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    Hebdo

    Transition verte: la livre de Bristol défie la livre sterling

    media Bristol est capitale européenne de l’environnement en 2015. RFI/Mélissa Chemam

    Méconnu en Europe, le dynamisme des Bristoliens en matière de vivre ensemble a permis la création il y a deux ans et demi d’une monnaie locale : la «Bristol Pound» - qui fête cette année son troisième anniversaire en plein «Green Bristol». Après Nantes en 2013 et Copenhague en 2014, Bristol a en effet été élue «capitale européenne de l’environnement 2015».

    Entre Stokes Croft, une rue populaire du quartier de Saint-Paul connue depuis des décennies pour sa foisonnante culture caribéenne et ses graffiti de Banksy, et Cheltenham Road menant au quartier des boutiques indépendantes, se trouve cette agence de « Credit Union », un système de services financiers qui se veut éthique et qui fonctionne parallèlement aux banques, sans elles, pour mieux aider notamment les populations les moins aisées de la ville. Dans ses bureaux, les Bristoliens peuvent acquérir leurs livres locales, les « Bristol Pounds ».

    Derrière le comptoir, trois femmes s’affairent à recevoir les clients, qui utilisent la Bristol Pound pour différentes raisons : consommation locale, activités commerciales, crédits peu couteux, etc. Dans un pays où la livre sterling est une institution aussi défendue que la Couronne elle-même, l’initiative de Bristol apparaît comme une mini-révolution.

    Une certaine vision de l’économie

    « Je me souviens que quand le projet a été lancé, il y a plus de deux ans, à Londres, le scepticisme régnait », raconte Ben Godwin, gérant du café-restaurant The Canteen, situé dans la Hamilton House, sur Stokes Croft, et qui accueille aussi de nombreuses activités et organisations locales de Bristol.

    « Les débats étaient nombreux et beaucoup de gens prédisaient que la monnaie locale ne marcherait pas. Mais aujourd’hui, le système grandit au contraire. Ici par exemple, nous faisons plus de 10 % de nos additions en livres de Bristol, nous payons une partie des salaires avec et nous travaillons avec des partenaires commerciaux qui l’utilisent aussi »...

    L’idée est de favoriser une certaine vision de l’économie, plus locale, plus éthique, moins financière, selon Ben. « L’envie de soutenir notre économie locale est très importante à Bristol, depuis longtemps. Nous, nous sommes un commerce indépendant et on veut garantir une certaine qualité de produits et l’origine de leur production », ajoute-t-il alors que son restaurant se remplit pour le déjeuner.

    Une idée lancée par cinq ou six personnes

    Dans le quartier, les boutiques et cafés qui utilisent la Bristol Pound sont nombreux : comme le Café Kino, un peu plus haut, et les magasins indépendants de Gloucester Road, plus au Nord, mais aussi en centre-ville, comme dans la Co-LAB, boutique indépendante qui vend des objets d’art et des vêtements de créateurs. Ces boutiques arborent fièrement l’écusson « We use the Bristol Pound » sur leurs fenêtres ou pour les connaisseurs, un simple .

    L’idée a été lancée par cinq ou six personnes, à l’origine au sein du groupe « Transition Bristol », et le projet a été porté pendant des années par Chris Sunderland, qui le dirige à présent avec Ciaran Mundy. Pour ce dernier, organisateur en chef du projet Bristol Pound, l’utilisation de cette monnaie fonctionne parce qu’une part de la population veut changer les structures de l’économie pour changer son quotidien. Et que les banques sont au centre de ce système.

    « La livre locale fonctionne parce qu’elle permet d’acheter des produits locaux, ce qui garantit une diminution des recours aux transports, par exemple. Et parce qu’elles encouragent les commerçants d’ici, elle donne confiance. Les paiements en Bristol Pound peuvent d’ailleurs s’effectuer en ligne, et nos billets ont été créés par des artistes de la ville, pour nous représenter ».

    Bientôt trois ans déjà

    Pour célébrer les trois ans de la monnaie en septembre prochain, l’organisation a d’ailleurs décidé de lancer un concours ouvert aux artistes et citoyens de Bristol pour re-designer les billets de la monnaie. Une compétition et un événement qui font partie des rendez-vous attendus de « Green Bristol 2015 ».

    Pour Darren Hall, membre du « Green Party » à Bristol et manager de la campagne qui a mené Bristol à devenir capitale de l’environnement après Nantes en 2013 et Copenhague en 2014, la Bristol Pound joue un rôle-clé dans la logique « despite the system » de Bristol, son côté rebelle et à contre-courant.

    « Aujourd’hui, plus d’un million de livres de Bristol circulent en ville, personne n’y croyait dans le reste de l’Angleterre », explique-t-il dynamique et souriant, dans son bureau qui surplombe le Harbourside, le port fluvial du centre ville. « Et nous pensons atteindre les 5 millions d’ici la fin de l’année ». Un petit bout de rêve devenu réalité.

    Pour en savoir plus :
    « Bristol 2015 – European Green Capital »

     

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