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    Yeelenpix, une agence photo pour vendre une autre image de l’Afrique

    media Yeelenpix propose un autre regard sur le continent. © Bryan Kopps/Yeelenpix

    Lancée en 2013, Yeelenpix est une agence de photographie africaine basée à Paris, qui dispose d’un réseau de 50 photographes professionnels et semi-professionnels à travers le continent, d’Alger à Johannesburg. Son ambition : vendre une autre image de l’Afrique, « contemporaine et adaptée », aux médias, institutions, ONG et agences de communication qui travaillent sur le continent.

    « Yeelen » signifie « lumière » en dioula et « pix » renvoie à « pixel », l’unité de base permettant de mesurer la définition d’une image numérique. Le dioula, c’est la langue natale de Moussa Fofana, 34 ans, ingénieur en informatique ivoirien qui a fait son école primaire à Yamoussoukro, son secondaire à Abidjan et ses études à Limoges, en France, avant de devenir consultant à Paris.

    Il a fondé avec ses deux amis et associés Maguette Mbow et Alexis Poblah, deux Français d’origines sénégalaise et béninoise, l’agence de photographie africaine Yeelenpix  en 2013, en partant du constat d’une grosse lacune à combler sur le marché. « Tout est parti d’une remarque que m’a faite un jour une amie qui travaille dans la communication à Abidjan, explique-t-il. Elle était obligée d’aller acheter des images sur des plates-formes occidentales pour illustrer des documents destinés à ses clients africains, sans pouvoir recourir à des images africaines qui soient à portée de main et adaptées à ses besoins d’illustration. »

    Qu’à cela ne tienne : Moussa Fofana, qui rêve déjà de fonder une entreprise « en lien avec l’Afrique, pour que nous, les jeunes professionnels, on rende au continent ce qu’il nous a apporté », tente alors l’aventure. Il a déjà à son actif un coup d’essai, avec le site d’annonces gratuites Africaspread.com. Avec ses deux associés, il casse sa tirelire et investit toute son épargne dans Yeelenpix, une petite agence de photographie qui propose ses services en ligne en français et en anglais, et définit sa ligne éditoriale en ces termes : « proposer des images adaptées, contemporaines, faites par des gens qui connaissent l’Afrique et qui vont parler aux populations locales. »

    Un projet de bureau à Abidjan ou Dakar

    Les trois amis lancent Yeelenpix sur fonds propres et tentent en vain de capter des capitaux via des sociétés d’investissements. « Monter les dossiers nous a pris beaucoup de temps et nos premières démarches n’ont pas abouti, car la société de private equity [investissement spécifique dans une société ayant pour objectif de financer son développement, NDLR] avec qui nous étions en négociation à Paris s’est montrée trop gourmande », explique Moussa Fofana.

    Moussa Fofana, ingénieur en informatique ivoirien, et co-fondateur de l'agence Yeelenpix. Yeelenpix.com

    Les associés de Yeelenpix, décidés à s’ouvrir à des investisseurs fiables, se montrent pour l’instant sélectifs et attachés à une certaine indépendance, sans pour autant avoir un discours militant. Ils voient grand, revendiquent « le mix des deux côtés de leur identité » d’Africains vivant en Europe, tout en rêvant de s’implanter en Afrique.

    « Nous hésitons pour le moment entre ouvrir un bureau à Abidjan ou à Dakar », précise Moussa Fofana. Le jeune ingénieur ivoirien veut reprendre pied sur le continent, « cette Afrique qui bouge et qui émerge », pour étoffer son réseau de photographes et être au plus près de la demande du secteur privé sur son marché.

    En deux ans, Yeelenpix a déjà réussi à monter un réseau de 50 correspondants à travers l’Afrique, de l’Algérie à l’Afrique du Sud. Leur objectif pour 2015 : faire doubler le nombre de correspondants sur le continent comme le nombre d’images dans leur banque d’images en ligne, pour les faire passer à 30 000 clichés.

    « Nous travaillons avec des professionnels et des amateurs, explique Moussa Fofana. Nous sommes ouverts au travail de jeunes photographes talentueux que nous sommes prêts à accompagner pour qu’ils puissent exprimer leur vision de l’Afrique et la commercialiser. Des jeunes qui ne sont pas encore des professionnels nous contactent, le bouche à oreille commence à fonctionner. »

    Des « semi-professionnels » et des « Africains de cœur »

    Yeelenpix collabore aussi avec des « Africains de cœur, des photographes britanniques installés en Afrique ou des photographes français qui se déplacent souvent sur le continent », précise Moussa Fofana.

    Parmi les clients de la petite agence figurent déjà la chaîne Africa 24, la banque marocaine Chaabi Bank, ainsi que plusieurs agences de communication à travers le continent, qui peuvent illustrer leurs brochures avec des images spécifiques - qu’il s’agisse du coton au Mali ou du riz au Nigeria, en passant par le pétrole en Afrique centrale. L’agence propose des solutions clés en main, en alimentant par exemple des plates-formes spécialement conçues pour tel ou tel type de sujet ou de dossier.

    Pour l’instant, la clientèle de Yeelenpix ne comprend pas de grande institution internationale ou de média important, mais les fondateurs de l’agence prospectent activement.

    Leurs tarifs, conçus pour être abordables, sont fixés en fonction des supports et des utilisations qui sont faites des photos : par exemple, Yeelenpix facture 20 euros l’utilisation d’une image sur un site internet, mais sans autoriser sa reproduction ultérieure pour une affiche ou un support imprimé. Une commission de 35% à 60% du montant des ventes est reversée aux photographes, en fonction de différents critères : leur ancienneté avec l’agence, leur propre notoriété et la qualité de leur travail.

    L’année 2015 s’annonce comme un « cap important » en termes de croissance pour l’agence, qui réinvestit dans son activité tous les revenus qu’elle en tire pour l’instant. Ses directeurs appartiennent à cette nouvelle génération d’Africains trentenaires à la fois conscients et responsables, déterminés à tirer parti de « l’essor africain », dont il est désormais tant question dans la presse occidentale.

    « On y croit, résume Moussa Fofana. Si nous, les jeunes Africains, on ne le fait pas, qui le fera pour nous ? À nous de donner l’exemple ! »

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