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    L’espace est-il un marché comme un autre?

    media 28 octobre 2014, Wallops Island (Virginie): la fusée américaine Antares explose quelques secondes après son décollage à 22h22 (GMT). Reuters/Nasa TV/Handout via Reuters

    Pour tous ceux qui suivent l’actualité de l’espace avec intérêt, les semaines écoulées relèvent de la montagne russe émotionnelle. Entre le succès épatant de la mission Rosetta et de son robot Philae - qui a fait bondir de joie l’Agence spatiale européenne - et coup sur coup l’explosion de la fusée privée Antares ainsi que la mort d’un pilote du vaisseau-test de tourisme spatial Spaceship Two de Virgin Galactic, le futur de la conquête spatiale semble se dessiner entre deux trajectoires diamétralement opposées.

    D’un côté, il y a le temps long : une mission prévue depuis plus de vingt ans, couronnée de succès, lorsque l’Agence spatiale européenne (ESA) a posé pour la première fois dans l’histoire, ce 12 novembre, un robot sur une comète. De l’autre, il y a deux accidents en moins de dix jours, qui viennent nous rappeler que lancer des fusées n’est pas une activité anodine et facile.

    Le 28 octobre, c’était la fusée privée Antares de la société Orbital Sciences avec une capsule Cygnus à son bord qui a explosé peu après sa mise à feu, soldant ainsi par un échec la mission que lui avait confiée la Nasa de ravitailler la Station spatiale internationale (ISS). Trois jours plus tard, le 31, c’est Spaceship Two, un vaisseau-test de tourisme spatial qui se disloquait en plein vol, avant de s’écraser, tuant ainsi l’un de ses deux pilotes et blessant grièvement l’autre. Même si ces deux accidents n’ont que peu de rapport entre eux, ils montrent en revanche une chose : le secteur privé regarde l’espace avec avidité.

    Moins cher, certes, mais à quel coût ?

    En développant le tourisme spatial, Virgin Galactic veut créer un business florissant : à 250 000 dollars le ticket pour une escapade spatiale en vol suborbital, ce sont déjà plus de 700 personnes, dont de nombreuses stars, qui ont réservé leur siège à bord, alors même que la technologie n’est pas encore développée. Orbital Sciences a de son côté signé un contrat d’environ 2 milliards de dollars avec la Nasa pour reprendre son activité de fret en direction de l’ISS. Une autre firme privée, Space X, a signé un contrat similaire avec l’Agence spatiale américaine, la Nasa, pour 1,6 milliard.

    Considérant ces montants, il n’est donc guère étonnant que le secteur privé fasse des yeux de Chimène aux étoiles. Reste à savoir à quel prix. La principale explication à cette situation, c’est que la Nasa n’a tout simplement pas le choix : elle doit faire appel à des opérateurs privés pour toutes ses missions de fret à destination de l’ISS. Et elle doit se tourner vers la Russie dès qu’il s’agit d’y envoyer des hommes. Cette situation dure depuis 2011 et l’arrêt du programme américain de navette spatiale.

    Depuis, la Nasa doit faire avec ces « taxis de l’espace », Barack Obama ayant jugé cette option moins coûteuse et censée permettre à l’agence spatiale de se concentrer sur des projets scientifiques de plus grande envergure. Space X notamment a ainsi cette réputation de faire du spatial low cost, et s’en vante même en affichant clairement ses prix défiant toute concurrence sur son site internet. Cependant, et même si Space X n’est pas concerné par cette série noire d’accidents, il apparaît que faire du low cost dans l’espace n’est pas sans risque.

    La Nasa dépendante du privé

    En effet, il apparaît que l’explosion de la fusée Antares est due à un problème du moteur de son premier étage, le « AJ26 », dérivé d’un vieux moteur russe dont la société a acquis les droits d’exploitation. Le souci, c’est que les Russes avaient développé ce moteur pour leur programme lunaire du temps de la guerre froide. Il n’avait jamais fonctionné, et avait même provoqué un drame en explosant sur le pas de tir de Baïkonour, alors rempli de monde. Orbital Sciences avait déjà pour projet d’abandonner ce moteur, et l’explosion d’octobre dernier devrait accélérer ce processus.

    Cependant, malgré cet échec, la Nasa n’a pas le choix et doit continuer à sous-traiter ses missions à basse orbite. Cela résulte d’un choix politique basé sur des considérations financières, mais aussi, on l’a vu, tout simplement par manque de moyens de propulsion. Le privé donc pour les missions de ravitaillement, et les Russes et leur capsule Soyouz pour le transport de cosmonautes vers l’ISS. Mais dans le contexte géopolitique actuel de crise en Ukraine et de sanctions occidentales contre la Russie, c’est Space X qui prendra le relais en 2017 pour ces missions habitées. En parallèle, en partenariat avec l’Agence spatiale européenne, la Nasa est en train de développer Orion, une capsule habitée pour ses missions à plus grande distance telles que la Lune et Mars. Son premier essai est prévu le 4 décembre prochain, pour une mise en service effective à l’horizon 2020.

    Le marché juteux des satellites

    On le voit, les opérateurs privés prennent de plus en plus de place dans le jeu spatial, au point de menacer des secteurs jusqu’à présent dominés par des entreprises publiques. Celui de la mise en orbite de satellites commerciaux en est un. A ce titre, une réunion cruciale sur ce point va se tenir le 2 décembre au Luxembourg, entre l’ESA et ses ministres de tutelle européens. L’enjeu, c’est le futur du programme européen Ariane, leader mondial de la mise en orbite de satellites, mais de plus en plus concurrencé par Space X notamment.

    L’offensive de la société américaine oblige en effet Arianespace à baisser dès maintenant ses prix, et pose la question du maintien à long terme de sa position dominante. Pour y parvenir, deux positions différentes s’affrontent en Europe. La première, défendue notamment par l’Allemagne, est celle d’une version améliorée d’Ariane 5, le lanceur actuel, dite Ariane 5 ME. L’avantage serait financier, et permettrait d’allonger la durée d’exploitation d’Ariane 5, pour avoir plus de temps pour développer Ariane 6.

    La France, elle, est plus partante pour passer directement au projet Ariane 6, avec mise en service en 2020. Cette dernière serait disponible en deux versions : un lanceur lourd, Ariane 64, pour les gros satellites de télécommunications. La seconde, dite Ariane 62, est plus légère. Elle serait utilisée pour les lancements institutionnels. Avec, en parallèle de ces discussions politiques, les opérateurs de satellites qui y rajoutent leur grain de sable. Ainsi, le patron d’Eutelsat, le troisième opérateur mondial, a publiquement pris position pour un démarrage du projet Ariane 6. Réponse le 2 décembre, donc.

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