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    Nadeem Aslam, le romancier de l’amour et des turbulences

    media Nadeem Aslam est romancier. «Le Cri de l'oiseau de pluie» est son premier ouvrage, paru en anglais en 1993. Richard Lea-Hair

    Sa famille avait fui le Pakistan dans les années 1980 pour venir s’installer en Angleterre. Scientifique de formation, Aslam a pris goût à la littérature en recopiant les textes de Nabokov, Morrison et Cormac McCarthy pour ses cours d’anglais. À 23 ans, il a écrit son premier roman qui lui avait valu l’admiration de Salman Rushdie. Le cri de l’oiseau de pluie paraît enfin en français.

    Nadeem Aslam aime citer Faiz Ahmed Faiz, son poète favori. Les conseils du poète à la jeunesse consistent en deux mots : « Mohobbot koro » (« Faites l’amour »). C’est ce que font les protagonistes des romans du Pakistanais, mais ils doivent aussi en payer le prix. Ils doivent en assumer les conséquences, car ils aiment par-dessus les barrières de castes, de communautés ou de couleur de peau. Cette tension constante entre amour et interdits, force et faiblesse, grandeur et mesquinerie, est la véritable matière des récits lyriques de Nadeem Aslam, l’un des romanciers pakistanais contemporains les plus émouvants.

    Publié en France aux éditions du Seuil, Aslam connaît un grand succès. Ses romans qu’il a toujours situés au cœur du monde musulman, l’éclairant de l’intérieur. Une oeuvre singulière qui touche, émerveille et suscite l’admiration à cause de son écriture poétique et son engagement aux côtés des gens qui souffrent. Rendant compte au début des années 2000 de son grand roman La Cité des amants perdus, un journaliste anglais écrivait :« c’est le genre de livres où ceux qu’on n’entend jamais ont enfin droit à la parole ».

    A 49 ans, Aslam est l’auteur de quatre ouvrages caractérisés par leur souci de détail. Le romancier compare volontiers son travail à celui des peintres miniaturistes orientaux dont les tableaux se signalent à l’attention par la minutie du dessin et la magnificence des couleurs. Son premier roman qui vient de paraître en français ne déroge pas à la règle. Lors de sa parution en anglais, celui-ci avait attiré l’attention des lecteurs avisés, dont Salman Rushdie qui l’avait qualifié de « l’un des premiers romans les plus impressionnants qu’il m’a été donné de lire ».

    Chronique sociale

    Plutôt chronique sociale que fiction à proprement parler, ce premier livre raconte la vie quotidienne dans une bourgade anonyme du Pakistan. Sur fond de féodalisme, patriarcat et montée de l’intolérance religieuse. Le récit s’ouvre sur l’assassinat d’un personnage important de la région. Il s’agit d’un juge, le juge Anwar qui a été abattu à bout portant chez lui. Crime crapuleux ou vengeance familiale ? Le chef de la police en personne mène l’enquête.

    Il y a un côté polar dans ce roman, mais très vite Aslam en démonte avec brio les ressorts habituels afin de rester dans la documentation sociale. Il transforme la recherche de l’assassin en une enquête de moralité dont ni l’enquêteur ni la victime vont s’en sortir blanchis. Par ailleurs, l’enquête de la police se complique avec la réapparition mystérieuse d’un sac postal égaré dix-neuf ans plus tôt dans un accident de chemin de fer. Il n’est pas impossible que le meurtre du juge soit lié à ces courriers qui font remonter à la surface des haines et des animosités passées.

    Le meurtre est ici avant tout une métaphore, car ce qui est en jeu, c’est la survie même de la société libérale pakistanaise, assaillie de toutes parts. Elle est menacée par la dictature, mais aussi par l’intolérance religieuse incarnée par le sort qui est réservé à la femme chrétienne, accusée par les villageois d’entretenir une relation extra-conjugale avec l’inspecteur de police. C’est par touches successives, mettant côte à côte plusieurs embryons de récits, que Nadim Aslam brosse d’une manière impressionniste le paysage social et idéologique de son pays au début des années 1980.

    Il se dégage de ce livre une poésie du désespoir. Désespoir face au déclin et à la dégradation du tissu social que le récit met en scène. Sa narration est distanciée mais non dépourvue de tendresse et de compassion. Les connaisseurs des littératures indo-pakistanaises ne manqueront pas de déceler l’influence de Rushdie dans la construction métaphorique de ce livre. Tout comme l’auteur de La Honte, Aslam a construit sa bourgade anonyme sur le modèle de ce pays que tous les deux connaissent si bien, un pays mis pendant longtemps sous le boisseau par des régimes dictatoriaux, avec la complicité des mollahs. C’est un roman prometteur de toutes ces belles choses que Nadeem Aslam nous a déjà données.

    Le cri de l’oiseau de pluie, de Nadeem Aslam. Traduit de l’anglais par Claude et Jean Demanuelli. Editions du Seuil, 2015, 282 pages, 21 euros.

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