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    Hebdo

    La Chine en passe de devenir le premier marché mondial du e-commerce

    media Le gouvernement chinois a décrété que le commerce en ligne doit jouer un rôle clé pour éradiquer la pauvreté. RFI/Heike Schmidt

    En Chine, le numéro un de la vente en ligne, Alibaba, a changé le visage de nombreux villages. Dans l’espoir de faire fortune, la jeunesse a troqué les tracteurs des parents contre les ordinateurs. Avec 500 millions d’acheteurs en ligne, le commerce électronique est devenu un rêve de pauvres… Enquête.

    Dans un hôtel quatre étoiles de Pékin, plusieurs centaines d’entrepreneurs écoutent religieusement Lao Bing, le président du club de l’élite du « e-commerce » qui raconte ses débuts dans la vente en ligne : « J’étais tout seul avec mon ordinateur. Je n’avais rien, zéro stock, car je ne pouvais pas me payer un entrepôt. Je devais écouler la marchandise rapidement… »

    Lao Bing connaît tous les secrets du commerce en ligne et les partages avec son public qui, suspendu à ses lèvres, écoute ses conseils :« N’essayez pas de voir trop grand. On risque de mourir en étant trop gourmand. »

    Zhang Xiaolong, 42 ans, n’en perd pas une miette. Il vend de la porcelaine en ligne, et avec plus de 6 millions d’euros de chiffre d’affaires, ce Chinois fait partie de ceux qui ont réussi. « Ce qui compte, assure-t-il, c’est un bon produit, une bonne équipe et une bonne stratégie. Et puis, il faut y croire. On peut partir de zéro. En fait, la majorité des entrepreneurs sont partis de zéro. Dans le commerce en ligne, on trouve rarement des fils et filles de familles fortunées. »

    Partir de zéro et amasser une fortune rapidement, c’est aussi le rêve de Li Qian, 28 ans. « Je pense ouvrir un magasin de vêtements féminins en ligne. J’ai appris beaucoup de choses grâce à cette conférence. »

    Jack Ma, l’homme le plus riche de toute l’Asie

    L’idole de Li Qian s’appelle Jack Ma, le roi de la vente en ligne. Il y a quinze ans, ce professeur d’anglais a fondé le site « Alibaba » avec une bande de copains. Avec 28,6 milliards de dollars, ce Chinois âgé de 50 ans est aujourd’hui l’homme le plus riche de toute l’Asie. Introduite en bourse en septembre dernier, son entreprise vaut désormais près de 200 milliards d’euros. L’admiration des Chinois pour cet homme frêle au visage carré frôle la vénération.

    Pour marcher sur les traces de ce visionnaire de l’internet chinois, il faut découvrir les séminaires de Lao Bing. Le président fondateur du club des élites du e-commerce est un Jack Ma à petite échelle. A 33 ans, cet ex-militaire et ex-fonctionnaire a fait fortune en vendant des bouteilles d’oxygène, de la lingerie et des médicaments dans ses 20 boutiques en ligne. Chiffre d’affaires : 100 millions de yuans par an, soit 12 millions d’euros. Pour lui, le commerce en ligne est un rêve de pauvres : « Le e-commerce a créé beaucoup d’opportunités. Au début, une majorité de gens se méfiaient de la vente en ligne. Une minorité seulement s’est lancée - et nous voilà. »

    500 millions d’acheteurs en ligne

    Les deux principaux marchés virtuels d’Alibaba s’appellent Taobao et Tmall : 500 millions d’usagers y sont inscrits, 307 millions de clients chinois font régulièrement leurs courses sur ces deux plates-formes. Alibaba a changé leur vie. « Avant, les gens n’avaient pas d’autre choix que de faire leurs courses au marché du coin. Maintenant, ils peuvent faire leurs courses chez eux », dit Lao Bing, convaincu que mille opportunités attendent ceux qui osent se lancer. Les prévisions du cabinet McKinsey lui donnent raison : les ventes en ligne devraient atteindre 420 à 650 milliards de dollars d’ici 2020. La Chine serait donc en passe de devenir le premier marché mondial pour le commerce électronique.

    A Baigou, dans la province du Hebei, à deux heures de route de Pékin, la vente en ligne a tout changé. La ville fait partie des 20 villages « Taobao » que compte la Chine, ces zones rurales où les boutiques virtuelles emploient au moins 10% de la population et génèrent des revenus annuels de plus de 10 millions de yuans, soit 1,3 millions d’euros. Baigou n’a plus rien d’un village. Aujourd’hui, près de 400 000 habitants vivent dans ce centre névralgique du e-commerce.

    Barres résidentielles de 30 étages et chantiers dominent des champs de blé et des maisonnettes défraîchies. « Une partie des paysans travaillent encore dans les champs, mais de plus en plus de jeunes se sont convertis au e-commerce », raconte Guo Shaohua, grand gaillard au ventre rond serré dans son T-shirt à rayures. Et d’ajouter : « Tout le développement économique dépend de ce business. Aujourd’hui, près de 60% des villageois sont dans le commerce électronique. »

    Guo Shaohua fait partie de la jeune génération qui a troqué les tracteurs de ses parents contre l’ordinateur. Guo Shaohua vend ses sacs dans une vingtaine de pays, du Moyen-Orient aux pays de l’ancienne Union soviétique jusqu’aux Etats-Unis. D’ici trois ans, le fier propriétaire d’une BMW rutilante espère engranger un chiffre d’affaires annuel de 13 millions d’euros. Son héros, Jack Ma, fondateur d’Alibaba : « Jack Ma est un Dieu pour tous les e-commerçants. Je lui dis merci. »
     
    Guo n’est pas seulement commerçant-revendeur. Il fabrique sa marchandise dans une petite usine non loin de son bureau, mais c’est le côté moins glamour de l’affaire. Et le jeune entrepreneur hésite avant de nous montrer l’atelier rempli à ras bord de gros tas de sacs bas de gamme. Derrière des machines à coudre, une dizaine d’ouvriers confectionnent des sacs à main en jeans et en faux cuir. Ils gagnent 380 euros par mois, logement et repas sont gratuits.

    « Je conduis une Jaguar… »

     
    Comme Guo, Huang Jingqia est, lui aussi, sorti de la pauvreté grâce au site Taobao. « Avant, je n’avais pas assez d’argent pour manger à ma faim, dit-il. Aujourd’hui, j’ai une liberté financière incroyable. » Issu d’un milieu rural et sans diplôme, le trentenaire est aujourd’hui millionnaire. Sa boutique de vente en ligne lui rapporte 3,5 millions d’euros par an. « Je conduis une Jaguar. J’ai voyagé en France, et dans les années à venir, j’aimerais aller en Nouvelle-Zélande pour faire du parachutisme, et aux Etats-Unis. Je veux voir l’Europe et le pôle Nord. »

    Dans l’entrepôt de Huang Jinqiao s’entassent des milliers de sacs de toutes les couleurs, du rose bonbon au bleu ciel, décorés de fleurs et de petits cœurs. Tous attendent d’être emballés dans des cartons avec l’adresse du client. Une armée de coursiers se chargera ensuite de les expédier partout en Chine. Un clic suffit, et la cliente peut commander son sac à main inspiré de Louis Vuitton ou de Chanel. Même dans les coins les plus reculés, la livraison ne prendra que quelques jours. Aujourd’hui, près de 10 000 entreprises de vente et quelques centaines d’usines de Baigou vivent du e-commerce.

    Baigou doit d’ailleurs servir de modèle pour d’autres villages. Le gouvernement chinois a décrété que le commerce en ligne doit jouer un rôle clé pour éradiquer la pauvreté. Selon un calcul publié par les autorités, la Chine compte 128 000 villages pauvres avec une population de 89 millions d'habitants. Dans les cinq années à venir, 60 000 villages doivent participer à un programme pilote qui favorisera la création de vitrines sur internet afin de permettre aux paysans de vendre leurs produits agricoles en ligne. De son côté, Alibaba a promis d’investir 1,3 milliard d’euros pour développer le e-commerce dans les zones rurales. Pékin y voit un moyen de freiner l’exode rural qui est un vrai casse-tête pour le gouvernement, avec des millions de « mingongs », ces paysans migrants qui affluent chaque année vers les villes pour y trouver du travail.

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