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    Exploitation du gaz de schiste en Algérie: les raisons de la colère

    media Forage d'exploitation du gaz de schiste. Eddie Seal/Bloomberg via Getty Images

    Dans Appels sur l’actualité, des auditeurs s’interrogent sur les propos d’Abdelmalek Sellal, lors de la visite à Alger de Pedro Passos Coelho, son homologue portugais. Le Premier ministre souhaite que l’Algérie relance ses projets énergétiques en partenariat avec l'Union européenne pour l’aider à limiter sa dépendance à l'égard de la Russie, rapportait le 11 mars la presse algérienne. Pays riche en hydrocarbures mais qui souffre de la crise du pétrole, l'Algérie est le deuxième fournisseur en gaz de l'Europe après la Russie.

    Le gouvernement algérien veut relancer ses projets de partenariat énergétique avec l’Europe. Quelle est leur nature ?
    L’Algérie est déjà le deuxième fournisseur de gaz naturel de l’Union européenne. En d’autres termes, 25% du gaz consommé par les Européens vient d’Algérie. Mais le pays a perdu des parts de marché avec l’arrivée du gaz du schiste américain et la découverte de gisements off shore dans l’est de la Méditerranée. Comme les hydrocarbures restent sa principale source de revenus puisqu’ils représentent 98% de ses exportations, l’Algérie tente, assez naturellement, de regagner des parts dans ce secteur. Dans le cadre du projet du gazoduc Midcat, le commissaire européen à l’Energie et au Climat a déclaré récemment que l’Union européenne voulait « augmenter le flux de gaz algérien qui transite par la péninsule ibérique ». Autre projet de gazoduc en attente, et qui passerait par l’Italie : le projet Galsi.

    Ces projets incluent-ils l’exploitation des gaz de schiste ?
    Les projets ne précisent pas quelle doit être l’origine du gaz fourni par l’Algérie. Mais étant donné que la production actuelle est en baisse alors que, pour fournir l’Europe, il faudrait augmenter cette production, la nouvelle stratégie énergétique de l’Algérie consiste donc, selon les mots du PDG de Sonatrach, Saïd Sahnoun, à « diversifier et exploiter toutes les ressources qu’offre le domaine minier algérien », dont les hydrocarbures non conventionnels, c’est-à-dire, entre autres, le gaz de schiste, pour augmenter de 40% la production de gaz naturel dans les cinq ans à venir. Pour cela, les autorités comptent notamment sur les projets de forage à In Salah qui, selon les chiffres officiels, permettraient de produire 50 000 mètres cubes de gaz par jour.

    Depuis janvier, la population manifeste au sud du pays contre cette exploitation du gaz de schiste. Quelle est la situation à In Salah ? Des négociations sont-elles en cours avec le gouvernement ou celui-ci cherche-t-il à passer en force ?
    Côté manifestants, à In Salah, un campement est toujours en place au centre-ville. Il y a encore des manifestations, mais moins importantes qu’au début du mouvement il y a deux mois et demi. Côté autorités, elles n’ont pas choisi de négocier. Les opposants à l’exploitation du gaz de schiste demandaient l’application d’un moratoire - le temps de tenir un débat national. Une demande restée sans réponse des autorités, qui n’ont pas non plus choisi de passer en force.

    Les manifestations d’In Salah ont de quoi étonner, dans un pays où celles-ci sont interdites et où la société civile peut rarement s’exprimer.
    Les habitants d’In Salah vivent au milieu du désert et ont une préoccupation naturelle pour la préservation de l’environnement. Dans cette ville, par exemple, le tri sélectif des déchets existe depuis longtemps. Si les habitants se mobilisent de façon aussi importante, c’est parce qu’ils sont inquiets de la pollution des nappes phréatiques. Ils savent que sans eau, personne ne peut survivre dans cette région saharienne.

    Y a-t-il déjà des sociétés étrangères intéressées par l’exploitation des gisements ?

    Fin septembre dernier, quatre périmètres d’exploitation d’hydrocarbures ont été attribués après appel d’offres. Des contrats ont été signés par les autorités algériennes avec la compagnie de Dubaï, Dragon Oil, le consortium du Norvégien Statoil, les Britanniques de Shell et les Espagnols de Repsol. Ces contrats ne précisent pas quel type d’hydrocarbures sera disponible. Il y a des zones dans lesquelles ces groupes internationaux espèrent trouver du gaz de schiste, mais ils n’ont pas signé pour exploiter spécifiquement ce gaz. Par ailleurs, des officiels confirment l'existence de trois types d’énergie non conventionnelle dans l’ensemble des quatre périmètres attribués le 30 septembre dernier. Quant aux compagnies étrangères qui exploitent déjà le pétrole et qui sont installées en Algérie, comme les Français de Total, par exemple, elles sont dans la même position. Ils espèrent trouver du gaz de schiste. D’autres pays se sont aussi montrés intéressés par des partenariats avec l’Algérie liés au gaz de schiste, par exemple la Pologne.

    Pourquoi
    le pouvoir réagit-il de manière aussi violente aux manifestations ?
    En deux mois et demi, il n’y a eu qu’une seule journée d’affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants. Un groupe de manifestants s’était approché du puits de forage et donc de la base de vie des travailleurs de l’entreprise américaine Halliburton. Or, depuis l’attaque terroriste de la base gazière d’In Amenas, en janvier 2013, les forces de sécurité doivent être très vigilantes vis-à-vis des étrangers qui travaillent dans le secteur des hydrocarbures. Ce jour-là, lorsque la police s’est interposée, les choses ont dégénéré et les affrontements ont gagné le centre-ville d’In Salah. Des dizaines de personnes ont été blessées au sein des forces de sécurité et dans les rangs des manifestants. Trois habitants ont notamment été blessés par des tirs à balles réelles. A la différence de ce samedi où, lors de la manifestation contre l’exploitation du gaz de schiste qui a réuni plusieurs milliers de personnes à Ouargla, les policiers et les forces antiémeutes sont restées en retrait, selon plusieurs témoignages, pour éviter tout affrontement.

    Mais quelle est la stratégie des autorités vis-à-vis de ce mouvement de protestation ?
    En réalité, les autorités ont eu plusieurs stratégies. D’abord, certains hommes politiques ont dénoncé une manipulation étrangère. Puis, d’autres responsables ont répété dans la presse que la population d’In Salah était mal informée et qu’il n’y avait aucun risque dans l’exploitation du gaz de schiste. Ensuite, en voulant calmer les esprits, le gouvernement a assuré qu’il ne s’agissait pas d’une phase d’exploitation du gaz de schiste, mais uniquement d’une phase de recherche. Ce qui n’a pas convaincu les opposants, puisque le problème, selon eux, c’est bien la technique de fracturation hydraulique utilisée pour les recherches comme pour l’exploitation. Aujourd’hui, les autorités semblent vouloir laisser les manifestants se lasser et abandonner d’eux-mêmes. C’est d’ailleurs face à cette stratégie qu’aucun mouvement social n’a pu résister ces dernières années, pas même celui des chômeurs. Et effectivement, après une dizaine de semaines de mobilisation, les manifestations quotidiennes rassemblent moins d’habitants.

    La vidéo faite par les habitants pour dénoncer la pollution
    Chronologie et chiffres clés
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