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    Affaire Nisman, le précédent français

    media Gilles Boulouque et Alberto Nisman. AFP/Michel Clement - Reuters/Marcos Brindicci/Files - RFI

    Comme le procureur argentin Alberto Nisman, Il y a vingt-cinq ans, le juge Gilles Boulouque a été trouvé mort à son domicile. Comme lui, il enquêtait sur des attentats terroristes et accusait l’Iran. Entre ces deux affaires, les coïncidences sont troublantes.

    De notre correspondant à Buenos Aires

    Un magistrat anti-terroriste trouvé mort à son domicile alors qu’il soupçonnait le gouvernement de son pays de complicité avec l’Iran ? On pense évidemment au procureur argentin Alberto Nisman, dont le décès, le 18 janvier 2015, a fait la Une des journaux dans le monde entier. Mais on pourrait aussi penser à un autre magistrat, aujourd’hui presque oublié : le juge français Gilles Boulouque, qui a perdu la vie dans des conditions étrangement similaires il y a vingt-cinq ans. En effet, les coïncidences entre les deux affaires sont saisissantes.

    En charge de l’enquête sur l’attentat contre la mutuelle juive Amia, qui a fait 85 morts et plus de 300 blessés à Buenos Aires en 1994, Alberto Nisman avait conclu à la responsabilité de membres du Hezbollah libanais en tant qu’exécutants, sous la direction d’Iraniens en poste à l’ambassade de leur pays en Argentine. Suite à ses investigations, des mandats d’arrêt internationaux avaient été lancés par Interpol contre cinq de ces derniers.

    Gilles Boulouque était le juge instructeur des attentats commis à Paris en 1986  - dont celui de la rue de Rennes, en septembre, a été le plus meurtrier -, avec au total 13 morts et plus de 250 blessés. Selon lui, un commando de Hezbollah avait posé les bombes, sur ordre de Wahid Gordji, officiellement traducteur mais en réalité chef du renseignement à l’ambassade iranienne en France.

    Mais ni Nisman ni Boulouque n’ont pu voir leurs accusations confirmées (ou infirmées) dans le cadre d’un procès des Iraniens dont ils demandaient la mise en examen. Dans le cas de l’Amia, Téhéran refusant de livrer les suspects, l’Argentine a signé en 2013 un accord avec l’Iran qui prévoyait qu’ils puissent être entendus dans leur pays. Nisman en a vu la preuve de l’existence d’un pacte secret par lequel la présidente Cristina Kirchner, dont il était proche jusque-là, entendait blanchir les inculpés, ainsi qu’il l’a déclaré publiquement quelques jours avant sa mort.

    Dans le cas des attentats de Paris, si les rapports entre le magistrat instructeur et le gouvernement semblent avoir été plus ambigus, le dénouement a été plus rapide : après avoir été entendu par le juge Boulouque, en novembre 1987, Wahid Gordji a été immédiatement reconduit en Iran. Dans le même temps, deux otages français détenus par le Hezbollah au Liban étaient libérés, vraisemblablement dans le cadre d’un échange accordé avec les autorités françaises et supervisé par le ministre de l’Intérieur de l’époque Charles Pasqua.

    Alberto Nisman est mort le 18 janvier 2015, chez lui, d’une balle dans la tête tirée par un pistolet qu’il s’était procuré la veille auprès d’un de ses collaborateurs. Il avait 51 ans. L’enquête sur son décès est en cours et toutes les hypothèses restent ouvertes. Même si la plupart des indices font penser à un suicide, de nombreux Argentins pensent qu’il a été assassiné. Gilles Boulouque est mort le 13 décembre 1990, à son domicile, d’une balle dans la tête tirée de son arme de service. Il avait 50 ans. Selon l’enquête, il se serait suicidé, mais il y a encore des Français qui en doutent.

    Entre les deux cas, il y a aussi des différences. Nisman, magistrat très médiatique, était très soutenu par toute la presse argentine hostile au gouvernement, ainsi que par une partie importante de l’appareil judiciaire. Boulouque, homme discret, a été attaqué par l’ensemble des médias français pour sa supposée complicité avec l’échange qui a permis de libérer Gordji et il a même inculpé par la Chancellerie pour « violation du secret de l’instruction ».

    Mais l’un et l’autre ont été des hommes seuls, menacés et soumis à de terribles pressions alors qu’ils instruisaient des affaires de terrorisme international où ont pu intervenir plusieurs agences de renseignement (l’iranienne, bien sûr, mais aussi le Mossad israélien et la CIA américaine, ainsi que celles de leurs pays respectifs) et sur lesquelles planaient en permanence des intérêts d’État jamais reconnus.

    Suicide ou homicide ? Certains pensent dans l’un ou l’autre cas, comme le dit l’ancien juge français Jacques Bidalou au sujet de Boulouque, que ces deux magistrats anti-terroristes ont été « assassinés par un système judiciaire dont les mœurs tiennent du Kremlin et de la Mafia ». Pour lui, « Gilles Boulouque est mort d’avoir été au service de la manifestation de la vérité dans un monde où il n’y a plus de place pour la vérité ». Excessif, sans doute. Mais, à défaut d’autres conclusions, ce que démontrent ces deux affaires au parallélisme troublant est, au moins, que ce genre d’enquêtes devrait être confié non à un homme seul mais à des équipes de magistrats, spécialement formées et protégées. À condition, bien sûr, que les gouvernements privilégient vraiment la recherche de la vérité.

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