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    Centenaire du génocide des Arméniens: l’esprit de la diaspora

    media Ruben Vardanyan, cofondateur de 100 Lives, à Erevan en Arménie. DR

    Les commémorations du 24 avril à Erevan pour le centenaire du génocide des Arméniens donnent lieu à de multiples initiatives. L’une d’elle, « 100 Lives », lancée le 11 mars à New York en présence de George Clooney, est portée par trois descendants de rescapés dont le but est de faire revivre la mémoire de cette tragédie. Entretien avec un de ces «super-survivants» de la diaspora arménienne, Noubar Afeyan, qui a publié son témoignage sur le site 100lives.com.

    Trois descendants de rescapés du génocide arménien, Ruben Vardanyan, philanthrope russe, Noubar Afeyan, homme d’affaires canado-américain, et Vartan Gregorian, actuel président de l’institut Carnegie de New York, ont lancé l’initiative « 100 Lives » pour se souvenir de ce qui est arrivé à leurs ancêtres. Avant qu’il ne soit trop tard, ils appellent les membres de leur diaspora à raconter « les histoires oubliées des rescapés et de leurs sauveurs ». Pour Ruben Vardanyan, « il est temps à présent de parler de ces vies extraordinaires afin d’en tirer des leçons et de leur exprimer notre gratitude pour ce qu’ils ont fait ».
     
    Entre 1915 et 1923, environ 1,5 million d’Arméniens ont été tués en Turquie parce qu’ils étaient Arméniens. Une tragédie qui a commencé le 24 avril 1915, il y a tout juste cent ans, et qui peine encore à être reconnue en tant que génocide dans ce pays - alors qu'une vingtaine d'autres le reconnaissent aujourd’hui comme tel, parmi lesquels l'Allemagne qui se dit coresponsable. Les quelque 500 000 personnes qui ont survécu et leurs descendants forment une diaspora éclatée à travers le monde. Une quinzaine de leurs témoignages sont déjà en ligne sur le site 100lives.com. Et le prix Aurora, en hommage à Aurora Mardiganian, honorera dès le 24 avril prochain des personnes qui combattent les génocides. Son comité de sélection rassemble de grandes figures des droits de l’homme comme Mary Robinson, Elie Wiesel ou George Clooney.

    Aurora Mardiganian, l'inspiratrice du Prix Aurora de 100 Lives

     Noubar Afeyan, le «super-survivant»

    Noubar Afeyan vit à Boston. A 52 ans, ce descendant de rescapés du génocide arménien a publié son témoignage sur le site internet 100lives.com. Afeyan est un entrepreneur de pointe dans les secteurs des biotechnologies et des sciences de la vie aux Etats-Unis, où il enseigne aussi au Massachusetts Institute of Technology. Ce pionnier dans l’art de monter une entreprise sur la base de la survie nous confie ses recettes pour vivre dans le présent tout en se nourrissant des tragédies du passé. Entretien.

    Vous dites avoir une chose en commun avec les Arméniens : être des « super-survivants ». Qu’est-ce que cela signifie exactement ?
    Pour moi, être un super-survivant est le résultat d’une histoire commune, marquée par plusieurs périodes de persécutions à travers les siècles, qui ont connu leur point culminant avec le génocide de 1915. Les Arméniens ont su s’adapter à ces conditions à travers un mécanisme de survie pour ainsi dire. A mon avis, cela a contribué à définir notre état d’esprit et nos valeurs, car nous avons dû persévérer, nous adapter, nous conformer et faire des compromis pour rester en vie. Ce caractère nous a été utile par le passé pour tirer notre épingle du jeu, mais il est temps aujourd’hui de nous en affranchir pour mieux nous affirmer, prospérer et ne plus être seulement « des rescapés ».
     
    Vous dites aussi que « survivre et prospérer » est votre devise. Cette notion vous a été transmise votre grande tante, Armenouhi, alors que vous étiez enfant à Beyrouth. Est-ce votre premier lien personnel avec la cause arménienne ?
    La leçon que j’ai apprise en tant que descendant de rescapés du génocide arménien, c’est que nous ne pouvons pas effacer cette tragédie qui a conduit à la mort de 1,5 millions de personnes. Ces victimes, et les contributions qu’elles auraient pu apporter au monde, ont été perdues à jamais. Nous avons toutefois le pouvoir de contrecarrer les intentions qui ont mené à ces massacres de masse menés contre nos ancêtres, en tirant le meilleur de cette seconde chance qui nous a été donnée, et de profiter de la vie et prospérer de toutes les manières possibles. Nous devons apporter notre pierre à l’édifice et tirer les leçons de cette expérience qui nous a presque mené à la mort, pour apporter notre contribution au monde de demain au lieu de prendre notre existence pour acquise.

    Quelle leçon pensez-vous que les personnes qui liront votre témoignage retiendront ?
    Dans chaque génocide, il y a des victimes et des criminels, mais il y a aussi des sauveurs et des rescapés. Mon grand-père a été sauvé par un officier allemand qui travaillait sur le chantier de la ligne de chemin de fer Berlin-Bagdad, alors même que des militaires allemands participaient aux déportations d’Arméniens pendant le génocide. Cet acte d’héroïsme a sauvé mon grand-père, et il existe énormément d’autres personnes qui ont contribué à tirer des griffes de la mort des dizaines de milliers d’Arméniens. Elles devraient être pour chacun d’entre nous autant de sources d’inspiration. Le projet 100 Lives est pour moi une manière de tirer de l’oubli ces sauveurs mais aussi les héros des temps modernes qui font aujourd’hui des actions similaires.

    Quel impact pensez-vous que l’histoire de votre famille pendant le génocide a eu sur votre vision personnelle ?
    Le génocide arménien, et sa négation encore très prégnante, ont changé de manière plus importante qu’on le croit l’itinéraire des membres de ma famille. Pour moi, il était important que mon expérience personnelle serve une cause positive. De plus, être un rescapé et ne rien prendre pour acquis m’a aidé, et de manière assez étonnante et ironique, dans ma vie d’homme d’affaires et d’entrepreneur qui se bat et persévère pour créer des entreprises innovantes et qui transforment le monde.
     
    Vos grands oncles, Bedros et Nerses, ont frôlé la mort à Istanbul entre 1914 et 1915, puis ils ont pris un train pour Belemedik, à la frontière turco-syrienne, une gare construite par les Allemands. Ils font alors ce qu’ils peuvent pour ressusciter « la nation arménienne ». Quitte à faire des choix draconiens quant aux gens qu’ils parviennent à sauver…
    J’ai une profonde empathie envers mes oncles quand je repense aux choix qu’ils ont dû faire, et je ressens aussi la dureté de cette situation où ils ont pu sauver des vies d’une part, tout en sachant que ceux qu’ils ne parviendraient pas à sauver allaient périr dans cette tragédie...

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