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    «Mistral»: Paris et Moscou prêts à trouver un compromis

    media Le porte-hélicoptères «Mistral», à quai, dans la Neva (rivière située dans le centre de Saint-Pétersbourg), le 23 novembre 2009. AFP/Kitill Kudryavtsev

    Après la rencontre entre François Hollande et Vladimir Poutine le 24 avril dernier en Arménie, la France et la Russie sont proches de trouver un accord pour l’annulation du contrat de livraison à la Russie de deux navires de guerre de type Mistral, notamment quant au remboursement des sommes déjà engagées par Moscou, apprend-on de source russe proche des discussions. Appels sur l’actualité revient sur cet épineux dossier qui empoisonne les relations entre les deux pays. François Hollande aurait proposé une solution « acceptable » permettant à la France de « sauver la face ».

    La non-livraison des Mistral peut-elle avoir un impact sur la capacité de défense de la Russie ?
    A en croire Vladimir Poutine, la non-livraison des Mistral n’a pas d’importance. Il l’a dit le 16 avril dans sa dernière allocution télévisée. Il a même ajouté que la Russie avait signé ce contrat pour donner du travail aux ouvriers des chantiers navals français. Il est tout de même difficile de croire à un acte de pure générosité pour un contrat de 1,2 milliard d’euros ! Autre déclaration russe, celle du président du Consortium unifié de construction navale, OSK, qui affirmait récemment qu’il était prêt a répondre à une commande similaire, que les chantiers navals de la mer Baltique, à Saint-Pétersbourg, étaient en mesure de fabriquer ce genre de navire. En fait, d’après les experts, la marine russe ne dispose pas actuellement de navire semblable au Mistral, et les chantiers navals russes ne sont pas en mesure d’en réaliser, en tout cas pas dans les délais proposés par l’entreprise française DCNS. En effet, les chantiers navals russes construisent surtout des sous-marins. La Russie manque d’expérience en matière de construction de navires de gros tonnage. Mais elle en a acquis à travers ce contrat, car une partie de la coque des navires a été fabriquée en Russie, et le contrat prévoyait aussi des transferts de technologies.

     
    A quoi peut servir un navire comme le Mistral ?
    Le Mistral n’est pas un simple porte-hélicoptères ; il peut embarquer de 16 à 30 hélicoptères, 4 barges de débarquement, 2 aéroglisseurs, des véhicules blindés et des soldats. Il peut également servir de navire-hôpital. Ses capacités de projection sont importantes et variées, et ses systèmes de communication, très performants, peuvent en faire un navire de commandement. Ce bâtiment peut permettre de contrôler d’importantes régions littorales. D’après l’amiral en chef de la Marine russe, Vladimir Vysostsky, la Russie a des capacités limitées en ce domaine pour le moment. C’est l’une des conséquences des coupes budgétaires après la guerre froide. D’après notre spécialiste des questions militaires à RFI, Olivier Fourt, les navires de débarquement de la flotte russe ont près de trente ans, et le dernier grand porte-hélicoptères russe, le Kiev, est parti à la casse en 1996 ! Une étude de 2014 indique aussi que la flotte russe disposerait de 270 navires dont 125 seraient en état de fonctionnement et 45 seulement des bâtiments de haute mer et des sous-marins en état d’être déployés.

    François Hollande et Vladimir Poutine à Erevan. Reuters/Alexei Nikolsky/RIA Novosti/Kremlin

    Où auraient dû être déployés les 2 Mistral ?
    Officiellement, les 2 Mistral, Sébastopol et Vladivostok, devaient être déployés dans la flotte du Pacifique. Mais la situation en Ukraine peut mener la Russie à revoir ses plans. La situation au Moyen-Orient aussi. Alors, un navire du type Mistral manquera-t-il à la flotte russe ? Cela dépend évidemment de ses objectifs. L’amiral Vysostsky a déclaré que si la Russie avait disposé du Mistral en 2008, elle aurait gagné sa guerre contre la Géorgie en quarante minutes au lieu de vingt-six heures !

    Ce dossier empoisonne les relations franco-russes. L’annulation du contrat peut-elle permettre une amélioration des relations entre la France et la Russie ?
    Vladimir Poutine, lors de l’intervention télévisée du 16 avril citée plus haut, a déclaré qu’il ne demanderait pas de dédommagement, mais juste le remboursement des sommes déjà versées. Le président russe avait opté pour un ton apaisant alors que, peu avant, d’autres responsables politiques russes avaient menacé Paris de s’adresser au tribunal d’arbitrage et de demander des indemnisations importantes. En effet, le contrat prévoit une possibilité d’annulation uniquement en cas de « force majeure », et une possibilité de retard dans la livraison pour des raisons d’ordre technique. Il n’est nulle part question de motifs d’ordre diplomatique. Les Russes ont donc d’abord brandi la menace, sous-entendant que cette affaire allait gravement détériorer les relations franco-russes. Finalement, ce ne sera sans doute pas le cas. Paris et Moscou semblent être prêts à trouver un compromis. Francois Hollande a rencontré à plusieurs reprises Vladimir Poutine depuis le début de la crise ukrainienne, et le président russe semble vouloir garder cette voie de dialogue avec l’Union européenne. Il ne veut pas se fâcher avec la France. D’autant que les relations avec la chancelière allemande, Angela Merkel, l’autre partenaire des négociations de paix avec l’Ukraine, sont difficiles. Pour autant, le président russe a souligné que Moscou ne chercherait plus à conclure des contrats d’armement avec un pays membre de l’Otan. Ce contrat était une première. Ce sera sans doute aussi une dernière. Quelque chose de l’ordre de la confiance est rompu entre les deux pays, que ce soit à Moscou ou à Paris.

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