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    Ungersheim, en Alsace, un village «en transition» pour l’avenir

    media Jean-Claude Mensch, maire d'Ungersheim, devant la centrale photovoltaïque. RFI/ Agnès Rougier

    Nous le savons. Le climat se réchauffe et l’environnement se dégrade parce que notre mode de vie, très lié au pétrole, génère beaucoup de gaz à effet de serre et de pollution. Pour enrayer ce processus et privilégier un quotidien et un avenir plus durables, des territoires qui se déclarent «en transition» ont décidé de changer de mode de vie en réduisant leur consommation de pétrole. C’est le cas du village d’Ungersheim en Alsace.

    En réponse au constat que le pétrole devient rare, que les énergies fossiles polluent et émettent par combustion des gaz à effet de serre, le concept de transition écologique est né en 2005 de l’imagination fertile d’étudiants de l’université de Kinsale, en Irlande, sous la direction de Rob Hopkins, professeur de permaculture. Rob Hopkins est l’auteur d’un manuel qui répertorie 12 étapes pour effectuer cette transition, depuis la création d’un « groupe de pilotage » lancé par des citoyens volontaires, à celle d’un « plan de descente énergétique » montrant la ville débarrassée de l’essentiel de sa consommation de carbone.

    Participer activement

    Mais chaque territoire en transition doit ensuite trouver ses propres solutions, discutées et décidées par les citoyens dans le cadre de commissions participatives. En principe, la transition écologique est un processus qui part de la base, de la volonté des citoyens, mais à Ungersheim, son initiateur est Jean-Claude Mensch, maire depuis vingt-six ans et réélu au premier tour en 2014. A Ungersheim, la transition écologique repose sur 21 actions pour l’autonomie, qui opère dans 3 domaines : intellectuelle, énergétique et alimentaire.

    Pour Jean-Claude Mensch, l’autonomie intellectuelle est indispensable ; pilier de la transition, c’est aussi la plus difficile à concrétiser. Elle implique la prise de conscience de la sortie nécessaire de la société consumériste et d’une résistance à la publicité. Cette prise de conscience doit aussi s’accompagner de la participation volontaire des citoyens, par le biais d’associations ou autres sociétés coopératives. Sur les 2 100 habitants d’Ungersheim, une cinquantaine participe activement à la transition, ce qui n’est pas si mal, mais il ne s’agit pas encore d’un engagement massif.

    Réduire la consommation de pétrole

    Petit à petit, Ungersheim avance sur la voie de la transition en réduisant sa consommation d’énergie fossile. La commune n’utilise plus aucun engrais issus de la pétrochimie depuis des années. Elle privilégie l’éco-habitat, en particulier avec un hameau écologique de 9 habitations à énergie passive qui vont voir le jour en 2015. Elle produit aujourd’hui l’équivalent de sa consommation électrique, hors chauffage, à partir de la plus grande centrale solaire photovoltaïque d’Alsace. La construction d’une 2e tranche solaire est déjà prévue ainsi que celle d’une centrale de production de chaleur par la biomasse, à partir des déchets des champs de maïs autour du village. Le transport scolaire du midi s’effectue depuis 2008 dans une charrette fermée tirée par un cheval-cantonnier nommé Richelieu, qui remplace un autobus sans en avoir la consommation !

    De la graine à l’assiette

    Constatant que les 700 hectares de champs qui entourent le village ne participent pas à l’alimentation de ses habitants, la mairie a lancé la filière alimentaire « de la graine à l’assiette ». Il s’agit de produire localement des fruits et légumes biologiques – dans les Jardins du Trèfle Rouge –, d’une part pour les vendre frais au marché et d’autre part pour en faire des conserves et des confitures. A cet égard, 2014 a été l’année-test. Et 2015 verra l’installation d’une conserverie, d’une malterie, d’une cidrerie et d’une épicerie, le tout géré par une coopérative d’intérêt collectif avec la participation de collectivités jusqu’à hauteur de 50 %.

    Au Trèfle Rouge, le maraîchage a permis de créer 30 emplois en insertion. La cuisine bio de proximité emploie également une dizaine de personnes en insertion. Depuis 2007, elle nourrit non seulement les enfants des écoles du village quotidiennement à midi et au goûter, mais des repas sont livrés dans la proche région – 700 au total depuis cette année.

    Des radis dans les poches

    Pour garder la richesse dans le village, une monnaie locale complémentaire a été lancée le 13 juillet 2013 : le radis – radig, en alsacien. Le radis existe sous forme de billets de 1, 5, 10, 20 et 50, à parité de 1 pour 1 avec l’euro. Les 8 000 radis imprimés sont tous partis au moment du lancement et il en reste aujourd’hui environ 6 000 en circulation. Une association gère les radis et les utilisateurs payent une cotisation, plus élevée pour les artisans et les commerçants que pour les simples citoyens. L’excédent, provenant notamment des cotisations, est utilisé dans des projets sociaux, comme la rénovation de la crèche l’année dernière. Toutefois, l’initiative n’a pas eu le succès escompté et seuls quelques commerces comme le coiffeur, le boulanger et le traiteur les prennent en paiement aujourd’hui.

    Le village s’agrandit

    Par ses réalisations innovantes, l’investissement des habitants et leur travail en commun, la transition écologique permet de conserver les liens entre la population et le territoire. La future ferme, construite en bois et torchis, sur l’ancien carreau minier à côté des jardins maraîchers, sera à la fois destinée à accueillir les réunions associatives et la conserverie, pour une fois encore pousser les gens à se rencontrer, à discuter. Alors, ce territoire, qui a perdu de l’emploi dans les mines de potasse en 2004 et qui pourrait être en déshérence, ne l’est pas, bien au contraire. Les liens sociaux restent tissés, des emplois sont créés et l’engagement d’Ungersheim dans la transition écologique attire tous les ans de nouveaux habitants.
     
    Pour en savoir plus 
    La mairie d’Ungersheim (Alsace).
    Les territoires en transition en France.
    Deux livres de Rob Hopkins :
    Manuel de transition de la dépendance au pétrole à la résilience locale. Editions Écosociété, 2010.
    Ils changent le monde !  1 001 initiatives de transition écologique. Editions Anthropocène, 2014.

     

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