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    Chauve-souris et manchots dans le collimateur des chercheurs

    media Chauve-souris mégachiroptère frugivore capturée au filet dans la région de Lambaréné au Gabon. IRD

    Des manchots Adélie aux chauves-souris des forêts tropicales africaines, certains animaux vivant dans des communautés importantes sont des nids à virus. Pour mieux comprendre le fonctionnement de certains agents pathogènes et de certaines épidémies, les scientifiques tentent de décrypter les mécanismes de ces espèces.

    Les cinéphiles le savent, on s'inquiète souvent dans les films de voir des virus transmis par l'animal causer de nombreuses victimes. Dans 28 jours plus tard de Danny Boyle (2002) ou dans Alerte de Wolfgang Petersen (1995), ce sont des singes qui sont à l'origine du mal. Dans la réalité, les scientifiques s'intéressent effectivement à ce proche cousin de l'homme. Mais pas seulement. Dans le collimateur des chercheurs, des chauves-souris et des manchots !

    « On en sait peu sur les virus associés aux animaux de l'Antarctique, qui sont probablement très répandus », peut-on lire dans un article scientifique du Journal de la virologie générale daté d'avril 2015. « Les oiseaux aquatiques comme les Anatinae [famille, entre autres, des canards, ndlr], les Laridae [famille des mouettes et des goélands], et d’autres oiseaux côtiers sont considérés comme des réservoirs naturels de virus de la grippe aviaire. L'écologie et les circuits migratoires de ces oiseaux ont un effet direct sur la répartition mondiale et la diversité de ce type de virus », explique un autre article du journal de la Société américaine pour la microbiologie en 2014.

    Certaines espèces animales sont de plus en plus étudiées par la communauté scientifique du fait de la diversité de virus dont elles sont porteuses. « Ce sont des espèces d'animaux qu'on appelle des réservoirs, explique Pierre-Olivier Vidalain, chercheur en immunologie à l'université Paris Descartes. Des espèces dans lesquelles la concentration et les variétés de virus sont plus importantes. »

    Chauve-souris mégachiroptère frugivore capturée dans la région de Makokou au Gabon pour les recherches sur le réservoir du virus Ebola. IRD/Jean-Jacques Lemasson

    Un métabolisme très élaboré

    Si le manchot commence tout juste à piquer la curiosité des scientifiques, les chauves-souris ont déjà mobilisé de nombreux efforts. « Ce sont des animaux grégaires qui vivent dans des colonies particulièrement vastes : des centaines, voire des milliers d'animaux, explique Pierre-Olivier Vidalain. De telles densités d'animaux permettent aux virus de se maintenir dans les populations. »

    Particulièrement résistante, la chauve-souris dispose d'un « super » métabolisme qui lui permet, selon le chercheur, de bénéficier de capacités biologiques tout à fait spécifiques. « Pour pouvoir voler, explique-t-il, il faut que son métabolisme soit très élaboré. C'est une espèce d'athlète. » Pour voler, la chauve-souris accélère en effet énormément son rythme cardiaque, produisant massivement des « radicaux libres », propices à l'apparition de cancers. Pour se défendre, la chauve-souris fabrique des facteurs anti-tumeurs. Et de fait, elle ne développe pas de cancers. « Les virus, eux aussi, se développent pour muter, ajoute Pierre-Olivier Vidalain. Et face au système immunitaire de la chauve-souris, ils développent des réponses. (…) Mais si un homme ou une vache est touché, ça peut donner quelque chose comme Ebola. »

    La terrible épidémie qui a frappé l'ouest-africain ces derniers mois pourrait en effet provenir de chauve-souris. Les rongeurs volants, mangés par les populations, consomment également les fruits qui servent à nourrir hommes et bétail. La salive et le sang des petits animaux sont le mode de transmission le « plus probable » du virus. Eric Leroy, virologue au Gabon, confirme que certaines espèces sont propices à faire circuler les épidémies : « Les petites espèces de mammifères, très diversifiées, avec un taux de reproduction très élevé, sont des réservoirs à agents pathogènes. »

    « Les chauves-souris ne portent pas plus de virus que les rongeurs, mais il y a un chez ces animaux un grand nombre d'espèces et, donc, une grande diversité génétique. Leur spécificité, c'est qu'elles vivent en communautés très nombreuses dans lesquelles plusieurs espèces sont mélangées. Cette promiscuité facilite le passage des virus de l'une à l'autre. »

    Cartographier les virus

    La plupart des virus portés par les animaux ne sont pas dangereux pour l'homme. Les scientifiques cherchent surtout à cartographier et à surveiller les différents virus véhiculés par les différentes espèces. « L'objectif est de comprendre les mécanismes qui font qu'un virus va passer d'une population de chauve-souris vivant au fin fond de la forêt tropicale, à des hommes habitant Abidjan, Yaoundé, voire New York », explique Pierre-Olivier Vidalain.

    « Ce qui nous intéresse, c'est la diversité des chauves-souris, raconte de son côté Alexandre Hassanin, biologiste au Muséum national d'Histoire naturelle. Il en existe 1 200 et on en découvre de nouvelles chaque année. Les virologues étudient les spécimens qu'on peut leur fournir et jusque là, ça a été 100 % gagnant. Ils ont trouvé de nouveaux virus à chaque fois. » Le chercheur insiste cependant sur le fait que la transmission à l'homme est très clairement l'exception : « la cohabitation entre les chauve-souris et les populations humaines se passe globalement bien ! » 

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