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    Anonymous accuse l'entreprise américaine CloudFlare d'aider le jihad

    media Un groupuscule d'Anonymous s'est lancé dans une opération de guerre informatique contre les supporters de l'organisation de l'Etat islamique. Wikipedia

    CloudFlare, un prestataire de services internet américain, est pris pour cible par des Anonymous. Ces derniers accusent l'entreprise d'héberger des sites et des forums de propagande jihadiste. Curieux bras de fer entre des Anonymous patriotes et une entreprise... dénonçant une volonté de censure.

    Depuis le mois d'avril, un groupuscule d'Anonymous s'est lancé dans une opération de guerre informatique contre les supporters de l'organisation de l'Etat islamique (OEI), notamment via Twitter. En parallèle de cette guérilla virtuelle, les activistes ont entamé une lutte des nerfs avec des prestataires de service internet, accusés d'héberger des contenus terroristes. Une liste d'une cinquantaine de sites, ainsi que les entreprises pointées du doigt, a été publiée.

    Une majeure partie des sites incriminés ont recours à CloudFlare. Cette entreprise américaine propose des solutions de protection contre les attaques informatiques en tous genres. Mais malgré l'avertissement des Anonymous, CloudFlare refuse de neutraliser les contenus incriminés. « Nous sommes les plombiers d'internet, explique son PDG Matthew Prince. On fait en sorte que les tuyauteries fonctionnent, mais ce n'est pas à nous d'inspecter ce qui doit ou non passer dedans. » L'entrepreneur évoque une volonté de censure, qu'il trouve inadmissible.

    Capture d'écran compte Twitter d'un Anonymous qui interpelle EastDakota, le compte du PDG de Cloud Flare. Capture d'écran compte Twitter d'un Anonymous.

    Chez les activistes d'Anonymous, on en a profité pour lancer une campagne particulièrement agressive envers l'entreprise, sous le nom d'« opération CloudFlare » (#CloudFlare). L'un des principaux meneurs de cette action, qui s'exprime sous le pseudonyme de « Wautchula Anon », interpelle notamment la multitude de politiciens américains qui utilisent les services de CloudFlare en leur demandant pourquoi ils acceptent de soutenir le terrorisme.

    « De nombreuses factions Anonymous ont utilisé CloudFlare par le passé, admet l'activiste, qui refuse de donner le moindre détail sur son identité. Mais ce sont les Etats-Unis d'Amérique. Nous ne tolérerons pas que des compagnies américaines protègent des groupes terroristes connus ! » Comme lui, quelques dizaines d'internautes, plus ou moins liés aux réseaux Anonymous, battent campagne sur les réseaux sociaux... avec peu de résultats pour l'instant.

    Curieux mélange des genres

    Les campagnes menées contre l'OEI par différents groupuscules sur la Toile sont assez étonnantes. Comme « Wautchula », plusieurs activistes se revendiquant d'Anonymous n'hésitent pas à célébrer les opérations militaires américaines en Syrie et en Irak. Notre interlocuteur va même jusqu'à faire référence au Patriot Act comme argument justifiant de condamner la posture de CloudFlare et pour réclamer une sanction pénale contre l'entreprise.

    Les activistes accusent le prestataire d'héberger des contenus illégaux, ce qui est

    Capture d'écran d'un compte Twitter d'un Anonymous qui interpelle le politique américain Ron Paul. Capture d'écran d'un compte Twitter d'un Anonymous.

    formellement interdit par la loi américaine. Du côté de CloudFlare, on assure ne pas héberger mais simplement intercepter les attaques informatiques. Reste que, comme le notent les Anonymous, pour pouvoir restaurer des contenus détruits, il faut bien en avoir fait des copies... et donc les avoir hébergés quelque part, ne serait-ce que temporairement.

    Interrogé sur cette opération, un activiste français qui mène des attaques contre l'OEI sur Twitter se montre sceptique sur cet acharnement contre CloudFlare. Son opinion sur l'attitude du prestataire américain est pourtant particulièrement explicite : « CloudFlare est sérieusement impliquée. L'argent n'a pas d'odeur... Mais c'est peut-être aussi pour donner l'exemple : faire plier CloudFlare serait un signal clair. Beaucoup de ces sites hostiles à l'Occident... sont hébergés par des prestataires occidentaux ! C'est la double contradiction de cette lutte : des sociétés occidentales donnent une tribune à ces barbares, moyennant quelques dollars ! »

    « Nous n'étions pas au courant »

    Parmi les entreprises incriminées, on trouve en plus de CloudFlare une dizaine de sociétés européennes, dont le Français OVH. Ce dernier est accusé d'héberger un site qui relaie massivement de la propagande jihadiste. Lorsque nous leur avons posé la question, grande surprise : « Nous n'étions pas au courant. Pour ce genre de sites, on peut nous le notifier.

    Capture d'écran du site shamikh1.info. capture d'écran du site shamikh1.info

    Là, ce n'était pas le cas. Suite à votre email, nous l'avons signalé aux autorités. Malheureusement, Anonymous n'a pas pris la peine de nous prévenir ! » C'est ensuite aux services du ministère de l'Intérieur de formuler la demande permettant la fermeture du site incriminé. Une dizaine de jours après cet échange, il était cependant toujours en ligne...

    La plupart des autres entreprises concernées, comme l'Américain Yahoo! Europe, le Britannique Digital Ocean ou encore le Suisse Rook Media, semblent avoir été plus réactives : les sites douteux ont presque tous été désactivés. A moins que leurs protections n'aient tout simplement pas été efficaces et que les Anonymous soient parvenus à passer outre et à couler les contenus ciblés... C'est en tout cas ce que ces derniers laissent entendre. En tout, ils revendiquent la neutralisation de plusieurs centaines de sites internet et de plusieurs dizaines de milliers de comptes Twitter diffusant de la propagande pro-jihad.

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