GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 13 Octobre
Lundi 14 Octobre
Mardi 15 Octobre
Mercredi 16 Octobre
Aujourd'hui
Vendredi 18 Octobre
Samedi 19 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Hebdo

    La BAD a 50 ans et tout l’avenir devant elle

    media Le président de la BAD, Donald Kaberuka (d) est accueilli à Conakry le 23 octobre 2014 par le président guinéen Alpha Condé lors d'une réunion sur Ebola. Au centre, Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’UA. AFP/Cellou Binani

    Pour succéder au Rwandais Donald Kaberuka, la Banque africaine de développement va choisir son nouveau président lors des 50e assemblées annuelles qui auront lieu du 25 au 29 mai à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Cette institution panafricaine dont le siège se trouve à Abidjan dressera pour l'occasion son bilan mais aussi ses perspectives d’avenir face aux défis qui ne manquent pas.

    La BAD, fondée en novembre 1964 à Lagos, au Nigeria, par 23 Etats africains fraîchement indépendants, fête cette année ses 50 ans. Elle va se choisir un nouveau président, en conformité avec sa mission originelle : transformer les sociétés africaines et stimuler leur intégration économique. Lancée avec dix salariés seulement et un capital de 250 millions de dollars, la Banque compte aujourd’hui plus de 2 000 employés et un capital de 103 milliards de dollars. Parmi les actionnaires du groupe BAD figurent les 54 pays du continent à hauteur de 60% du capital, en plus de 26 pays non africains (40% du capital), qui les ont rejoints au fil du temps. En son temps controversée, cette ouverture à des actionnaires non africains, en 1972, avait permis à la Banque de renforcer ses moyens d’action, sans perdre son caractère panafricain.

    Classée parmi les cinq premières banques d’investissement au monde, la BAD affiche la meilleure note possible – un « triple A » – émanant des agences de notation. Elle accorde aux pays africains deux types de prêts : les prêts concessionnels à travers le Fonds africain de développement (FAD), créé en 1972, et le Fonds spécial du Nigeria (FSN), créé en 1976, et des prêts aux conditions du marché des capitaux pour les pays les plus développés d'Afrique. Entre 1967, date du début de ses activités, et la fin 2013, la BAD a approuvé plus de 4 500 projets pour un total de 118,7 milliards de dollars.

    Afro-optimisme et « croissance partagée »

    Aujourd’hui, l’heure est à l’innovation. Comme l’a dit le président sortant Donald Kaberuka en novembre dernier, « refaire la même chose en l’amplifiant ne suffira pas ». La donne a radicalement changé en effet : de 300 millions d’habitants en 1964, l’Afrique en compte trois fois plus aujourd’hui, et en abritera 2 milliards d’ici 2040. Cette explosion démographique, qui s’accompagne déjà d’une forte urbanisation et de l’essor de classes moyennes, va tout changer en Afrique. « Ce n’est qu’après avoir gravi une haute colline que l’on découvre qu’il en reste beaucoup d’autres à gravir », a ajouté Donald Kaberuka, citant Nelson Mandela.

    Lors de la crise financière internationale de 2008, la BAD a encore montré sa capacité à financer des projets d’infrastructures (50% de ses financements), de marchés communs, de promotion du secteur privé et de soutien aux Etats fragilisés ou en situation d’après-guerre. Donald Kaberuka a lancé le « Fonds Afrique 50 », pour accélérer le financement des infrastructures, ce qui lui a valu d’être nommé « Africain de l’année » 2013 par le quotidien nigérian The Daily Trust. Parmi ses axes stratégiques figurent la « croissance inclusive », qui cherche à voir les populations enfin bénéficier des retombées des forts de taux de croissance enregistrés à travers le continent ces dernières années.

    La tour de la BAD à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Skiper / Wikimedia Commons

    Déménagements

    La BAD, située au cœur des tourmentes africaines, est devenue une experte en gestion des incertitudes – « un domaine dans lequel l’Afrique a une longueur d’avance », selon l’observateur américain Jonathan Berman, qui commente l’évolution du secteur privé africain sur le site de la Harvard Business Review.

    La Banque avait dû déménager son siège en 2002 d’Abidjan à Tunis, au début de la crise ivoirienne. Ce qui ne l’a pas empêchée de réintégrer ses locaux en 2014. Plus forte que jamais : le FAD totalise 7,3 milliards de dollars pour la période 2014-2016, contre 9,5 milliards en 2010-2012, le montant le plus élevé de l’histoire du FAD.

    Moins de guerre et plus de croissance

    Parmi les raisons d’espérer citées par ses responsables, le fait que l’Afrique connaisse moins de guerres, et que des pays en conflits tels que l’Ethiopie, la Côte d’Ivoire, la Sierre Leone, le Mozambique et l’Angola soient tous devenus des locomotives à l’échelle de leurs régions respectives. Ils ont rejoint les pays les plus performants d’Afrique tels que Maurice, le Botswana, les Seychelles et le Cap-Vert… d’où pourrait bien venir la prochaine patronne de la BAD. Le continent, avec une croissance robuste de 5% par an, est devenu la dernière frontière de la croissance globale, avec des pays affichant des taux à deux chiffres (10,9% pour l’Ethiopie en 2013) qui font des envieux même sur les marchés émergents (7,7% pour la Chine la même année).

    Cristina Duarte, actuelle ministre des Finances et du Plan du Cap-Vert, est à 52 ans la seule femme en lice parmi les 8 candidats à la succession de Donald Kaberuka. Issue d’un petit pays d’à peine 500 000 habitants considéré comme un modèle en matière de réformes économiques et de gouvernance, elle aurait toutes ses chances. Elle propose de passer de la « gestion de la pauvreté et de la précarité à la création de richesses ». Le conseil des gouverneurs de la BAD, présidé par l’Ivoirien Albert Mabri Toikeusse, fera son choix le 28 mai.

    Sont en lice, outre Cristina Duarte, sept autres candidats de haut vol : Akinwumi Adesina, ancien ministre de l’Agriculture du Nigeria, Sufian Ahmed, ministre des Finances de l’Ethiopie, Jaloul Ayed, ancien ministre des Finances de la Tunisie, Bédoumra Kordjé, ministre des Finances et du Budget du Tchad, ancien cadre et vice-président de la BAD, Samura Kamara, économiste et ministre des Affaires étrangères de la Sierra Leone, Thomas Sakala, économiste zimbabwéen, ancien vice-président de la BAD et Birama Boubacar Sidibé, ancien cadre de la BAD et vice-président depuis 2009 de la Banque islamique de développement (BID).

    La BAD a adopté un Document de stratégie décennale 2013-2022 visant à renforcer la croissance dans les Etats les plus fragiles. Et ce en tenant compte du contexte global de baisse du niveau de l’Aide publique au développement (APD), et de l'augmentation des investissements directs étrangers (IDE) sur le continent. Un virage que l’institution est déjà prête à négocier, quel que soit son prochain président, convaincue que la croissance du secteur privé va de plus en plus reposer sur des financements endogènes, par définition made in Africa

    Cristina Duarte, ministre cap-verdienne des Finances. Emerging markets
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.