GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 23 Juin
Lundi 24 Juin
Mardi 25 Juin
Mercredi 26 Juin
Aujourd'hui
Vendredi 28 Juin
Samedi 29 Juin
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent

    Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, 92 ans, a été hospitalisé jeudi 27 juin en raison d'un grave problème de santé, selon la présidence.

    Dernières infos
    • Le constructeur automobile Ford annonce la suppression de 12 000 emplois en Europe (communiqué)
    • Tunisie: explosion dans le centre-ville de Tunis
    • Médias: la journaliste Françoise Joly nommée directrice de l'information à TV5 Monde
    • Politique française: Bruno Retailleau (LR) demande à Emmanuel Macron de lever toute «ambiguïté» sur la laïcité (CNews)
    • Ethiopie: arrestation de plus de 56 membres et sympathisants d'un parti nationaliste amhara
    • Arrestation en Allemagne d'un suspect bosnien des attentats à Paris du 13 novembre 2015 (police)
    • Canicule en France: interdiction du transport d'animaux pour «quelques jours» (ministère de l'Agriculture)
    • Kirghizstan: les députés lèvent l'immunité de l'ex-président Atambaïev, inculpé de corruption
    Hebdo

    Corée: «La réunification est nécessaire et se fera un jour»

    media La zone démilitarisée (DMZ), côté sud-coréen. On y prône déjà la «fin de la séparation» et le «début de l’unification» de la Corée. Kèoprasith Souvannavong / RFI

    L’année 2015 marque le 70e anniversaire de la division de la Corée. Pour l’écrivaine sud-coréenne Kim Eunsun, il est grand temps de réunifier la péninsule. Surtout « pour la liberté et les droits de l’homme », estime l’ancienne transfuge de 29 ans, co-auteure de Corée du Nord, neuf ans pour fuir l’enfer, un livre choc dans lequel elle raconte son voyage périlleux pour quitter le régime totalitaire de Pyongyang. Entretien.

    RFI : L’une des questions posées par la réunification sera son coût. Les experts l’évaluent à au moins 500 milliards de dollars. Une enveloppe nécessaire pour réduire les écarts de niveau de vie entre le Nord et le Sud. L’essentiel sera financé par Séoul, qui a créé un fonds ad hoc. Aujourd’hui, les Coréens veulent-ils toujours de cette réunification, sachant qu’elle pourrait coûter beaucoup plus cher que prévu ?

    Kim Eunsun : Etant originaire du Nord, je souhaite de tout cœur la réunification mais les gens au Sud ne sont pas encore prêts, en particulier les jeunes. Selon les sondages, 50% d’entre eux disent qu’ils n’en veulent pas, car cette réunification va en effet coûter cher. Ils pensent qu’après la réunification, les taxes vont augmenter et leurs conditions de vie vont se dégrader. Ils se disent déjà satisfaits de leur situation actuelle. Or, pour certains, la vie en Corée du Sud n’est pas si facile aujourd’hui, et ces personnes pensent que ce serait pire après la réunification, puisqu’il faudrait réduire considérablement le fossé économique entre le Nord et le Sud et qu’il faudrait dépenser énormément d’argent à cet égard.

    Mais même si la réunification a un coût, elle représente une véritable chance. Plus le Sud investira au Nord, plus le retour sur investissement sera important. Si le Sud ne le fait pas, et si un jour le Nord s’ouvre, d’autres pays riches s’y précipiteront pour placer leur argent.

    Hormis les raisons économiques, pourquoi le Nord et le Sud ne doivent-ils faire à nouveau plus qu’un ?

    Essentiellement pour la liberté et les droits de l’homme. Au Nord, les gens n’ont aucune idée des droits de l’homme. Ils ne jouissent d’aucune liberté, ils ne peuvent pas aller où ils veulent. Ils n’ont aucun droit et ont de mauvaises conditions de vie.
    La Corée peut bien sûr rester divisée si, au Nord, les gens vivent dans de bonnes conditions comme au Sud, s’ils ont une situation similaire tant en matière de droits humains qu’au niveau économique.

    La réunification serait bénéfique aussi pour le Sud. Par exemple, de nos jours en Corée du Sud, trouver un emploi qui vous convienne est très difficile, même après un bac +4. Un bon nombre de jeunes ne trouvent pas de travail après avoir décroché leur diplôme, même ceux qui sont passés par de très bonnes universités. Je suis convaincue que la réunification créera des emplois, elle multipliera les opportunités. Il ne faut pas penser qu’au coût de la réunification.

    Pour réunifier la Corée, il faudra développer les infrastructures du Nord : routes, habitations, écoles, etc. Le Nord aura besoin d’enseignants, d’ingénieurs, de techniciens… Tout cela représente aussi une chance pour les jeunes Sud-Coréens, qui ne sont pas conscients de toutes ces opportunités, parce qu’ils ne voient qu’à court terme. Ils se focalisent seulement sur le coût de la réunification. Il faut les éduquer, changer leur façon de voir. La réunification contribuera à résorber le chômage au Nord comme au Sud.

    De plus, si les diplômés du Sud vont enseigner au Nord, tout le monde en profitera. Réunifié, le pays sera plus grand, plus fort, riche d’une population plus éduquée. Actuellement, la majorité des Nord-Coréens ne savent même pas ce qu’est un ordinateur, ni ce qu’est internet. Tout est à reconstruire au Nord où le peuple pourra ainsi profiter de la prospérité économique du Sud.

    Quand interviendra cette réunification ?

    La réunification est nécessaire et elle se fera un jour. Elle interviendra plus vite qu’on ne le croit. Elle sera soudaine, même si nous n’en voulons pas. Reste à savoir quand, nul ne le sait encore.
    Même s’il semble immuable, le régime totalitaire nord-coréen ne peut pas rester éternellement en place.

    D’ailleurs, le numéro un du régime, Kim Jong-un, est un homme étrange [rire]. On a l’impression qu’il essaie de changer la Corée du Nord. Il agit différemment de son père Kim Jong-il [qui a dirigé le pays de 1994 à 2011, NDLR] et de son grand-père [Kim Il-sung, le « président éternel », fondateur de la Corée du Nord en 1948, NDLR].

    Le leader nord-coréen Kim Jong-un, en compagnie de sa femme, le 25 avril 2014. @KCNA

    L’attitude de Kim Jong-un n’a rien à avoir avec celle de ses ascendants. Par exemple, au Nord, un leader ne s’affiche pas en public avec sa femme mais Kim Jong-un, lui, le fait. Du coup, les gens de la rue commencent, eux aussi, à s’afficher avec leur compagne. Auparavant, les couples ne se tenaient pas la main. Aujourd’hui, ils n’hésitent pas à le faire. Il y a plus d’ouverture dans ce domaine, grâce à Kim Jong-un.

    Kim Jong-un a aussi permis la présence dans la capitale, Pyongyang, des cafés Starbucks, un des symboles des Etats-Unis. Dans un sens, on peut dire qu’il essaie d’apporter un peu d’Occident en Corée du Nord.

    Quels sont les autres signes de changement en Corée du Nord, pourtant réputé être l’un des pays les plus fermés au monde ?

    Les jeunes, par exemple, regardent - en cachette - les fictions et séries télévisées du Sud. Ils en raffolent. Ils rêvent du Sud, qui les fascine. Leur esprit a déjà changé. Ils ne sont plus loyaux envers le régime, envers la famille dirigeante des Kim, envers Kim Jong-un. Ils sont prêts pour le changement.

    Quant aux plus âgés, il n’y a peut-être que 1% d’entre eux qui ne veulent pas de changement de système, car ce sont des privilégiés, ils vivent déjà dans le luxe. Ce sont les hauts dirigeants. Mais attention, le jour où le peuple va découvrir leur vraie vie, alors il leur manifestera une réelle hostilité.

    Je crois que 90% des gens au Nord veulent maintenant le changement. Dans le passé, au Nord les dirigeants aimaient à faire croire, dans leur propagande, que la vie au Sud était dure. Ils montraient, par exemple, une photo d’une petite fille en train de cirer les chaussures d’un soldat américain et affirmaient qu’au Sud, les filles ne connaissaient que ce genre de vie difficile, raison pour laquelle il fallait se réunifier – dans le but d’aider le Sud, bien entendu.

    Mais à présent, le peuple au Nord a une autre vision du Sud. Il sait que le Sud est beaucoup plus riche. Il pense qu’il aura une vie meilleure en se réunifiant avec le Sud.
    En coréen, on dit : « La moitié du travail est déjà fait, il suffit de le terminer ». La Corée du Nord est comme du bois sec, si vous y mettez le feu, il peut s’embraser très vite.

    Pour l’écrivaine sud-coréenne et ancienne transfuge Kim Eunsun, co-auteure de «Corée du Nord, neuf ans pour fuir l’enfer», il est grand temps de réunifier la Corée. Surtout «pour la liberté et les droits de l’homme». Kèoprasith Souvannavong / RFI

    A (re)lire aussi :

    Corées: si le Nord et le Sud ne faisaient plus qu’un

    Corées: une zone démilitarisée sous tension permanente

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.