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    «Les jihadistes sont conscients de la symbolique de leur massacre»

    media Les jihadistes sont conscients de la symbolique de leur massacre à Charlie Hebdo. DR

    Le monde entier est sous le choc après l’attentat sanglant contre Charlie Hebdo le 7 janvier. Après les larmes et la colère viennent les premières analyses. Et elles sont nombreuses puisque cette tuerie d’une rare ampleur risque de ne pas être sans conséquences politiques et sociales mais aussi religieuses en France. Décryptage avec Farhad Khosrokhavar, sociologue franco-iranien, directeur d’études à l’EHESS et auteur de La Radicalisation.

    RFI : Quel est l’impact politique de l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo ? Cette attaque peut-elle renforcer politiquement ceux qui prônent une politique sécuritaire plus sévère ?

    Farhad Khosrokhavar : Les auteurs de la tuerie sont des jihadistes. Ils se sont soi-disant vengés de la publication des caricatures du prophète de l’islam par l’hebdomadaire satirique français dans le passé. Les jihadistes sont conscients de la symbolique de leur massacre. Assassiner plusieurs personnes en France a un écho beaucoup plus important que massacrer plusieurs centaines de personnes dans les pays musulmans.

    Ils sont aussi conscients que non seulement leur action va renforcer la position de l’extrême droite, mais qu’elle va aussi aggraver la crise et la désintégration politique dans les pays européens. Et l’impact est beaucoup plus visible et fort dans le contexte européen actuel où nous assistons à une nouvelle montée en puissance des organisations d’extrémistes, islamophobes et en partie racistes. L’Allemagne, la Suède ou la France sont des exemples parmi d’autres. La violence des groupes jihadistes légitime l’idéologie de la droite xénophobe. Mais elle discrédite en même temps les communautés musulmanes aux yeux de la grande majorité des populations européennes.

    Peut-on dire qu’avec la multiplication des actions terroristes sur le sol européen nous entrons dans une nouvelle période ?

    En effet, et cette « nouvelle période » dans laquelle nous nous trouvons est intrinsèquement liée à l’avènement du groupe Etat islamique en Irak et en Syrie. En tout état de cause, l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo va accentuer la lutte contre les organisations extrémistes islamistes en France. Ainsi, nous risquons d’entrer dans une période où nous pourrions assister à l’aggravation des tensions entre les musulmans non-jihadistes et les populations européennes en général.

    Où situeriez-vous la source de la violence jihadiste en France ? Est-elle l’émanation d’une situation locale ou dérive-t-elle des guerres actuelles au Moyen-Orient ?

    Il ne fait aucun doute que la violence des jihadistes en France a des origines « locales », ce que les Anglais appellent le Homegrown terrorism. Les auteurs de ces actes terroristes sont pour la plupart des jeunes appartenant à la troisième ou même la quatrième génération des familles issues de pays d’Afrique du Nord, même si nous constatons qu’il y a parmi ces jihadistes des convertis qui, à l’origine, n’ont rien à voir avec l’islam ou la culture musulmane. Le jihadisme est ainsi à la fois un phénomène « interne-externe » dans un monde où les frontières entre « interne » et « externe » ont disparu.

    Alors, si la violence jihadiste entraîne dans l’immédiat une réaction sécuritaire, il est évident qu’à terme cette réaction est inappropriée dans la lutte contre le terrorisme. Sans la résolution des crises et guerres actuelles au Moyen-Orient, le problème de la violence islamiste en Occident ne se résoudra pas. Au fond, les problèmes des pays musulmans ont pris une dimension « trans-islamique ». Une dimension qui nécessite des solutions véritables.

    ♦ Farhad Khosrokhavar, Radicalisation, Editions de la maison des sciences humaines, Paris, 2014, 190 p.

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