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    Le changement, est-ce vraiment pour maintenant en Afghanistan ?

    media Abdullah Abdullah (g) et Ashraf Ghani après la signature d'un accord de partage du pouvoir, dimanche 21 septembre à Kaboul. Reuters/Omar Sobhani

    Cela fait un peu plus d’une semaine qu’Ashraf Ghani a officiellement succédé à Hamid Karzaï à la tête de l’Afghanistan. Un début de présidence qui laisse pressentir une série d’assouplissements dans la politique du nouvel exécutif. Notamment quand le week-end dernier, un journaliste américain qui avait été expulsé du pays cet été a été autorisé à revenir à Kaboul... Et surtout, lorsqu'au lendemain de son investiture, un traité de sécurité bilatéral a été signé avec Washington.

    Par Joël Bronner, correspondant de RFI à Kaboul,

    C’est le nouveau président Ashraf Ghani en personne qui a décroché son téléphone pour indiquer au New York Times que leur correspondant, Matthew Rosenberg, était libre de revenir travailler en Afghanistan. Rosenberg avait été expulsé du pays fin août à la suite d'un article dans lequel certains hauts responsables du gouvernement afghan, sous couvert d’anonymat, menaçaient tout simplement de prendre le pouvoir par la force, si la longue crise politique issue des résultats contestés de la présidentielle ne prenait pas fin rapidement. Le gouvernement de l’époque avait alors justifié sa décision en décrétant notamment que l’article était « défavorable à l’intérêt national et à la stabilité de l’Afghanistan ».

    Des soldats américains sur le site de l'attentat du 16 septembre 2014 à Kaboul. AFP PHOTO/Wakil Kohsar

    Longtemps pomme de discorde

    Mais la grande évolution par rapport à la présidence Karzaï, c’est la signature avec Washington d’un traité de sécurité bilatéral qui autorise environ 10 000 soldats américains à rester dans le pays après 2014. Cet accord a longtemps été la pomme de discorde entre les Etats-Unis et Hamid Karzaï. Comme l’ancien président accusait régulièrement la présence même des Occidentaux d’être à l’origine de l’instabilité du pays, il s’était toujours refusé à signer un tel accord. Il s’opposait en particulier à l’octroi d’une immunité juridique à ces militaires, comme l’exigeait Washington. On assiste donc à un vrai changement de ton avec le nouveau président Ghani, puisque cet accord a finalement été signé au palais présidentiel de Kaboul, et cela dès le lendemain de son investiture. La signature de cet accord est donc un signe clair, qu’Ashraf Ghani cherche à apaiser les tensions du passé avec les Occidentaux.

    Autre point : Ashraf Ghani a présenté la lutte contre la corruption comme un de ses principaux chevaux de bataille, qu’elle touche les acteurs de l’économie ou ceux de l’administration. Les treize années passées par Hamid Karzaï à la tête de l’Afghanistan ont été marquées par une explosion de la corruption jusqu’au sommet de l’Etat. Là encore, le nouveau président semble vouloir faire changer les choses… Pour l’instant, bien sûr, sa démarche est de l’ordre du discours, mais cet ancien dirigeant de la Banque mondiale semble bien décidé à agir. Il a notamment affirmé vouloir rouvrir l’enquête controversée sur la banque de Kaboul, à l’origine d’un scandale de détournement de fonds auquel seraient liés des proches de Karzaï. Une affaire considérée en Afghanistan comme un symbole de cette corruption qui gangrène les élites du pays.

    Après seulement une semaine de pouvoir, il est bien sûr trop tôt pour savoir s’il s’agit d’un vrai changement en profondeur dans la manière de conduire le pays. D’autant qu’Ashraf Ghani ne dirige pas seul. Il faudra notamment voir, à l’usage, comment se déroule la cohabitation avec son ancien rival à la présidentielle, Abdullah Abdullah, aujourd’hui Premier ministre de fait, et comment les équipes des deux hommes parviendront à travailler ensemble.

    Un Afghan prépare le lieu de prière avant les commémorations du prophète Abraham. Mazar-i-Shariff, 4 octobre 2014. An Afghan man sweeps the yard of the shrine of Imam Ali, son in-

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