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    Guerre du Vietnam: «Appelons-le Billy Brown»

    media La guerre du Vietnam telle que l’ont filmée les cameramen de l’armée américaine. Un matériau revisité par Daniel Costelle et Isabelle Clarke pour leur première série documentaire «Vietnam, images inconnues ». Ed. Montparnasse/DR

    Montrer le quotidien des soldats pendant la guerre du Vietnam, grâce à des images rares exhumées des archives de l’armée américaine en 1996, tel est l’objectif de cette série documentaire de Daniel Costelle et Isabelle Clarke, Vietnam, images inconnues, dont le DVD est à nouveau disponible aux éditions Montparnasse à l’occasion du 40e anniversaire de la chute de Saïgon. Pour revivre de l'intérieur les grandes étapes de ce conflit qui a occupé le devant de la scène internationale avec, en double toile de fond, la guerre froide et la décolonisation.

    Des images inconnues de la guerre du Vietnam. C’est ce que propose la série documentaire en trois épisodes signée Daniel Costelle et Isabelle Clarke, un couple devenu mythique pour avoir écrit et/ou réalisé en commun une quinzaine de grands documentaires pour la télévision, pour beaucoup des documentaires de guerre dont certains sont des best-sellers comme Apocalypse, rediffusé ces jours-ci sur France 2.

    Vietnam, images inconnues, leur premier film sorti en 1996 et coproduit par France 3 et l’INA, fut déjà un succès commercial pour les éditions Montparnasse (près de 30 000 DVD vendus entre 1998 et 2008) qui viennent de remettre le titre au catalogue. Une fresque qui brosse les grandes étapes d’un conflit largement oublié mais qui a pourtant occupé le devant de la scène internationale jusqu’au début des années 1970 avec en double toile de fond la guerre froide et la décolonisation, qui suit de très près ici, en Indochine, la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Extrait de « La Guerre du Vietnam, images inconnues » Ed. Montparnasse/DR

    « Avec leur clap d’identification »

    Les réalisateurs ont eu accès, vingt ans après la fin des hostilités, à quelque 20 000 bobines exhumées des archives de l’armée américaine « avec leur clap d’identification ». Des images rares, en couleur, jusqu’alors couvertes par le secret militaire ou censurées pour leur violence – parfois insoutenable. En contrepoint, figurent aussi d’autres images en noir et blanc prises sur « l’ennemi » qui, lui aussi, filme beaucoup, et différemment.

    A partir de ce matériau brut, ils ont bâti la trame du film autour du quotidien des soldats américains dans la guerre tel que l’ont filmé en tout cas les cameramen de l’armée américaine. « Les cameramen filmaient tout, sans pudeur, sans voyeurisme ni complaisance, avec l’émotion du combattant et le talent du cinéaste ». Un quotidien « que la société américaine laisse voir avec transparence et franchise », souligne le commentaire. Mérite d’autant plus grand que « ce fut une guerre abominable ». Comparativement, il est vrai, la France a mis beaucoup plus de temps à s’affranchir de ses cauchemars sur l’Indochine et la guerre d’Algérie.

    « Un bon petit gars du Kansas »

    « Vietnam, janvier 1966. Une équipe de cinéastes américains attend dans la chaleur moite l’arrivée des nouveaux appelés. Ils vont filmer les premiers jours au Vietnam de l’un de ces jeunes hommes », annonce d’emblée le cinéaste, qui révèle déjà son art consommé du choix des images et de l’écriture documentaire. Au milieu de tous ces rushes, il a identifié un personnage dont l’itinéraire sert de fil rouge pour retracer les grandes étapes du conflit.

    « Appelons-le Billy Brown. Un bon petit gars du Kansas qui s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment ». La caméra zoome sur l’ingénu, tout sourire. L’instant d’après, une rafale de mitraillette éclate alors que, sous un rai de soleil éblouissant, un soldat aux aguets pointe son fusil droit devant lui, évoluant d’un pas lourd, jambes à moitié fléchies, les pieds dans l’eau dans la rizière… Une image somme toute classique de la guerre du Vietnam.

    Tout comme celles de ces hélicos qu’on voit survoler en rase-mottes le delta du Mékong, avant d’atterrir dans une clairière bordée de palmiers et d’y débarquer des soldats, qui se mettent à tirer en rafale sur des villageois supposés ennemis… Ou encore de cet enfant assis par terre, tremblant, qui leur jette un regard effrayé… Et de citer la lettre que Billy écrira plus tard où il dit : « Je suis mort ici. J’ai fait des choses que j’aurais pas dû faire. J’ai vu des choses que j’aurais pas dû voir. »

    Ed. Montparnasse

    « Pourquoi suis-je au Vietnam », se demande Billy venu effectuer son tour of duty, le service obligatoire d’un an au Vietnam – à l’instar des 200 millions d’Américains qui comprennent mal pourquoi l’Amérique entre progressivement en guerre. Les Français avaient conquis ce pays qu’ils avaient baptisé Indochine au siècle précédent, mais ils ont dû se retirer en 1954 face à la Ligue communiste pour l’indépendance du Vietnam, apparue après la Seconde Guerre mondiale.

    « Coco du Vietnam »

    Dès lors, une conférence internationale divise ce pays de part et d’autre du 17e parallèle, avec, au Nord, un Etat communiste dont les deux grandes figures apparaissent à l’image : Vo Nguyen Giap, vainqueur à Diên Biên Phu, et le chef historique du Parti communiste vietnamien, Hô Chi Minh. L’oncle Hô dont on mesure la poigne en découvrant ces images de « la collectivisation forcée » qui provoque l’exil vers le sud de quelque 900 000 paysans et catholiques, affirme le commentaire.

    Les combattants « vietminh », un nom devenu trop prestigieux, sont rebaptisé « vietcong » par la CIA, un mot qui signifie « coco du Vietnam ». Leur nom de code, « VC », Victor Charlie, dont Billy Brown découvre l’existence lors de séances de cinéma où des officiers présentent l’ennemi aux jeunes recrues : sandales en caoutchouc découpées dans de vieux pneus, pyjama noir comme tous les paysans du Vietnam, donc difficile à distinguer. Ils ont pour tactique de base l’embuscade, leur explique-ton. De « formidables combattants » auxquels il va falloir faire face.

     La théorie des dominos

    Au départ, les Américains auraient souhaité soutenir l’installation au sud d’une « véritable démocratie, garantie pour eux du maintien de cette partie du monde dans le camp occidental », soutiennent les auteurs du film. A cette fin, ils installent au pouvoir un notable nationaliste, Ngo Dinh Diêm, dont le régime corrompu détourne l’aide américaine, favorisant l’agitation durement réprimée. Pour soutenir une armée désorganisée et mal entraînée, ils envoient des conseillers militaires et des armes. Et « l’Amérique met le doigt dans l’engrenage ».

    Le président Eisenhower déclare en 1954 que « si l’Indochine bascule, toute l’Asie du sud-est tombera comme une rangée de dominos ». Au nom de cette fameuse « théorie des dominos », le président Kennedy, son successeur, porte « leur nombre à 16 000 en 1963 ». Entre-temps, « le communisme a fait tomber le domino cubain, écrasé Budapest et enfermé Berlin »…

    Parmi les conseillers militaires, de nombreux baroudeurs des forces spéciales, chargés de l’entraînement des populations au combat antiguérilla. Il s’agit de faire face au maquis du Sud, relancé par les dirigeants du Nord qui créent en 1960 le Front national de libération, le fameux FLN, censé cristalliser toutes les oppositions au régime Diêm. Des soldats infiltrés, de plus en plus nombreux, renforcent la guérilla. Diêm que l’on voit à l’écran, lâché par les Américains et « assassiné par ses propres généraux avec l’accord de la CIA » trois semaines avant l’assassinat de Kennedy.

    L'incident du golfe du Tonkin

    Lindon Johnson lui succède. Il garde Robert Mac Namara comme secrétaire à la Défense, que l’on découvre, sur place, au printemps 1964. La perspective des élections incite à la prudence. Pas question d’envoyer des troupes. « Il s’en tient à de petites opérations secrètes avec de petites unités de la US Navy près des côtes du Nord-Vietnam ». Jusqu’au 4 août 1964 où un incident dans le golfe du Tonkin donne le prétexte à une véritable déclaration de guerre… Une seconde attaque « encore aujourd’hui controversée » et Johnson ordonne la riposte. Des porte-avions, chasseurs et bombardiers décollent avec pour objectif les installations côtières du Nord. Devant le Congrès, le 7 août 1964, Johnson explique que l’Amérique a été victime d’une agression et obtient le feu vert quasi unanime pour engager les forces américaines.

    Extrait de « La Guerre du Vietnam, images inconnues ». Ed. Montparnasse/DR

    Et revoilà Billy, qui sourit de moins en moins alors que la guerre entre le bloc communiste et les Etats-Unis vient d’être déclarée. Raids, représailles, envoi de gros bombardiers… Les bases militaires qu’ils installent pour leurs avions vont devenir les cibles privilégiées du « vietcong ». Il faut d’urgence renforcer leur sécurité, encore et encore... Jusqu’au 8 mars 1965 où deux bataillons de Marines débarquent à Tanang. « L’arrivée au Vietnam de ces 35 000 soldats d’élite marque le premier engagement des forces terrestres américaines ». Et précipitent le cours de la guerre.

    Toutes ces archives ont longtemps été frappées du sceau du secret. Le mot figure d’ailleurs dans le titre de chaque épisode. Le Secret de la Guerre ou l’histoire de l’escalade de l’engagement américain jusqu’en 1968. Le Secret des armes ou comment vaincre un ennemi pauvre mais insaisissable, avec des moyens de plus en plus terrifiants – comme en attestent ces images apocalyptiques de bombardements au napalm. Il couvre l’année 1968 et l’offensive du Têt, qui se conclut après des semaines de combats acharnés par une victoire américaine. Et enfin, Le Secret des hommes, ou la lassitude et les espoirs des soldats américains lors des ultimes combats, entre drogue et bravoure, jusqu'au cessez-le-feu de 1973.

    Autant d’images qui nous parviennent jusqu’aujourd’hui grâce au talent et au courage d’opérateurs qui ont filmé cette guerre sur pellicule bien longtemps avant l’avènement de la vidéo. Avec la mort qui rôde partout, dans « une nature magnifique et maléfique ».

    La Guerre du Vietnam – Images inconnues, une série documentaire de Daniel Costelle et Isabelle Clarke. Editions Montparnasse. 20 euros.

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