah. C’est vraiment la liberté qui les guide vers l’Europe avec l’espoir d’arriver à une liberté. Et cela existe toujours. »

    L’histoire continue avec « Mataroa, la Mémoire trouée »

    Avec les deux dernières représentations aux Francophonies en Limousin s’achève une tournée triomphale de deux ans. La Ronde de Nuit est-elle finie ? « Non, elle fait une pause », se reprend Hélène Cinque qui continue à croire que cette rêverie théâtrale pourrait avoir lieu un jour peut-être même en Afghanistan. En attendant, elle a dit oui à un autre projet. Après avoir vu La Ronde de Nuit, des jeunes comédiens grecs lui avaient demandé de faire une pièce avec eux. Un stage à Athènes et deux ans plus tard, Mataroa, la Mémoire trouée verra le jour, à partir du 19 novembre au Théâtre du Soleil, encore une fois une création collective : « La Grèce est dans un état terrible, en crise, et cela se voit avec les comédiens que je côtoie là-bas. Le Mataroa fut un bateau qui a été affrété par le directeur de l’Institut français d’Athènes à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Quand les nazis sont partis, la guerre civile démarrait. Et cet homme dit : si on ne sauve pas le maximum de gens, ce pays va disparaitre. Dans ce bateau partent 215 jeunes scientifiques et artistes vers la France. » 

    La Ronde de Nuit, une création collective du Théâtre Aftaab en voyage, mise en scène par Hélène Cinque, sur une proposition d’Ariane Mnouchkine. Michèle Laurent

    La Ronde de Nuit, une création collective du Théâtre Aftaab en voyage, mise en scène par Hélène Cinque, sur une proposition d’Ariane Mnouchkine.

    Mataroa, la mémoire trouée, Cie L’instant d’une résonance, du 19 novembre au 28 décembre au Théâtre du Soleil.

    Le programme de la 31e édition des Francophonies en Limousin, du 24 septembre au 4 octobre à Limoges et en région Limousin.

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