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    Hommage à Eduardo Galeano, un écrivain à l’âme latine

    media Le président Tabaré Vasquez (d) s'est rendu avec son gouvernement aux obsèques de Galeano, ce 14 avril. Ici, la foule se presse lors de la levée du corps au Congrès à Montevideo. AFP/Miguel Rojo

    L’écrivain uruguayen Eduardo Galeano s’est éteint, le 13 avril dernier, à l’âge de 74 ans à Montevideo. Auteur militant dans les années 1970, il a influencé toute la gauche latino-américaine. Mais son œuvre demeure avant tout celle d’un poète du quotidien, d’un conteur d’anecdotes. D’histoires racontées par les vaincus.

    La main ouverte est entachée de rouge vif. La sculpture de béton, signée Oscar Niemeyer, trône à l’entrée du Mémorial de l’Amérique latine au centre de São Paulo, la métropole brésilienne. « La main » symbolise au mieux Les Veines ouvertes de l’Amérique latine, l’œuvre phare de l’écrivain Eduardo Galeano. Publiée en 1971, elle exposait les blessures et les violations héritées de siècles de colonisation. Une œuvre devenue une référence pour toute une génération de la gauche latino-américaine, qui revendique son autonomie tant sur le champ politique et socio-économique que culturel.

    Mais c’est surtout sur le plan de l’écriture qu’Eduardo Galeano, avec sa stature imposante et son regard bleu azur, sa manière tranquille de raconter les histoires les plus touchantes, a enrichi le monde, déjà bien peuplé, de la littérature latino-américaine. « Il a accompagné le grand boom du roman latino-américain », souligne l’écrivain chilien Antonio Skarmeta dans les colonnes du quotidien « O Estado de São Paulo », ce qui a permis de rapprocher « l’imaginaire latino-américain » du reste du monde.

    Avant tout journaliste et essayiste

    Certes, Galeano est avant tout militant, journaliste et essayiste. Soixante ans de carrière, entamée lorsqu’il parvient à vendre sa première caricature à un journal du parti socialiste uruguayen, à l’âge de 14 ans. Puis, l’ère des dictatures le poussera vers l’exil, d’abord en Argentine, puis en Espagne, avant de pouvoir rentrer dans son Uruguay natal dans les années 1980, après le retour de la démocratie.

    FP/Pablo Porciuncula

    A Montevideo, la paisible capitale de ce petit pays du Cône sud, il aimait écumer les cafés de la vieille ville, respirer l’air du temps, l’air des gens… Atteint d’un cancer au poumon depuis huit ans, il se surprenait de trouver parfois à son chevet le président d’alors, « Pepe » Mujica. « Qu’est-ce que tu fais là : tu n’as rien de mieux à faire ? », lui aurait-il dit. Le successeur de Mujica, Tabaré Vasquez, a demandé à tous les membres de son gouvernement de se rendre aux obsèques de Galeano, ce 14 avril.

    Pour la gauche latino-américaine, Galeano reste une icône. Un peu malgré lui, toutefois. En 2009, Les Veines ouvertes de l’Amérique latine gagne un nouvel élan lorsque le président vénézuélien Hugo Chávez décide d’en remettre publiquement une copie à Barack Obama, en plein sommet des Amériques ! Un geste symbolique qui va donner un nouveau coup de fouet aux ventes de ce livre devenu incontournable (5 millions d’exemplaires en 20 langues).

    Galeano tutoie la poésie

    Incontournable et pourtant quelque peu dépassé, admettra Galeano lui-même. Sans renier ce livre culte, il estimait que le contexte avait bien changé depuis les années 1970 et qu’il était nécessaire de prendre du recul. Surtout, il ne voulait pas se laisser enfermer dans une vision gauchiste réductrice, qui empêcherait de saisir la richesse et l’originalité de son œuvre. « Je suis devenu prisonnier d’un seul livre, disait déjà Galeano en 2008, en marge d’un festival littéraire au Brésil. Mais la vie continue, et les meilleurs jours sont ceux que je n’ai pas encore vécu ».

    Auteur d’une trentaine d’ouvrages, Galeano tutoie la poésie, égrène les anecdotes dans un style concis, les histoires – toujours racontées du point de vue des plus faibles, avec un grand humanisme. Il se décrivait avant tout comme un curieux. « Je m’interroge avant tout, disait-il. Je suis un grand poseur de questions ».

    Dans une interview accordée à « Globo News », l’an dernier, en marge de la Biennale du livre à Brasilia, il raconte : « Quand j’étais enfant, je croyais que tout ce qui se perdait se retrouvait sur la lune. Et puis les hommes ont marché sur la lune, et on m’a dit qu’il n’y avait pas d’objets trouvés sur la lune en provenance de la Terre. Ça voulait dire que sur la lune ne se trouvaient pas les rêves brisés, les promesses trahies, les illusions perdues… Alors je pose la question, s’ils ne sont pas sur la lune, où sont-ils ? »

    Il griffonnait des anecdotes

    Avec tendresse, il griffonnait des anecdotes apparemment anodines sur un carnet minuscule avant de rédiger des œuvres magistrales, comme la trilogie « Mémoire du feu », ou le plus récent « Miroirs », une série de 600 petites histoires qui se voulait, dit-il, un reflet de l’humanité toute entière. « Ma seule mission est d’être un écrivain et de refléter l’espérance, la raison, la sans-raison de ce monde fou, dont personne ne sait où il va », disait Galeano.

    Dans son œuvre, Galeano célèbre aussi les femmes, qu’il aimait tant, et le football, qui n’a guère été tendre avec lui. « Je voulais devenir footballeur, mais je jouais comme un pied. Alors, dit-il, j’ai décidé de faire avec les mains, ce que je n’arrivais pas à faire avec les pieds ». Les lecteurs lui en sont éternellement reconnaissants.

    Terre humaine Press Pocket

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