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    Il y a quarante ans, le Mozambique accédait à l’indépendance

    media Maputo. Le monument aux morts en forme d'étoile où sont enterrées les dépouilles mortelles de 26 héros de la résistance mozambicaine dont celle de Samora Machel. AFP Photo/Alexander Joe

    Après cinq siècles de domination portugaise, le Mozambique est devenu indépendant en 1975, au terme d’une guerre d’usure qui faucha 63 500 personnes dont de nombreux civils. Quarante ans après la fin de la colonisation, la mémoire de la lutte pour la libération de la patrie reste encore vivace. En faisant appel à cette mémoire, le pouvoir mozambicain tente de prévenir contre les tensions qui montent et menacent la stabilité économique et politique dans ce pays encore fragile.

    Le Mozambique, l’un des derniers pays d’Afrique à avoir été décolonisé, a fêté le 25 juin 2015 le quarantième anniversaire de son indépendance. Les célébrations de l’anniversaire ont été conduites par le nouveau président Filipe Nyusi. Celui-ci a pris ses fonctions en janvier dernier, vainqueur d’un scrutin particulièrement serré qui l’avait opposé à la grande figure de l’opposition, Alfonsa Dhlakama.

    Successeur des présidents Armando Guebuzo et Joaquim Chissano, Nyusi fait partie, comme tous ses prédécesseurs, du Front de libération de Mozambique (Frelimo), mouvement d’obédience marxiste-léniniste qui a porté à bout de bras la lutte contre le colonisateur portugais et qui gouverne le pays sans interruption depuis l’indépendance. C’est sous l’égide du Frelimo que le Mozambique est passé du régime de parti unique à la démocratie multipartite en 1994. Véritable parti-Etat, cette formation historique préside aujourd’hui à l'évolution du pays, au seuil des mutations profondes qu'annoncent ses taux de croissance insolents (7,4% l'an depuis vingt ans) et la valorisation en cours de ses immenses gisements de charbon et de gaz.

    Si les Mozambicains se préoccupent du sort que l'avenir leur réserve, la mémoire du passé colonial reste encore vivace dans leurs esprits. Plus de 40 000 personnes ont assisté aux cérémonies d'anniversaire qui se sont déroulées dans le stade Machava de la capitale où leur premier président, Samora Machel, avait proclamé l'indépendance du pays il y a quarante ans. Le pouvoir mozambicain, qui instrumentalise cette mémoire, n'a pas manqué de rappeler les paroles « teintées d'émotion » de Machel. D'ailleurs, le fusil automatique AK47 orne toujours le drapeau national. C'est dans cette mémoire que le Frelimo, au pouvoir depuis la fin de la colonisation, puise sa légitimité.

    Cinq siècles de colonisation

    La mémoire coloniale des Mozambicains est faite de privations et de barbaries. Le Mozambique est resté sous la domination du Portugal pendant cinq siècles. Arrivés en Afrique australe à partir du XVe siècle à la suite du passage de l’explorateur Vasco de Gama en route vers les Indes, les premiers colons portugais firent du territoire mozambicain une escale pour la traite négrière jusqu’à l’abolition de l’esclavage par le Portugal en 1869. On estime à près de 15 millions le nombre de Mozambicains et autres Africains acheminés à partir du Mozambique vers les plantations de l’océan Indien, des Caraïbes et d’Amérique du Sud. L’exportation de la main-d’œuvre locale a continué au XXe siècle avec l’ouverture de la colonie portugaise au recrutement de mineurs pour des entreprises sud-africaines.

    La politique coloniale du Portugal connut une profonde mutation avec l’arrivée au pouvoir à Lisbonne du dictateur Salazar en 1933. Les colonies sont alors inscrites dans un vaste projet d’intégration de type impérial. Elles deviennent des « provinces d’outre-mer », mises en valeur pour fournir au Portugal des matières premières, servir de marchés captifs pour ses productions et constituer des terres d’accueil pour les excédents de population de la mère patrie. Soucieux d’accélérer l’aménagement de ses possessions africaines, Lisbonne encourage l’émigration des Portugais vers les colonies. Entre 1930 et 1970, le nombre de colons au Mozambique passe de 30 000 à 200 000, tandis que dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, des idées nationalistes, favorisées par l’accession à l’indépendance des colonies britanniques et françaises en Asie et en Afrique, commencent à se faire entendre aussi dans les colonies portugaises.

    C’est dans ce contexte de la décolonisation en marche que, le 25 juin 1962, naît à Dar es Salam (Tanzanie) le Frelimo, le premier mouvement d'autodéterminisme mozambicain. Ses leaders, Edouardo Mondlane - assassiné par colis piégé en 1969 - et  Samora Machel qui prendra le relais du premier, étaient des intellectuels, des marxistes qui croyaient à la lutte des classes et la lutte révolutionnaire. Ils croyaient encore à la libération pacifique de leur pays, mais confrontés à l’intransigeance du régime salazarien, ils déclenchèrent la lutte armée à partir de 1964. Le mouvement puisait ses militants au sein d’une population mozambicaine largement rurale et illettrée, mais gagnée par un profond ressentiment vis-à-vis d’un pouvoir colonial discriminatoire et répressif envers les autochtones.

    Mueda, Wiriyamu et autres atrocités

    Des femmes offrent des fleurs à des soldats du Front de Libération du Mozambique (Frelimo) ) après la proclamation d'indépendance du pays, le 25 juin 1975. STF/BTA/AFP

    La lutte pour la libération du Mozambique sera longue et traumatisante. Ce n’est sans doute pas fortuit si les célébrations du quarantenaire de l’indépendance ont commencé quelques jours avant la date fatidique du 25 juin, par la commémoration du massacre de Mueda, survenu en juin 1960 et considéré comme l’un des épisodes les plus brutaux de la fin de l’empire lusitanien en Afrique australe. Dans des circonstances demeurées obscures, les colons portugais ouvrirent le feu sur des paysans qui protestaient pacifiquement contre l’arrestation d’indépendantistes venus discuter avec les administrateurs coloniaux. La fusillade fit plusieurs centaines de morts et fut à l’origine de la transformation du mouvements pacifique pour la libération du Mozambique en une insurrection armée, au tournant des années 1960.

    Il se trouve que Mueda est aussi la ville natale de l'actuel président. Filipe Nyusi a assisté à la représentation théâtrale qui a fait revivre les événements du 16 juin 1960. Prenant la parole à la fin du spectacle, il a rappelé aux spectateurs que le massacre de Mueda avait marqué profondément les esprits. « La patience des Mozambicains a trouvé ses limites et ils se sont résolus à soutenir les indépendantistes », a-t-il déclaré.

    Les violences de Mueda ne furent pas toutefois les seules atrocités commises par les militaires portugais au Mozambique. Le président Nyusi aurait pu évoquer aussi le massacre du village de Wiriyamu où le 16 décembre 1972, les troupes spéciales de l’armée portugaise abattirent dans des conditions effroyables près de 500 personnes, hommes, femmes, vieillards et enfants, sans distinction aucune. L’opération avait pour but de venger la mort de plusieurs soldats portugais dans la région. Or, les habitants de Wiriyamu n’y étaient pour rien !

    Selon les historiens, ce triste épisode du colonialisme portugais en Afrique changea le cours de la guerre d’indépendance au Mozambique, ternissant pour de bon la réputation des forces armées portugaises déployées dans les colonies depuis le début des années 1960 pour mater les rébellions. Le Portugal était épuisé par dix ans d’efforts militaires. Le cessez-le-feu fut signé à Lusaka (Zambie) en septembre 1974 par le nouveau gouvernement portugais issu de la révolution des Oeillets, et Samora Machel du Frelimo, consacrant l’indépendance promise du Mozambique.

    Défis

    Au sortir de cinq siècles de colonisation, le Mozambique était un pays pauvre et sous-développé. Il l’est toujours avec plus de la moitié de la population vivant sous le seuil de pauvreté. La guerre civile qui éclata deux ans après l'indépendance, opposant les marxistes du Frelimo, au pouvoir à Maputo, aux rebelles de la Résistance nationale du Mozambique (Renamo) alliés à l'Afrique du Sud sous l'apartheid, a ruiné le pays. Il a fallu attendre la fin de la guerre civile dans les années 1990 pour voir le Mozambique se reconstruire, renouant progressivement avec la croissance économique. Mais cette croissance reste, encore aujourd'hui, inégalement répartie, ce qui fait de ce pays l'un des des plus pauvres du monde.

    Redistribuer les fruits de la croissance d'une manière plus équitable, c'est le défi que le président Nyusi a promis de relever pendant la campagne électorale de 2014. Sa tâche risque d'être rude, avec l'ancienne rébellion de la Renamo menaçant de reprendre les armes. Le décollage attendu de l'économie mozambicaine permet d’espérer un meilleur partage de la prospérité et la résorption rapide de la pauvreté.

    A condition que le gouvernement puisse maîtriser un autre mal qui gangrène la vie politique mozambicaine. Ce mal a pour nom la corruption. Son ampleur, a déclaré récemment le président Filipe Nyusi, lui donne des « insomnies » !

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