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    Hebdo

    Mariam Sankara, une veuve entre ombres et lumières

    media Mariam Sankara, la veuve du président Thomas Sankara assassiné le 17 octobre 1987, pose avec le président de la Transition du Burkina Faso, Michel Kafando, le 27 mai 2015 à Ouagadougou. Reuters/Anne Mimault

    Mariam Sankara, la veuve de l’ancien président du Burkina Faso Thomas Sankara, héros panafricain tué en 1987 à l’âge de 37 ans, a été reçue le 16 juin à l’Assemblée nationale à Paris, un mois après son retour triomphal à Ouagadougou. Elle est revenue sur le dossier ouvert par la justice burkinabè, pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de son mari.

    « Je n’ai pas abandonné, je n’abandonnerai pas, jusqu’à ce que vérité soit faite ». Mariam Sankara, dame digne de 62 ans, drapée dans son boubou multicolore, s’est montrée déterminée lors de sa visite à l’Assemblée nationale le 16 juin, à Paris. Elle a demandé aux députés français d’ouvrir une enquête parlementaire et de lever le secret défense pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de son mari, Thomas Sankara. « La France a été souvent citée dans les complicités, en ce qui concerne l’assassinat, a-t-elle déclaré. Si on arrivait à ouvrir les archives, on pourrait situer les responsabilités. Il y a va de l’intérêt de la France, du Burkina et de toute l’Afrique que cette vérité se sache. »

    Mariam Sankara est revenue à contrecoeur sur le devant de la scène depuis la chute, le 31 octobre 2014, de Blaise Compaoré, tombeur présumé en 1987 de son compagnon d’armes Thomas Sankara, avec qui il avait perpétré un putsch en 1983. Blaise Compaoré, considéré par certains diplomates français comme un « tueur, un homme au sang froid », est ensuite resté pendant vingt-sept ans au pouvoir. La veuve de Thomas Sankara s’est réjouie du fait que la jeunesse de son pays ait « réhabilité » son mari, en se réclamant de lui lors du soulèvement populaire de la fin octobre, qui a contraint Blaise Compaoré à un exil à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire.

    Une femme discrète qui tient à le rester

    Cependant, elle fuit la presse et refuse de devenir un objet « people » pour les journalistes qui voudraient lui faire raconter sa vie. D’ailleurs, elle ne s’est pas rendue à la conférence de presse pourtant annoncée en son nom, le matin du 16 mai, dans une petite salle de la rue Olivier Métra, au fin fond du XXe arrondissement de Paris.

    En revanche, son avocat Bénéwendé Stanislas Sankara – sans lien de parenté avec feu son mari – était présent, ainsi que son amie de longue date et assistante personnelle Germaine Pitroipa, qui a fait efficacement barrage contre les journalistes. Elle leur a alternativement proposé d’attendre tout l’après-midi Mariam Sankara aux portes de l’Assemblée nationale, pour lui lancer une ou deux questions à la volée, ou de l’appeler lorsqu’elle reprendrait son train pour Montpellier dans la soirée… Pour finalement déclarer le lendemain que l’intéressée était encore à Paris et n’avait pas « que ça à faire ».

    Seule information personnelle à avoir percé : le retour programmé de Mariam Sankara au Burkina Faso où elle a l’intention de s’installer. Elle y a fait une arrivée triomphale le 15 mai dernier, acclamée par une foule massive, qui a repris le slogan de feu Thomas Sankara : « La patrie ou la mort, nous vaincrons ».

    En vingt-cinq ans d’exil à Montpellier où elle s’est installée en 1990, ce n’était que son deuxième séjour à Ouagadougou. Elle avait été autorisée à s’y rendre brièvement en 2007, pour les commémorations du 20e anniversaire de la mort de son mari. Ses deux fils, Philippe et Auguste, 35 et 33 ans, sont installés aux Etats-Unis.

    Pas d’ambition politique affichée

    L’ancienne première dame du Burkina s’est donc rendue pour la seconde fois depuis de longues années le 15 mai dernier à Ouagadougou. Non pas pour exploiter une quelconque légitimité historique mais  répondre aux questions de la justice de son pays. Celle-ci a en effet décidé en mars d’ouvrir une enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara, et fait exhumer le 26 mai les dépouilles du capitaine et de douze autres victimes du coup d’Etat de 1987 perpétré par Blaise Compaoré. L’objectif : identifier les corps et tenter de déterminer les causes des décès. Les certificats enregistrés au moment des faits évoquent des « morts naturelles » dont les Burkinabè ont toutes les raisons de douter.

    Cette femme discrète ne brigue aucun poste ni de rôle politique pour elle-même. Elle se contente pour l’instant de soutenir la candidature du représentant unique des différents mouvements sankaristes, qui n’est autre que son avocat, avant les législatives et la présidentielle d’octobre prochain.

    Aura-t-elle plus d’ambitions au fil du temps ? La chute du président Blaise Compaoré, le 31 octobre 2014, ancien compagnon d’armes de Thomas Sankara, a fait ressurgir le fantôme du capitaine, un héros panafricain dont des écoles et des avenues sur le continent portent le nom – sans oublier tous les enfants prénommés « Thomas » en hommage à Sankara.

    Adulé de Dakar à Yaoundé, Thomas Sankara l’est peut-être plus que dans son propre pays où les méthodes parfois expéditives de ses Comités de défense de la révolution (CDR) n’ont pas laissé que des bons souvenirs. Ce jeune leader charismatique, respecté pour son intégrité, est toujours étudié dans les écoles pour son fameux « discours de la dette », prononcé le 29 juillet 1987 lors d’un sommet de l’Organisation de l’unité africaine à Addis-Abeba. Thomas Sankara exhortait les responsables africains à ne pas rembourser une dette qu’il comparait à un « esclavage » - au grand courroux de certains bailleurs de fonds. C’était quelques mois avant sa mort, le 15 octobre 1987, qui a mis un terme à cinq années de révolution visant à transformer en profondeur la Haute-Volta en Burkina Faso, « le pays des hommes intègres ».

    Dans les complicités lors de l’assassinat du président Sankara, le nom de la France revient souvent.
    Mariam Sankara Veuve de l'ancien président burkinabè, Thomas Sankara 17/06/2015 - par Nicolas Champeaux Écouter
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