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    L’Ethiopie, un pays pauvre en phase de décollage

    media L’Ethiopie est classé par le Fonds monétaire international (FMI) parmi les cinq économies les plus dynamiques du monde. Getty Images/Tom Cockrem

    L'Ethiopie où la coalition au pouvoir a, sans surprise, remporté une écrasante victoire aux élections législatives du 24 mai, est le seul pays du continent à ne jamais avoir été colonisé dans la durée. Depuis dix ans, il affiche une robuste croissance. Classé parmi les cinq pays les plus dynamiques du monde par le FMI, l’Ethiopie, 94 millions d’habitants, s’impose comme un modèle de développement, sans disposer de ressources naturelles abondantes. Son secret : une industrialisation rapide qui génère des emplois et des dépenses sociales massives, deux axes soutenus par les autorités.

    « Prochain Pakistan », nouveau « Far East »… L’Ethiopie, classé par le Fonds monétaire international (FMI) parmi les cinq économies les plus dynamiques du monde, ne manque pas de surnoms prometteurs. Un miracle est-il en cours, dans ce pays de la Corne de l’Afrique ?

    L’une des nations les plus pauvres du monde, vulnérable aux sécheresses et connue pour ses effroyables famines dans les années 1980, affiche depuis une décennie des taux de croissance enviables : 10,3% en 2014 et 10,9% de moyenne annuelle entre 2002 et 2012, selon le dernier rapport Perspectives économiques de l’Afrique (PEA) publié par la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation de coopération au développement économiques (OCDE).

    L’industrialisation rapide d’un marché largement agricole (40% du PNB, 80% de l’emploi et 70% des recettes à l’exportation) paraît d’autant plus remarquable qu’il ne dispose pas d’abondantes ressources naturelles - en dehors de quelques mines d’or, de son bétail et de sa filière horticole, en plein essor.

    Du café, de l’or, des chaussures et des fleurs

    En moins de dix ans, l’Ethiopie est devenu le second exportateur de fleurs en Afrique après le Kenya et avant l’Afrique du Sud. Les roses exportées en Europe (Pays-Bas, Allemagne, Belgique et Norvège) soutiennent la forte croissance de la filière horticole, qui a rapporté 245 millions de dollars de recettes en 2014, en hausse de 6,4% par rapport à 2013. De plus en plus de sociétés étrangères achètent des terres pour cultiver des roses, comme l’opérateur néerlandais Sher Ethiopie.

    L’industrie ne représente pas plus de 14,4% du PNB, mais elle affiche une robuste croissance annuelle (18,5% en 2013 et 21,2% en 2014). Elle est tirée par les mines et le boum de ces dernières années dans la construction et les manufactures. Un visage bien connu, celui de la jeune entrepreneuse Bethlehem Alemu, 35 ans, incarne désormais le dynamisme éthiopien. Fondatrice de Sole Rebels, cette jeune femme exporte à travers le monde entier, via son site internet, des sandales Made in Ethiopia faites à partir de pneus recyclés.

    De grandes industries de la chaussure ont délocalisé leurs usines en Ethiopie où la main-d’œuvre est bon marché (50 dollars de salaire mensuel pour un ouvrier, contre 500 dollars en Chine) et où la filière cuir attire les investisseurs. La matière première se trouve en abondance et à bon marché, dans ce pays qui compte le plus vaste cheptel d’Afrique.

    Le fabricant de chaussures chinois Huajian a installé en 2011 dans la banlieue d’Addis-Abeba une usine de 3 000 employés pour approvisionner ses clients (Guess, Clarks, Toms et Naturalizer) en souliers. Il envisage d’investir 2 milliards de dollars pour employer 10 000 personnes dans dix ans, dans ce qui ressemblera à une « ville de la chaussure », avec des écoles pour former les effectifs et améliorer leur productivité.

    La filière textile suit, elle aussi : le géant H&M, actif dans le prêt-à-porter, a pris pied en 2014 en Ethiopie. Pittards, une société britannique de confection de gants en cuir, exporte vers les Etats-Unis et le Japon à partir de son usine de 650 employés à Addis-Abeba, implantée en 2004. Le principal fabricant de vêtements en coton n’est autre que le groupe turc Ayka Addis, 7 000 ouvriers qui fabriquent des pyjamas et des t-shirts ensuite exportés en Allemagne. Le groupe envisage d’acheter des milliers d’hectares de terres arables, pour y cultiver son propre coton biologique et cesser de l’importer de Turquie.

    Vers une croissance inclusive ?

    Les autorités, en quête de devises étrangères, font tout pour attirer les investisseurs étrangers. Un système fiscal libre de toute taxe est proposé pendant leurs cinq premières années d’activité - un régime bien plus attractif que celui que propose la Chine. Les industries étrangères peuvent ainsi importer tout leur matériel nécessaire sans payer de droits de douane, un avantage qui fait la différence.

    La croissance est-elle pour autant inclusive ? Un producteur de café dans une coopérative éthiopienne touche seulement 7% du prix de détail de son café. De même, un horticulteur ne touche que 0,18 cents (USD) par botte de fleurs, soit 2% du prix de détail sur le marché européen (9 dollars), notent la BAD et l’OCDE. Les inégalités sociales restent importantes, et l’Ethiopie figure toujours dans le peloton de queue dans les classements internationaux : 132e sur 189 pays dans le rapport Doing Business 2015 de la Banque mondiale sur le climat des affaires, et 173e sur 187 pays, dans l’Indice de développement humain (IDH) calculé par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Loin derrière Maurice, l’Afrique du Sud et le Rwanda, l’Ethiopie n’arrive qu’en 18e position dans le classement annuel fait par le Forum économique mondial des économies les plus performantes d’Afrique.

    Quoi qu’il en soit, l’Ethiopie peut se vanter d’être « le » pays d’Afrique à avoir fait les progrès les plus rapides pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Les autorités investissent non seulement dans les infrastructures mais aussi dans la santé et l’éducation. Les dépenses sociales représentent 84% des dépenses publiques, avec d’impressionnants résultats.

    L’usage des méthodes contraceptives est passé de 15% à 42% entre 2005 et 2014, tandis que la mortalité infantile (enfants de moins de cinq ans) est passée de 123 à 88 pour mille naissances vivantes au cours de la même période. L’accès à l’eau potable s’est amélioré, de même que le taux de scolarisation dans le primaire (passé de 68% en 2005 à 95% en 2014).

    La pauvreté, de 45,5% en 1995, est passée à 24% de la population en 2014. Pas moins de 1,3 million d’emplois ont été créés en 2013, selon la BAD, grâce au soutien des autorités à la création de PME-PMI. Cette volonté politique d’obtenir des résultats en termes de développement s’avère déterminante, comme au Rwanda, aux Seychelles ou à l’Ile Maurice, parmi les pays les plus performants d’Afrique.

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